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	<title>ultra-gauche &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>ultra-gauche &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>Henri Simon (1922-2024), de « Socialisme ou barbarie » au refus du travail et du syndicalisme bureaucratique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2020 15:09:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un entretien de 2020 autour de sa vie, de son œuvre et de ses engagements politiques, et donc notamment au sujet de Socialisme ou barbarie, du refus du travail et des luttes de classe en France, en Pologne, en Espagne et Angleterre au cours des années 1950-1980 avec Henri Simon (1922-2024), communiste de conseils, notamment auteur de Le 25 juin 1976 en Pologne : travailleurs contre capital, Spartacus, 1977 ; Pologne 1980-82, lutte de classes et crise du capital, Spartacus, 1982 et de « To the bitter end ». Grève des mineurs en Grande-Bretagne (mars 1984-mars 1985), Acratie, 1987 ; et co-auteur avec Cajo Brendel de De l&#8217;anti-franquisme à l&#8217;après-franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1979. L’émission (50 minutes) comporte : Une analyse de son contexte familial d’origine, celui d’une famille athée dans un village rural de l’entre-deux-guerres marqué par une hégémonie catholique et une division de classe ouvriers agricoles – fermiers – classe moyenne – notables, avant une radicalisation des antagonismes au moment du Front populaire ; Un récit de son passage du PCF et de la CGT à Socialisme ou Barbarie et au communisme de conseils, notamment à travers une critique croissante du travail salarié et de sa morale qui conduit à son exclusion de la CGT ; Une brève histoire critique de Socialisme ou Barbarie (jusqu’à l’exclusion d’Henri Simon en 1958 du fait de ses divergences avec Castoriadis), de ses analyses anticapitalistes et antibureaucratiques, de ses divergences internes au sujet du communisme de conseils, du léninisme, de l’avenir du capitalisme et du coup d’Etat de Gaulle et de sa réaction aux grands événements des années 1950 (Allemagne de l’Est 1953, guerre d’Algérie, Hongrie 1956) ; Une histoire des organisations co-fondées par Henri Simon au cours des années 1960 (ILO et ICO), leur position de refus de l’avant-gardisme au moment des grèves de mai-juin 1968, et leurs rapports avec l’Internationale Situationniste ; Une description de son projet de thèse de sociologie du refus du travail, jamais terminée en raison d’un cambriolage ; Une analyse originale des luttes de classe en Pologne en 1976 et 1980-1981, en Espagne au cours des années 1970 et en Angleterre en 1984-1985 (grève des mineurs), avec une analyse critique du rôle des syndicats (notamment Solidarnosc). Liens Articles de Henri Simon Informations et Correspondance Ouvrières (ICO) Archives d’Echanges et mouvements Les motivations de l&#8217;absentéisme Émissions évoquées ou en lien De la misère en milieu étudiant. La critique situationniste du capitalisme et son dépassement émancipateur Les résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) Une histoire des résistances au travail et de l&#8217;anti-travail &#8211; Bruno Astarian]]></description>
		
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		<title>Otto Rühle &#8211; La révolution n’est pas une affaire de parti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jul 2017 14:40:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Otto Rühle, La révolution n’est pas une affaire de parti, Genève, Entremonde, 2010 La révolution n’est pas une affaire de parti est un recueil de textes d’Otto Rühle, grande figure du marxisme conseilliste (en référence aux conseils ouvriers) et de ce qui a été appelé la « révolution allemande » des années 1918-1923, précédé d’une excellente préface (choix judicieux des éditeurs d’Entremonde, dont on salue au passage l’œuvre remarquable) d’un participant à cette révolution, devenu un grand critique de l’économie politique, Paul Mattick. Ce n’est pas par une crise de nostalgie révolutionnaire qu’il faut lire cet ouvrage, mais bien parce qu’il constitue une « critique sans ménagement » (Marx) des partis « ouvriers », bolchéviques comme socio-démocrates, avec même une bonne dose d’auto-critique du KAPD, parti « communiste de conseils » héritier du spartakisme de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht