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	<title>technologie &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>technologie &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>éléments pour une critique de l&#8217;intelligence artificielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 16:19:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une discussion avec Tom, membre du collectif d&#8217;animation de sortir du capitalisme, autour des intelligences artificielles. L&#8217;épisode contient : des définitions et exemples des différents types d&#8217;intelligence artificielle (à partir de 7min36) une discussion du lien entre IA et automatisation (à partir de 15min11) une brève histoire politique et économique de l&#8217;IA (avant les années 2000) (à partir de 17min58) une présentation des acteurs politiques et économiques actuels de l&#8217;IA (après les années 2000) et de leurs stratégies (à partir de 25min14) une discussion sur l&#8217;impact de l&#8217;IA sur le travail avec une description du procès de travail dans le secteur de l&#8217;IA et son automatisation (à partir de 34min02) l&#8217;impact/l&#8217;intérêt de l&#8217;IA dans un capitalisme en stagnation (à partir de 44min32) la défense du principe que tout travail est automatisable (à partir de 57min34) des témoignages sur l&#8217;impact de l&#8217;IA au travail (à partir de 1h5min40) des précisions sur la notion de déqualification et la perspective d&#8217;un travail misérable pour nourrir des secteurs très automatisés (à partir de 1h8min24) pêle-mêle, quelques dernières remarques sur l&#8217;IA et le travail : la division spatiale du travail ; l&#8217;automatisation d&#8217;un travail déjà dominé par le capital ; et l&#8217;hypothèse d&#8217;une prolétarisation des machines (à partir de 1h1min37) Un survol d&#8217;autres critiques de l&#8217;IA, notamment sur l&#8217;impact écologique et sur les utilisation ou biais discriminatoires de certaines IA (à partir de 1h16min30) Un survol des luttes actuelles contre l&#8217;IA et son infrastructure (à partir de 1h20min37) Pour construire cette émission nous nous sommes notamment appuyés sur les ressources suivantes Livres James Steinhoff, Automation and autonomy &#8211; Labour, Capital and Machines in the Artifical Intelligence Industry Johannes Fehrle, Marlon Lieber, and J. Jesse Ramirez (eds), (De)Automating the Future. Marxist Perspectives on Capitalism and Technology Jason E. Smith, Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? ; nous renvoyons également vers notre note de lecture sur cet ouvrage George Caffentzis, En lettres de feu et de sang ; nous renvoyons également vers notre note de lecture succincte sur cet ouvrage. Justin Joque, Revolutionnary Mathematics: Artifical Intelligence, Statistics and the Logic of Capitalism Articles La page framamia contient de nombreuses informations techniques accessibles sur l&#8217;IA, ainsi qu&#8217;une veille Une recension du livre de Nick Srnicek (Silicon Empires) dans Jacobin La critique de Robert Ferro à propos du dernier ouvrage de Romaric Godin, notamment sur la notion de stagnation économique Nous avons également mentionné : Aaron Benanav, L&#8217;automatisation et le futur du travail Juan Sebastián Carbonell, Un taylorisme augmenté Matteo Pasquinelli, L&#8217;Oeil du Maître Enfin, d&#8217;autres ressources intéressantes : Le site Blood in the Machine fournit de nombreuses enquêtes et témoignages intéressants sur l&#8217;impact de l&#8217;IA sur différents métiers Le nuage était sous nos pieds recense l&#8217;infrastructure web et autres datacenters, ainsi que les luttes associées La revue Terrestres a traduit l&#8217;un des articles d&#8217;Evgeny Morozov (Le socialisme après l&#8217;IA) dans sa polémique avec Aaron Benanav Episode enregistré au studio son de la Parole Errante.]]></description>
		
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		<title>Autistici/Inventati désigné « organisation terroriste internationale » par les États-Unis</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/articles-divers/autistici-inventati-designe-organisation-terroriste-internationale-par-les-etats-unis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 09:36:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Nous relayons cette actualité aux conséquences importantes. Extraits de la lettre ouverte du collectif sabot.media Le 26 août 2026, les États-Unis ont désigné le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions. Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit. L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ? Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les registraires de noms de domaine, les entreprises d’hébergement à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association. Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu’intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C’est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l’exécutif états-unien peut imposer une isolation économique sans qu’un tribunal ait jugé si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers. Autistici/Inventati n’est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l’affinité politique est distincte d’un contrôle opérationnel. Fournir un compte d’email, une plateforme de publication ou un serveur n’est pas la même chose que de planifier tout ce qu’un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire. Plus d&#8217;informations et un historique de l&#8217;activité du collectif sur rebellyon. Un suivi de la situation et des conséquences concrètes qui se déploient progressivement sur le blog du collectif. Solidarité !]]></description>
		
		
		
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		<title>Le pouvoir économique du capital : une contrainte muette ?</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/le-pouvoir-economique-du-capital-une-contrainte-muette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 14:41:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans cet épisode, nous discutons du livre Contrainte Muette &#8211; Le pouvoir économique du capital (Ed. Sans Soleil) de Søren Mau avec ses traducteurices Camilla et Pablo. Pour celles et ceux qui préfèrent scinder leur écoute, ci-dessous un découpage en 3 parties qui suit l&#8217;ordre du livre et de l&#8217;émission. Partie 1 &#8211; Conditions Nous commençons par une présentation des éditions Sans Soleil et des ambitions générales du livre. Puis nous discutons des concepts (ou conditions) clés pour la définition du pouvoir économique du capital par Søren Mau : les différentes théoriques critiques et marxiennes du pouvoir, et la distinction du pouvoir économique avec les notions plus usuelles de pouvoirs coercitif et idéologique contre une théorie libérale du pouvoir, le pouvoir du capital comme « propriété émergente » (résultant de, s&#8217;imposant sur, et modifiant les rapports sociaux existants) après avoir sauté à pieds joints dans la controverse entre marxisme humaniste ou anti-humaniste, nous revenons sur son analyse de la « fragilité ontologique » du métabolisme humain avec la nature ; ou comment la fabrication sociale d&#8217;outils extra-corporels permet la prise du pouvoir du capital sur les conditions de la reproduction sociale. Partie 2 &#8211; Relations Dans cette deuxième partie, nous suivons Søren Mau dans la typologie des différentes relations structurant du pouvoir économique du capital : rapports verticaux de classe, caractérisés notamment par le contrôle de l&#8217;accès aux conditions de la reproduction sociale rapports horizontaux entre unités de production : une analyse de la domination impersonnelle du marché et du renforcement du pouvoir de la classe capitaliste par la concurrence entre capitalistes ; complétée par une discussion sur le lien entre rapports horizontaux et verticaux Cette partie inclut également une discussion critique de l&#8217;analyse de Søren Mau  sur la construction sociale du genre et la race, et sur l&#8217;exploitation de ces différences par le capital afin de renforcer sa domination. Partie 3 &#8211; Dynamiques Dans cette dernière partie, nous nous intéressons aux aspects dynamiques du pouvoir économique du capital, c&#8217;est-à-dire un pouvoir qui est à la fois condition (de l&#8217;exercice de ce pouvoir) et résultat toujours renouvelé et remodelé du fait de l&#8217;avoir exercé. De la sorte, nous nous intéressons à des exemples plus spécifiques et contemporains : les conséquences du pouvoir économique sur le lieu de travail (subsomption formelle/réelle, déqualification, analyse des machines) la reconfiguration capitaliste de la nature (subsomption réelle de la nature sous le capital) le pouvoir logistique, et donc à la dimension spatiale du pouvoir économique du capital les populations excédentaires et les crises comme résultats et sources du pouvoir de capital. L&#8217;émission se termine par une discussion critique des utilisations politiques de cet ouvrage théorique, ainsi qu&#8217;une annonce des prochaines parutions aux éditions Sans Soleil. Ressources Le site des éditions Sans Soleil Contrainte Muette a aussi été discuté et présenté par Camilla au Séminaire Marx (séance enregistrée) Au cours de cette émission nous avons notamment fait référence à : une émission de sortir du capitalisme sur Paola Tabet en discutant de la logistique, nous faisons référence au débat Bernes-Toscano. On trouve un texte de Bernes chez Endnotes (tirer le fil, ensuite&#8230;). le texte Fabrique et Forêt, traduit et publié entre temps chez Sans Soleil. Ce texte s&#8217;inspire de la richesse théorique de Contrainte Muette tout en critiquant ses analyses politiques concrètes. On peut trouver une version française de ce texte « concret » chez Contretemps. Par ailleurs, le texte Fabrique et Forêt a été partiellement discuté dans une autre émission de sortir du capitalisme. Cette émission a été enregistrée en Janvier 2026 au studio son de la Parole Errante. Note : en raison d&#8217;un problème technique survenu lors de l&#8217;enregistrement, nous avons dû faire avec les moyens du bords. Malgré nos efforts, la qualité sonore s&#8217;en ressent, toutes nos excuses ! La qualité de la discussion et son dynamisme compenseront les différents bruits&#8230;]]></description>
		
		
