Les émissions

éléments pour une critique de l’intelligence artificielle

Une discussion avec Tom, membre du collectif d’animation de sortir du capitalisme, autour des intelligences artificielles.

L’épisode contient :

  • des définitions et exemples des différents types d’intelligence artificielle (à partir de 7min36)
  • une discussion du lien entre IA et automatisation (à partir de 15min11)
  • une brève histoire politique et économique de l’IA (avant les années 2000) (à partir de 17min58)
  • une présentation des acteurs politiques et économiques actuels de l’IA (après les années 2000) et de leurs stratégies (à partir de 25min14)
  • une discussion sur l’impact de l’IA sur le travail avec
    • une description du procès de travail dans le secteur de l’IA et son automatisation (à partir de 34min02)
    • l’impact/l’intérêt de l’IA dans un capitalisme en stagnation (à partir de 44min32)
    • la défense du principe que tout travail est automatisable (à partir de 57min34)
    • des témoignages sur l’impact de l’IA au travail (à partir de 1h5min40)
    • des précisions sur la notion de déqualification et la perspective d’un travail misérable pour nourrir des secteurs très automatisés (à partir de 1h8min24)
    • pêle-mêle, quelques dernières remarques sur l’IA et le travail : la division spatiale du travail ; l’automatisation d’un travail déjà dominé par le capital ; et l’hypothèse d’une prolétarisation des machines (à partir de 1h1min37)
  • Un survol d’autres critiques de l’IA, notamment sur l’impact écologique et sur les utilisation ou biais discriminatoires de certaines IA (à partir de 1h16min30)
  • Un survol des luttes actuelles contre l’IA et son infrastructure (à partir de 1h20min37)

Pour construire cette émission nous nous sommes notamment appuyés sur les ressources suivantes

Livres

Articles

  • La page framamia contient de nombreuses informations techniques accessibles sur l’IA, ainsi qu’une veille
  • Une recension du livre de Nick Srnicek (Silicon Empires) dans Jacobin
  • La critique de Robert Ferro à propos du dernier ouvrage de Romaric Godin, notamment sur la notion de stagnation économique

Nous avons également mentionné :

Enfin, d’autres ressources intéressantes :

  • Le site Blood in the Machine fournit de nombreuses enquêtes et témoignages intéressants sur l’impact de l’IA sur différents métiers
  • Le nuage était sous nos pieds recense l’infrastructure web et autres datacenters, ainsi que les luttes associées
  • La revue Terrestres a traduit l’un des articles d’Evgeny Morozov (Le socialisme après l’IA) dans sa polémique avec Aaron Benanav

Episode enregistré au studio son de la Parole Errante.

3 commentaires

  • Armand Paris

    Nous recopions ci-dessous un commentaire reçu sur les réseaux :

    une itw avec pasquinelli sur son dernier ouvrage complète votre épisode. Il discute notamment du concept d’algorithme social et montre en quoi la division du travail a rendu possible la collecte de données de travail nécessaire aux IA.

    et merci pour votre passionnant épisode 🙂
    https://youtu.be/U0wECTKNmlY

  • Armand Paris

    Nous recopions ci-dessous un très bon résumé et des suggestions par @twoinou

    le dernier épisode de Sortir du capitalisme sur l’IA est vraiment excellent! pour avoir un aperçu marxiste assez général sur l’IA, c’est vraiment une super ressource parce que la réflexion sort de l’alternative courante mais trompeuse technoptimisme/technopessimisme

    ce n’est pas forcément un podcast à la pointe des toutes dernières actualités de l’IA (ou des dernières recherches) mais plutôt un socle important, car très pour se saisir de la question au croisement de l’économie politique et de la critique sociale de la technologie

    les choses sont effectivement reprises à la base, avec une mise en évidence de la diversité des technologies derrière le terme-parapluie d’intelligence artificielle, en les encastrant toujours dans l’infrastructure matérielle qui les sous-tend et leur permet de « bien » fonctionner

    l’IA n’est donc pas appréhendée comme une puissance technologique autonome qui bouleverserait la société de l’extérieur, mais constitue plutôt un moment d’un processus d’automatisation qui repose lui-même sur une immense quantité de travail humain

    c’est une manière de plus en plus courante de considérer l’IA au sein de la gauche (et heureusement, car ça nous sort des réflexes technocritiques qui sortent souvent spontanément en premier), mais la manière dont c’est présenté ici est vraiment claire et efficace

    il y a aussi toute une discussion sur les rapports entre développement de l’IA (et plus largement des technologies numériques) et stagnation séculaire du capitalisme > les termes du débat sont bien posés, en renvoyant vers les ressources qui comptent en ce moment

    il y a aussi toute une discussion sur les rapports entre développement de l’IA (et plus largement des technologies numériques) et stagnation séculaire du capitalisme > les termes du débat sont bien posés, en renvoyant vers les ressources qui comptent en ce moment (https://archive-ouverte.unige.ch/unige:195561)

    un bon aperçu est aussi donné sur le travail : la question n’est pas seulement de savoir combien d’emplois l’IA va « remplacer » mais comment elle décompose les formes actuelles du travail, codifie les savoir-faire, intensifie le contrôle et réduit l’autonomie des travailleur-ses

    tout travail est automatisable, ce qui ne signifie pas que les machines pourraient accomplir seules toute activité humaine mais que le capital cherche toujours à standardiser toujours plus de tâches et à réorganiser le travail restant pour extraire le maximum de profit

    l’automatisation ne supprime ainsi pas nécessairement le travail, mais produit plutôt (et souvent à l’autre bout de la chaîne) une multitude de tâches déqualifiées, répétitives et mal payées destinées à alimenter, corriger ou surveiller des systèmes présentés comme autonomes

    autrement, une réflexion intéressante est notamment faite sur les situations où la facilité du déploiement de l’IA dans certains secteurs (notamment créatifs, l’exemple pris étant la musique mainstream) peut servir de révélateur de sa standardisation extrêmement poussée avant même l’arrivée de l’IA

    dernier point intéressant soulevé : la géographie de l’IA, avec la division spatiale du travail qu’elle requiert, entre ses usages apparemment immatériels qui reposent sur un extractivisme, des centres de données et des armées de travailleur-ses précaires à l’échelle mondiale

    bref, une bonne ressource de base, qui rejoint aussi les livres de Carbonell et Pasquinelli (que Tom, qui intervient principalement dans le podcast, dit étonnament ne pas avoir lus mais qui structurent les débats marxistes francophones et qui recoupent largement son propos)