s’opposant tant au bolchévisme du KPD qu’aux socio-démocrates du SPD. À l’heure où ces partis « ouvriers » et leurs héritiers ne sont plus que des cadavres (Lutte ouvrière, NPA) ou des farces (France insoumise, Parti communiste, Parti socialiste), il pourrait sembler qu’une telle réflexion n’a qu’un intérêt historique. L’histoire certes ne se répète jamais deux fois, mais on n’est pas pour autant à l’abri d’une résurgence de partis pseudo-révolutionnaires, susceptibles de récupérer et de faire mourir des mouvements pré-révolutionnaires, à l’instar de Syriza en Grèce suite aux événements de 2008-2011. Dans cette note de lecture, nous laisserons de côté une grande partie des développements au sujet de l’engagement politique d’Otto Rühle et de l’histoire de la « révolution allemande » de 1918-1923 (nous renvoyons au livre, très intéressant, pour ces éléments historiques), et ce pour nous concentrer sur une critique des partis « ouvriers », en réalité dirigés par une bureaucratie autoritaire composée d’intellectuels bourgeois et de membres de l’encadrement capitaliste. La préface de Paul Mattick, intitulée « Otto Rühle et le mouvement ouvrier allemand », est intéressante non seulement parce qu’il discute de l’engagement politique d’Otto Rühle et de sa vision critique vis-à-vis de l’ensemble des organisations politiques auxquels il a participé (« il ne put jamais s’identifier complètement à une organisation […] il ne pouvait considérer les organisations comme une fin en soi mais simplement comme des moyens pour établir des relations sociales réels et pour le développement plus complet de l’individu »), mais surtout parce qu’il effectue une critique radicale des partis « ouvriers », en allant même parfois plus loin qu’Otto Rühle. Pour lui, les programmes des partis « ouvriers » n’ont aucun sens, et « cette situation est simplement l’aboutissement d’une longue évolution commencée par le mouvement ouvrier lui-même » (pp. 3-4). Sa critique est sans concessions : « Les chefs ouvriers d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas représenté et ne représentent pas un mouvement d’ouvriers, mais un mouvement capitaliste d’ouvriers. […] Le mouvement ouvrier officiel ne fonctionnait ni en accord avec son idéologie primitive [abolition du salariat et des classes], ni en accord avec ses intérêts immédiats réels. Pendant un certain temps, il servit d’instrument de contrôle pour les classes dirigeantes. Perdant d’abord son indépendance, il dut bientôt perdre son existence même » (p. 4). Cette dernière affirmation est d’autant plus remarquable qu’elle date de 1945 : 70 ans plus tard, Le Monde Diplomatique pleurnichait au sujet de l’effondrement électorat du PCF… Paul Mattick fait alors un bilan théorique du « mouvement ouvrier » (au sens des partis et des organisations « ouvrières ») : « Dans son essence, l’histoire de l’ancien mouvement ouvrier est l’histoire du marché capitaliste abordé d’un point de vue prolétarien. Les lois du marché devaient être utilisées en faveur de la force du travail en tant que marchandise. Les actions collectives devraient aboutir aux salaires les plus élevés. Le pouvoir économique ainsi obtenu devait être consolidé par voie de réforme sociale. Pour obtenir les plus hauts profits possibles, les capitalistes renforçaient la direction organisée du marché. Mais cette opposition entre le capital et le travail exprimait en même temps une identité d’intérêts. L’un et l’autre encourageaient la réorganisation monopoliste de la société capitaliste, bien qu’assurément, derrière leurs activités consciemment dirigées, il n’y ait finalement rien d’autre que le besoin d’expansion du capital même. Leur politique et leurs aspirations, quoique tenant compte de faits et de besoins particuliers, étaient cependant déterminées par le caractère fétichiste de leur système de production » (p. 5). Paul Mattick dénonce ainsi toute prétention à une amélioration durable des conditions de vie des prolétaires au sein du capitalisme : « Les lois du marché […] en aucun cas […] ne peuvent être utilisées en faveur de la classe ouvrière prise comme un tout. […] Les conditions du marché, quelles qu’elles soient, favorisent toujours le Capital. […] Pour vaincre le capitalisme, l’action en dehors des rapports du marché capital/travail est nécessaire, action qui en finit à la fois avec le marché et les rapports de classe. Limité