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		<title>Jason E. Smith. Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L&#8217;automation à l&#8217;âge de la stagnation.</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/jason-e-smith-les-capitalistes-revent-ils-de-moutons-electriques-lautomation-a-lage-de-la-stagnation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 14:11:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous revenons dans cette note de lecture 1 sur l’ouvrage de Jason E. Smith, « Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L’automation à l’âge de la stagnation », traduit et paru aux Editions Grevis en 2021, et excellemment préfacé par Daria Saburova. Si Smith n’aborde pas frontalement la question désormais omniprésente de l’intelligence artificielle générative (nous y reviendrons sommairement en conclusion), il nous semble néanmoins défendre un point de vue contemporain et original sur la question de l’automation au début du XIXème siècle. Ce livre s’inscrit d’abord dans un contexte anglophone où les discours sur l’avènement d’un âge des machines caractérisé par une automation totale du travail fleurissent, nourrissant ainsi une ribambelle de projections de droite comme de gauche, autour de thèmes tels que la fin du travail, l’oisiveté heureuse dans une société post-capitaliste d’abondance, mais aussi la croissance du chômage et l’augmentation des désordres sociaux. Jason E. Smith prend à contre-pied toutes ces analyses en s’efforçant de démontrer que notre époque se caractérise avant tout &#8212; comme l&#8217;indique le sous-titre du livre &#8212; par une stagnation économique. Avant de pousser plus en avant cette notion de stagnation, suivons Smith sur sa définition de l’automation : « Les facteurs décisifs dans la définition de ce qu’est l’automation, par contraste avec la mécanisation et la rationalisation, sont doubles : d’une part, le type de travail humain substitué (le remplacement non seulement d’opérations simples, mais aussi de la prise de décision et de la supervision) ; d’autre part, et c’est l’aspect le plus important, l’intégration d’opérations de manufacture auparavant discontinus afin que le processus de travail soit transformé en un flux continu, interrompu » (p.47) La mise en œuvre de l’automation est donc indissociable des technologies informatiques et de contrôle (boucles feedback). On comprend néanmoins à la lecture de cette définition que l’automation totale, c’est-à-dire la disparition de toute intervention humaine dans le procès de travail, est loin d’être réalisée. De plus, toute analyse qui se concentrerait uniquement sur les secteurs productifs les plus automatisés risque de négliger la part importante de secteurs intensifs en travail et peu automatisés : l’automation n’est pas uniforme, elle est intrinsèquement hétérogène et inégale. L’automation se déploie donc dans un environnement économique caractérisé par une stagnation qui, depuis environ la moitié des années 1970, prend diverses formes discutées par Smith. Tout d’abord, Smith remarque que plus la stagnation devient évidente, plus les discours sur les supposées vertus miraculeuses de la technologie contemporaine sont audibles. Concernant les indicateurs macro-économiques, Smith souligne une baisse des investissements des entreprises 2, engendrant une inertie technologique, des phénomènes de rentes et des stratégies financières (rachat d’action) qui ne favorisent pas l’innovation. Il observe aussi une stagnation des salaires réels, sans hausse significative des chiffres du chômage, en contradiction avec ce que supposerait la loi de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Smith passe plusieurs facteurs explicatifs en revue, notamment les artefacts statistiques (non-inscription en tant que demandeur d’emploi) ou l’érosion des rapports de forces favorables aux travailleurs. Selon lui cependant, le facteur majoritaire réside dans la chute de la productivité du travail. Smith nous rappelle que, si les salaires ont augmenté durant les Trente Glorieuses, c’est grâce à des gains significatifs de productivité du travail qui ont permis à la fois d’augmenter les salaires et de préserver les marges du capital (ce qui a pu être appelé compromis fordiste). En l’absence de gains de productivité, « même les