à l’action à l’intérieur de la structure capitaliste, l’ancien mouvement ouvrier menait la lutte dès ses premiers instants dans des conditions inégales. Il était voué à se détruire lui-même ou à être détruit de l’extérieur. Il était destiné à être brisé de l’intérieur par sa propre opposition révolutionnaire […] ou condamné à être anéanti [par le capital] […]. Dans les faits, ce fut la seconde éventualité qui se réalisa, car l’opposition révolutionnaire à l’intérieur du mouvement ouvrier ne réussit pas à se développer. Elle avait une voix mais pas la force et pas d’avenir immédiat, alors que la classe ouvrière venait de passer un demi-siècle à construire une forteresse à son ennemi capitaliste et une immense prison pour elle-même, sous la forme du mouvement ouvrier » (pp. 5-6). La contradiction du marxisme conseilliste fut d’ailleurs d’être née comme opposition interne au parti social-démocrate : après avoir passé 40 ans à co-construire (de même de manière oppositionnelle) un parti contre-révolutionnaire (le SPD, comme fusion de deux organisations antérieures, est né en 1875), comment convaincre en quelques mois un mouvement ouvrier allemand formaté aux idées du SPD de s’en séparer, de lutter contre lui comme une force contre-révolutionnaire et d’entamer un mouvement insurrectionnel ? Paul Mattick poursuit son implacable critique des partis « ouvriers », jusqu’à sa fraction oppositionnelle : « La première guerre mondiale et la réaction positive [c’est un peu exagéré] du mouvement ouvrier devant le carnage ne surprirent que ceux qui n’avaient pas compris la société capitaliste et les succès du mouvement ouvrier à l’intérieur des limites de cette société. […] Il est tout à fait révélateur que l’attitude d’opposition à la guerre [celle de Rosa Luxembourg, de Karl Liebknecht ou encore d’Otto Rühle], pour être un tant soit peu efficace, dut d’abord se procurer une autorisation parlementaire. Elle dut être mise en scène sur les tréteaux d’une institution bourgeoise, montrant ainsi ses limites dès son apparition. En fait, elle ne servit que de prémice au mouvement bourgeois libéral pour la paix qui aboutit en fin de compte à mettre fin à la guerre, sans bouleverser le statu quo capitaliste. […] Les mots d’ordre contre la guerre, quoique lancés par les révolutionnaires, firent simplement office de gardes-fous au service de la politique bourgeoise et finirent là où ils étaient nés : dans le parlement démocratique bourgeois » (pp. 7-8). Pour autant, Paul Mattick ne nie pas l’existence d’une opposition révolutionnaire à la guerre en-dehors du Parlement : « L’opposition véritable à la guerre et à l’impérialisme fit son apparition sous la forme des désertions de l’armée et de l’usine et dans la prise de conscience grandissante, de la part de beaucoup d’ouvriers, de ce que leur lutte contre la guerre et l’exploitation devait englober la lutte contre l’ancien mouvement ouvrier et toutes ses conceptions » (p. 8) : c’est précisément cette prise de conscience qui mena au conseillisme et aux différents épisodes de ladite révolution allemande. Paul Mattick revient alors sur l’attitude du SPD et de sa minorité oppositionnelle (dont Rühle, peint ci-dessous) au moment de l’entrée en guerre en août 1914, comme illustration du fétichisme du parti : « La première guerre mondiale révéla, plus que toute autre chose, que le mouvement était une partie et une parcelle de la société bourgeoise. Les différentes organisations de tous les pays prouvèrent qu’elles n’avaient ni l’intention ni les moyens de combattre le capitalisme, qu’elles ne s’intéressaient qu’à garantir leur propre existence à l’intérieur de la structure capitaliste. […] Pour ne pas renoncer à ce qui avait été construit depuis les lois anti-socialistes de Bismarck, l’opposition minoritaire à l’intérieur du parti socialiste fit preuve d’une contrainte volontaire sur elle-même à un point inconnu dans les autres pays […] et son attitude à l’éclatement de la guerre fut […] particulièrement décevante. Mises à part les conditions psychologiques individuelles, cette attitude fut le résultat du fétichisme de l’organisation qui régnait dans ce mouvement. Ce fétichisme exigeait la discipline et l’attachement strict aux formules démocratiques, la minorité [révolutionnaire] devant se soumettre à la volonté de la majorité [réformiste]. […] L’opposition ne réussit pas à saisir que la