organisations de travailleurs les plus vaillantes ne peuvent rien contre les conditions et limites matérielles » (p. 109). Cette chute de la productivité du travail, a notamment été décrite dans le cadre du paradoxe connu sous le nom de paradoxe de Solow depuis 1987 : « [l’informatique, ] que tout le monde considère comme une révolution technologique a partout été accompagné d’un ralentissement de la croissance de la productivité, et non par une augmentation. L’âge de l’ordinateur est retentissant partout sauf dans les statistiques de la productivité » (p. 61). Contre ce paradoxe, certains économistes défendent l’idée d’un déphasage technologique, lié au temps de diffusion de la technologie dans l’ensemble des strates de la société. Néanmoins, Smith indique que la « reprise » ou l’émergence d’un nouveau « régime technologique » (Mandel, Kondratieff) se fait encore (trop) attendre. Pour expliquer cette chute de la productivité, Smith mobilise de manière critique la théorie de William Baumol. Cette théorie postule qu&#8217;une fois atteint un certain stade de développement économique, on peut identifier deux pôles, d’une part un secteur évolutif et dynamique technologiquement, d’autre part un secteur stagnant. Les gains de productivité déplacent la main d’œuvre du premier vers le second secteur. Par ailleurs, ces mêmes gains de productivité permettent de baisser le coût unitaire de certaines marchandises. A salaire constant, la part de salaire nécessaire pour acheter ces marchandises diminue, ce qui permet de reporter la consommation vers des biens produits par le second secteur (et donc de faire augmenter la demande en main d’œuvre de ce secteur). L’ensemble décrit un « processus harmonieux » (p. 115) avec néanmoins des différentiels de productivité croissants entre les deux secteurs, ce qui a pour conséquence une chute globale de la productivité : « la croissance globale de la productivité pour la main d’œuvre prise dans sa entièreté ne peut qu’être en baisse, puisque tout hausse supplémentaire dans l’output d’une économie dont la croissance de la productivité est ralentie demandera la mobilisation de plus en plus de main d’œuvre pour la réaliser » (p. 115) De manière implicite, ces deux secteurs correspondent d’une part à l’industrie, d’autre part aux services. L’analyse de Baumol décrit donc le phénomène de désindustrialisation (baisse de la part d’emplois industriels), observé de diverses manières aux Etats-Unis, en Europe et même partiellement en Chine. Ici, on renverra à l’ouvrage d’Aaron Benanav, « L’automatisation et le futur du travail » (Ed. Divergences), qui contient de nombreuses statistiques intéressantes. Smith est néanmoins très critique de la notion de service qui « englobe tout [ce qui n’est pas l’industrie] et apparaît finalement comme opaque » (p. 123). D’un point de vue macro-économique, la classification de service se fait d’abord à l’échelle des entreprises, indépendamment des emplois et postes réellement occupés. L’externalisation de certaines tâches et la sous-traitance peuvent ainsi faire apparaître comme service ce qui était auparavant interne à une industrie (et aurait donc été catégorisé comme industriel). La division croissante du travail rend aussi particulièrement complexe la distinction entre les tâches qui participent directement à la production et celles qui n’y participent pas. Dans cette catégorie fourre-tout, il est possible de repérer des emplois susceptibles de résister d’avantage à une certaine rationalisation et automatisation. C’est le cas par exemple des emplois, souvent moins délocalisables, dont la production est consommée immédiatement ou proche du lieu de production ; des emplois à bas salaire (compétitifs face à de l’investissement en machine) ; ou encore trop complexe à automatiser, par exemple tous les services à la personne requérant des compétences humaines et culturelles parfois implicites et difficiles à acquérir. Néanmoins, ce n’est pas une généralité : certains services se prêtent bien à l’automatisation, à l’image des fast-foods ou des caisses automatiques. La notion de productivité est également très ambiguë. La productivité est un ratio entre un input et un output, mais son évaluation en termes monétaires ou en termes concrets mène à des interprétations différentes. Smith nous donne un exemple éclairant : « Imaginons une entreprise capable de baisser de moitié le prix de ses chaussures (de 100 à 50 dollars américains), tout en doublant le nombre de paires de chaussures qu’elle produit et vend (de 50 000 à 100 000 unités). En termes d’argent, le résultat (output) généré est le même, soit 5 millions de dollars. Une telle entreprise n’aurait donc pas fait montre, en termes d’argent, d’une augmentation de la productivité du travail, même si les changements technologiques dans les processus du travail (…) doublent le nombre de paires