démocratie intérieur du mouvement ouvrier n’était pas différente de la démocratie bourgeoise en général. Une minorité [conservatrice] possédait et dirigeait les organisations, tout comme la minorité capitaliste possède et dirige les moyens de production et l’appareil de l’Etat. Dans les deux cas, les minorités [conservatrices], par la vertu de la direction, déterminent le comportement des majorités. Mais, par la force des procédures traditionnelles, au nom de la discipline et de l’unité, gênée mais allant à l’encontre de son intime conviction, cette minorité opposée à la guerre soutint le chauvinisme social-démocrate. […] Au printemps 1915, Liebknecht et Rühle furent les premiers à voter contre les crédits de guerre. Ils restèrent seuls au bon moment et ne trouvèrent de nouveaux compagnons qu’au moment où les chances d’une paix victorieuse disparurent du jeu d’échecs militaires. Après 1916, l’opposition radicale à la guerre fut soutenue et bientôt engloutie par un mouvement bourgeois en quête d’une paix négociée, mouvement qui, finalement, devait hériter du fonds de faillite de l’impérialisme allemand » (pp. 9-10). Cette opposition radicale « spartakiste » devait encore hésiter en 1917-1918 à rompre avec l’ancien mouvement ouvrier organisé, en s’unissant au Parti Social-Démocrate Indépendant d’Allemagne (USPD) en 1917 (scission centriste anti-belliciste du SPD) et ne quitta celui-ci qu’à la fin de 1918. Paul Mattick pointe que « cette position semblait basée sur l’illusion que le Parti Social-Démocrate pouvait être réformé. Avec le changement de circonstances, espérait-on, les masses cesseraient de suivre leurs chefs conservateurs pour soutenir l’aile gauche du parti » (pp. 11-12). Pourtant, cette croyance n’explique pas l’opposition des spartakistes au modèle bolchévique, et elle était contrainte par une situation compliquée : « En ne rompant pas au bon moment avec la social-démocratie, ils avaient manqué de constituer une organisation forte, capable de jouer un rôle décisif dans les soulèvements sociaux attendus. Cependant, en considérant la situation réelle en Allemagne, en considérant l’histoire du mouvement ouvrier allemand, il était très difficile de croire à la possibilité de former rapidement un contre-parti opposé aux organisations ouvrières dominantes. Naturellement, il aurait été possible de former un parti à la façon de Lénine : un parti de révolutionnaires professionnels ayant pour but d’usurper le pouvoir, si nécessaire contre la majorité de la classe ouvrière. Mais c’est ce à quoi, précisément, les gens autour de Rosa Luxembourg n’aspiraient pas » (p. 12). Et Paul Mattick de souligner l’ampleur du fossé entre spartakistes et bolchéviques : « Rosa Luxembourg avait indiqué clairement le fait que les conceptions de Lénine était de nature jacobine et inapplicables en Europe occidentale où ce n’était pas une révolution bourgeoise qui était à l’ordre du jour mais une révolution prolétarienne. Bien qu’elle aussi parlât de la dictature du prolétariat, cette dictature signifiait pour elle, « la manière d’appliquer la démocratie – non pas son abolition – devant être l’œuvre de la classe, et non celle d’une petite minorité au nom de la classe », ce qui la distinguait de Lénine ». Paul Mattick, pourtant participant à ces événements, fait alors un bilan très critique de ladite révolution allemande : « Au lieu d’évoluer vers la gauche, les masses suivaient leurs vieilles organisations et s’alignaient sur la bourgeoisie libérale. Les soulèvements dans la marine allemande et enfin la révolte de novembre furent menés dans l’esprit de la social-démocratie, c’est-à-dire dans l’esprit de la bourgeoisie allemande vaincue. La révolution allemande est apparue comme ayant plus...]]></description>
		