de chaussures produites. Cette distorsion existe aussi dans l’autre sens. Si une entreprise (…) génère le même volume de production (output) et que le prix de vente unitaire augmente, alors l’output en termes d’argent augmente lui aussi. (…) Dans le cas du secteur évolutif, les gains de productivité sont cachés ; dans le cas du secteur stagnant, les gains sont attribués là où il n’y en a pas » (p.128) On voit bien ici les limites d’une analyse qui ne serait basée que sur le sens commun de la productivité (passer moins de temps à produire une même marchandise, donc être plus efficace). Par ailleurs, si l’exemple précédent s’intéresse à l’évaluation monétaire ou concrète de l’output (le numérateur du ratio définissant la productivité), Smith s’intéresse également à l’input. C’est là que l’on retrouve les stratégies d’intensification du travail (productivité horaire améliorée) ou de compression salariale (baisse du coût du travail), qui peuvent être déployées sans aucune modification technologique du procès de travail. Du point de vue d’un investisseur, seule l’évaluation en termes monétaires permet de comparer la productivité entre différentes entreprises ou différents secteurs. Cela a néanmoins pour conséquence d’exclure de l’analyse toutes les activités qui n’ont pas de prix (travail n’ayant pas de valeur d’échange mais une valeur d’usage), comme par exemple le travail reproductif non rémunéré. Et, au contraire, cela inclut dans l’analyse des activités vendues sur le marché (donc des emplois salariés) dont on peine à identifier ce qu’elles produisent vraiment (travail n’ayant pas de valeur d’usage mais une valeur d’échange), et pour lesquelles assigner une productivité est faisable mais douteux. Tel est le cas par exemple des banquiers, enseignant-e-s, ou agents de sécurité. Si donc, la notion de service est trop englobante et celle de productivité discutable suivant les emplois considérés, que faire ? Smith propose alors de revenir à la théorie marxienne à travers trois notions : la baisse tendancielle du taux de profit, le travail productif et le travail improductif. « Quand les marges de profits sont réduites, la somme de capital disponible pour l’investissement, au-delà des coûts nécessaires à faire perdurer les opérations en cours, se réduit elle aussi. Le taux de profit peut donc être compris comme ayant un rôle crucial de régulation dans la performance des économies capitalistes, puisqu’il détermine (c’est-à-dire qu’il pose les limites) le taux d’investissement et, par conséquent, tous les indicateurs précédemment mentionnés : le chômage, la productivité, la rémunération des travailleurs » (p. 143) Si la définition du taux de profit n’est pas consensuelle dans l’économie majoritaire, l’analyse marxienne est bien plus claire. Le cœur de l’analyse repose sur deux aspects. D’une part, la composition organique du capital, c’est à dire la part du « capital « constant » (l’infrastructure, le matériel, les matières premières, l’informatique etc.) » et la part du « capital « variable » (le coût de la force de travail, ou la masse salariale) ». D’autre part, « le fait que (…) seule la consommation de la force de travail dans le processus de travail génère de la survaleur » (p. 145) – nous renvoyons également ici à la note de lecture que nous avons consacré à George Caffentzis, qui traite notamment du fait que les machines ne créent pas de valeur. Marx a ainsi formulé une « loi générale (…) selon laquelle l’investissement dans les technologies économes en main d’œuvre signifie que le stock de capital augmente plus rapidement que l’investissement dans la main d’œuvre » (p. 146), menant ainsi à une baisse tendancielle des taux de profits. Cette baisse tendancielle peut néanmoins être contrecarrée par plusieurs facteurs : l’« abaissement du coût du capital constant » grâce aux gains de productivité ; la « compression des salaires » ; l’« intensification » du travail. Pendant de nombreuses décennies après la mort de Marx, la baisse tendancielle du taux de profit n’a pas été observée dans les statistiques économiques ; cela pourrait néanmoins être le cas depuis le milieu des années 1970, et ce malgré la mobilisation de l’ensemble de ces leviers de compensation par les capitalistes. Pour Smith, l’explication réside dans l’apparition d’un phénomène supplémentaire, c’est-à-dire la « réallocation » de travailleurs entre travail productif de valeur et travail improductif de valeur. Suivant Marx, Smith inclut deux grands types de...]]></description>
		
		
		
			</item>
		<item>