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		<title>Willy Gianinazzi &#8211; André Gorz, une vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 20:12:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Willy Gianinazzi, André Gorz, une vie, Paris, La Découverte, 2016 Gérard Horst, alias Michel Bosquet, alias André Gorz est né en 1923 et décédé en septembre 2007 ; il est l’un des plus grands penseurs contemporains de l’écologie politique. En 350 pages, l’historien Willy Gianinazzi retrace de façon chronologique un parcours d’intellectuel singulier, imprégné des pensées de Marx, Husserl, Sartre et Illich, et qui n’a cessé de poser la question centrale de l’émancipation humaine et du travail. Cette première biographie nous offre le récit de l’évolution de la vie, de l’engagement et de la pensée de Gorz, centrale dans le champ de la pensée française de la seconde moitié du XXème siècle, et malheureusement aujourd’hui très peu étudiée dans les milieux universitaires. Penseur existentialiste, anticapitaliste, marxiste hétérodoxe, pionnier de l’écologie politique et de la décroissance, les territoires théoriques qu’il ne cessera d’explorer nous sont pourtant plus que jamais contemporains. Ses idées évoluent radicalement entre sa rencontre avec l’existentialisme de Sartre dans les années 1950, et ses positions plus tardives sur la réduction du temps de travail,  la critique du progrès technique illimité, l’analyse structurelle de l’aggravation conjointe des crises écologiques et économiques… Gianinazzi tente, tout au long du livre, de faire ressortir à la fois les ressorts de cette évolution et la cohérence d’une philosophie qui s’est transformée au fil d’une lente maturation qui prendra le temps d’une vie. Journalisme, pensée critique et engagements L’intellectuel André Gorz est d’abord connu pour son travail de journaliste rédacteur aux Temps modernes, sous le nom de Michel Bosquet, dans l’Express puis comme co-fondateur du Nouvel Observateur. Son emploi de journaliste, qu’il considère avant tout comme alimentaire, lui permet de suivre de près les évolutions concrètes de la structure des sociétés occidentales et ses réflexions, en premier lieu dans une veine dérivée du marxisme puis dans l’optique de l’autogestion et de l’autonomie, influent sur sa manière de traiter l’actualité, ce qui ne va pas, évidemment, sans générer certaines frictions avec sa hiérarchie éditoriale. On peut lire très tôt sous la plume de Gorz des considérations sur le rapport des individus au travail, ou sur le déplacement de la source du conflit social d’une volonté d’accroître le salaire à celle d’améliorer la vie dans son ensemble – du passage, en somme, d’une lutte quantitative pour la survie à une lutte qualitative pour la vie. Avant les bouleversements politiques et culturels qu’allait occasionner Mai 68, Gorz note l’évolution d’un capitalisme qui intègre la vieille classe ouvrière en générant de nouveaux modes de consommations et de nouveaux besoins. Le glissement de l’aliénation va du travail à la vie elle-même, et ce déplacement analytique progressif se perçoit dans l’évolution de la pensée de Gorz qui se radicalisera petit à petit. De l’existentialisme au marxisme  D’abord ingénieur chimiste diplômé de l’École d’ingénieurs de l’Université de Lausanne dans les années 1940, il se met plus tard à la philosophie et participe aux rencontres de la société d’étudiants de Belles Lettres. A cette époque, il porte surtout un intérêt à la phénoménologie d’Husserl et à l’œuvre de Sartre ; la rencontre avec lui l’année suivant marque le début de son parcours intellectuel. L’introduction à Belles Lettres et la rencontre avec Sartre ont été des étapes déterminantes sur le chemin qui conduit Gorz de son égoïsme nihiliste premier à l’ouverture à l’autre. La découverte des réalités à travers le journalisme en est une supplémentaire. Débutant dans la vie active comme traducteur de nouvelles américaines chez un éditeur suisse, il publie ses premiers articles dans un journal de gauche de Lausanne, Servir. En juin 1949, il déménage à Paris ; en signant dans L’Express son premier article d’économie, en 1958, il se fait le « spécialiste » d’un domaine qu’il va cultiver dans le journalisme pendant près de vingt cinq ans. Dans ses premiers écrits, il adopte une interprétation existentialiste du marxisme, dont le fil conducteur est l’attachement à l’expérience existentielle, qui l’amène à analyser les questions d’aliénation, de libération et de travail, du point de vue humaniste du vécu individuel. Dans Le Traitre (1958) qui tient de l’auto-analyse et de l’essai philosophico-politique, il théorise les conditions de la possibilité d’une auto-production de l’individu. Il ébauche avec La Morale de l’histoire (1959) une théorie de l&#8217;aliénation à partir des écrits de jeunesse de Karl Marx. Au cœur de sa réflexion s’impose donc la question de l&#8217;autonomie de l’individu : libérations individuelle et collective se conditionnent mutuellement, idée qu’il partage avec Herbert Marcuse, ami personnel mais surtout grande figure d’une École de Francfort dont les différentes générations d’auteurs (Max Horkheimer, Theodor W. Adorno, Jürgen Habermas, Oskar Negt) constituent l’autre grand faisceau des auteurs qu&#8217;il étudie. En critiquant, à leur suite, la soumission de la société aux impératifs de la raison économique, il poursuit le projet qui sous-tend l’approche francfortienne – dépasser l’économisme de l’analyse marxiste traditionnelle de la société. Sa sensibilité existentialiste le fait pourtant se démarquer du structuralisme, qui postule la centralité de la structure et laisse peu de place à la question du sujet et de la subjectivité. Ces outils théoriques l’amènent ainsi à critiquer radicalement le capitalisme et à briser les dogmes du marxisme orthodoxe au nom de ce qui doit être rendu possible en fonction des besoins et des exigences humaines. Ce faisant, il reformule l’idéal du communisme sur la base d’un marxisme humaniste et existentialiste sur laquelle pourrait se construire une gauche différente : anti-productiviste et écologique, mais également anti-déterministe.  Illich et la technique : l’écologie politique, dimension de la critique du capitalisme À la source marxiste, il faut ajouter la rencontre, décisive, avec Ivan Illich, dont il suivit, dans les années 1970, les séminaires au centre mexicain de Cuernavaca.  C’est à partir d’Illich qu’il procède en effet à une critique d’ensemble de la société industrielle avancée, qui ne se limite pas à l&#8217;économie, mais intègre tous les aspects de la société et notamment la question des institutions : de l&#8217;énergie à la médecine, et de l&#8217;école aux transports. Sous le signe du projet convivialiste d’Illich, Gorz effectue la connexion entre l&#8217;analyse marxiste des sociétés capitalistes et la critique écologiste de la démesure et des dysfonctionnements des sociétés industrielles. Ainsi est né, pour lui, le projet d’une écologie spécifiquement politique visant un nouveau modèle de civilisation et la perspective d’une alternative formulée en termes de convivialité. Il s’agit d’une utopie qui mêle à la fois une réappréciation des traditions et savoir-faire populaires, des communautés humaines d’interconnaissance et une promotion d’outils à dimension humaine. Ces outils font appel aux possibilités des technologies modernes, mais visent la production d’objets singuliers répondant aux besoins et désirs personnels des individus d’une part, à un exercice du travail dont les fins et le sens demeurent toujours sous contrôle de l’individu d’autre part. Cet ensemble de traits s’oppose à la fois à la démesure de la techno-science moderne appliquée à l’industrie et à l’aliénation aux méga-machines et mégastructures. Gorz rejette ainsi une division croissante du travail  qui conduit à une professionnalisation indue au détriment de la polyvalence des individus dans les sociétés préindustrielles.  Adieux au prolétariat : travail autonome et travail hétéronome En 1980, Gorz publie ses Adieux au prolétariat. Au delà du socialisme, qui marquent une rupture par rapport aux analyses et aux espoirs qu’il avait placé dans La Morale de l’histoire et Stratégie ouvrière et capitalisme : il abandonne le mythe prométhéen du prolétariat révolutionnaire. En revanche, il prolonge et approfondit sa réflexion post-68 qui l’avait amené à se rallier au mouvement écologiste et à durcir sa critique de la division du travail. Les problématiques qui l’animent alors sont la généralisation de l’automation, l’apparition de l’informatique et l’extension de la division du travail productif, qui sont pour lui des causes de la déqualification du travail et d’un chômage de plus en plus structurel. Prenant acte des limites historiques qui font obstacle à une réconciliation entière de la société avec elle-même, Gorz propose de distinguer entre deux grandes parties de la vie sociale, séparées dans l’espace et dans le temps. D’une part, la grande production industrielle de masse a l’avantage de nous offrir des biens standardisés produits à grande échelle et à bas coût, propres à nous fournir l’équipement de base de notre vie quotidienne. Dans cette sphère, le travail est nécessairement aliéné et exploité. Si cette sphère ne peut être éliminée, elle peut être cependant régulée et les conditions de travail peuvent y être améliorées. C’est la sphère du travail hétéronormé. Il convient de la maintenir, autant que faire se peut dans des limites étroites pour permettre à un travail « autonome », extérieure à elle, de se développer et de s’étendre. D’autre part, Gorz conçoit la sphère du travail autonome dans une perspective individualiste. Dans le travail autonome, l’individu renoue avec la part, irréductible, de sa subjectivité. Il s’y adonne à la production de soi comme sujet, là où le capitalisme le réifiait en le contraignant à se fondre dans des cadres sociaux abstraits imposés de l’extérieur. Cette disposition à travailler de soi-même, par soi-même et pour soi-même se fonde toutefois sur la mise à disposition d’outils techniquement sophistiqués mais conviviaux, dans des ateliers collectifs locaux. Société de l’intelligence et capitalisme cognitif Le XXème siècle s’achevant, André Gorz prend toute la mesure des dernières évolutions du capitalisme qui, après avoir délaissé l’industrie pour les services, déplace son centre névralgique de la sphère productive à la sphère financière. Il analyse cela comme un procès de « dématérialisation ». En janvier 2003, Gorz publie L’Immatériel. Connaissance, valeur et capital, qui sera son dernier ouvrage théorique édité de son vivant ; il mène préalablement un long travail d’appropriation des littératures qui discutent de l’immatérialité qui gagne le capitalisme contemporain. Hormis les rédacteurs de Transversales (Robin, Viveret, ect), il suit avec intérêt les nombreux auteurs de la mouvance post-opéraïste qui s’expriment notamment dans Futur Antérieur (Negri, Lazzarato, Virno, Vercellone, ect) puis dans Multitudes (Yann Moulier-Boutang, Antonella Corsani…) L’Immatériel s’ouvre sur une relecture du passage que Marx dédie dans les Grundrisse à l’apothéose du machinisme capitaliste. Dans les années 1960, Gorz y avait vu la justification de l’autogestion ; dans les années 1980, la décentration hors du travail des capacités d’épanouissement des individus ; depuis la moitié des années 1990, il y décèle un procès d’intellectualisation du capital qui réduit peu à peu l’assise matérielle de sa production : le communisme qui pourrait naître de ce procès serait alors une « société de l’intelligence ». A l’heure des machines automatiques, la connaissance devient, selon sa lecture de Marx, la force productive principale. Le travail dans sa forme immédiate cesse d’être la mesure de la richesse sociale qui dépend désormais du niveau  général de la science et du progrès de la technologie. Ce « travail immatériel » est dès lors impossible à quantifier, et met en crise la théorie marxienne de la valeur-travail.  L’immatériel affiche un certain optimisme quant aux possibilités émancipatrices que contient l’économie de la connaissance : il voit dans les partisans des logiciels libres et les communautés de « hackers » une forme de communisme traitant les connaissances comme un bien commun et dans lequel leur mise en commun abolirait le rapport d’échange, le rapport d’argent. Ces savoir-faire se soustrairaient, par nature, à la loi de la valeur et de l’échange marchand, et devraient conduire  nos sociétés à une situation d’abondance et de gratuité. Anticapitalisme et critique de la valeur Le brusque arrêt de l’emballement immobilier aux États-Unis en juillet 2007 et la crise bancaire internationale qui s’ensuit à l’autonome 2008 interrogent Gorz dans sa tentative de décrire le nouveau chemin pris par le capitalisme post-fordiste. Depuis les Métamorphoses du travail, Gorz a fait beaucoup de chemin : dans ce livre il s’efforçait de tracer les contours de l’autonomie pour mieux s’accommoder de l’inévitabilité et même du bien fondé de l’hétéronomie économique. Dans Capitalisme, socialisme, écologie, il sacrifiait à la thèse polanyienne d’un ré-encastrement de l’économie dans la politique et la société, avec là aussi le souci de sauver la raison économique. Dans Misères du présent, richesse du possible, enfin, l’autonomie créatrice restait dépendante de la circulation marchande par la distribution de moyens de paiement sous forme d’allocation universelle. Les solutions qu’il préconisait alors, qui proposaient un aménagement du capital mais jamais véritablement sa destruction ou son dépassement, lui semblent à présent moins pertinentes : l’économie capitaliste se...]]></description>
		
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