		<title>George Caffentzis. En lettres de feu et de sang – Travail, machines et crise du capitalisme.</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/george-caffentzis-en-lettres-de-feu-et-de-sang-travail-machines-et-crise-du-capitalisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 18:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié en 2025 chez Entremonde (excepté pour le Canada, où il s’agit des Editions de la rue Dorion), cet ouvrage rassemble plusieurs essais de George Caffentzis écrits entre 1980 et 2010, présentés dans trois grandes parties : « le travail et son refus », « les machines », « l’argent, la guerre et la crise ». A propos de George Caffentzis, on trouvera des éléments de bibliographie de cet « acteur majeur » du marxisme autonome  sur le très sympathique site compagnon de l’Asymétrie. On ne peut que se réjouir de cette publication en français qui permet, enfin, de découvrir et « lire en profondeur » Caffentzis. Résumer cet ouvrage foisonnant étant hors de notre portée, nous nous contenterons ici d’identifier quelques points clés qui ont attiré notre attention, complétés par des citations directes de l’ouvrage. Un premier aspect plaisant de ce livre réside dans l’étude du développement des sciences (mécanique, thermodynamique, informatique), indispensables à la mise au travail des travailleurs et travailleuses à différentes époques. « Newton et ses compagnons planificateurs du « siècle de génie » ont dû créer un temps de travail non terrestre qui serait le même, l’hiver comme l’été, la nuit comme le jour, sur la terre comme au ciel. Sans cette transformation du temps, le prolongement de la journée de travail aurait été impossible à imaginer, encore moins à imposer « avec le feu et le sang ». En revanche les « révolutions » (…) par la classe ouvrière durant la première moitié du XIXe siècle ont marqué la fin d’une période où l’on pouvait créer des profits en étirant la journée de travail jusqu’à sa limite (…) Le problème n’était plus de savoir comment enfermer les travailleurs et les travailleuses le plus longtemps possible, mais comment transformer leur énergie et leur chaleur révolutionnaire en travail. Il n’est pas étonnant que la thermodynamique (…) soit devenue science après 1848 » (p. 29-30) Ces sciences sont non seulement considérées à travers le prisme marxien, mais Caffentzis discute également (au moins dans le cas de la thermodynamique) de leur contemporanéité et de leurs relations avec les écrits de Marx. De même en ce qui concerne le lien entre les différentes théories des machines (Ure, Babbage) au XIXème siècle et la théorie des machines de Marx (dont le fameux Fragment sur les machines). A travers différents essais, Caffentzis apporte une attention particulière à l’évolution des machines depuis l’époque de Marx, identifiant une « lacune » importante mais non « fatale » à sa théorie. En effet, l’apparition de la machine de Turing (comme modèle de l’ordinateur) remet en cause, ou à tout le moins impose une actualisation, de cette théorie. L’application de la théorie de Turing pour décomposer le procès de travail en fournit une analyse nouvelle au service du capital. « ce que cette nouvelle analyse considérait comme critique n’était pas la forme spatio-temporelle du procès de travail, mais sa structure informatique à tous les niveaux de production. Par conséquent, non seulement les parties manuelles du travail sont analysées et rendues comparables entre elles, mais les aspects intellectuels du travail pourraient également être rendus comparables à celles-ci » (p 264-265) En d’autres termes, la machine de Turing permet de s’attaquer à ce qui apparaissait jusqu’alors comme travail qualifié, ou travail intellectuel (deux notions largement discutées par Caffentzis), en réduisant les opérations de la pensée à une succession de travaux simples (calculs, opérations ; l&#8217;ensemble formant un algorithme) comparables entre eux. « Tout comme la thermodynamique nous donne la mesure pour comparer toutes sortes de dépenses énergétiques humaines, une analyse de la machine de Turing nous permet de percevoir la base quantitative des compétences. » (p. 254) « Bien que les machines simples et les moteur thermiques soient des modèles évidents pour le travail manuel, le fonctionnement de la machine de Turing apparaît comme un modèle pour la pensée en tant que travail intellectuel » (p. 261) Pour Caffentzis, une conséquence importante est qu’il n’y pas d’exceptionnalité du travail intellectuel. Autrement dit, « Si tout activité régie par des règles est informatisable, alors tout travail répétable et standardisé (qu’il soit intellectuel ou physique) produisant des marchandises est mécanisable » (p. 276) Nous avons d&#8217;ailleurs discuté de certaines des évolutions (appauvrissements, dégradations) du travail intellectuel dans le cas spécifique de l&#8217;ingénierie, en particulier sur l&#8217;activité de conception, dans l&#8217;une de nos émissions. Ces considérations de Caffentzis s’inscrivent dans une série de débats avec les défenseurs d’une théorie marxiste (post-opéraïste) du capital cognitif ou du travail immatériel (Negri, Hardt, Vercellone). Ces théories identifient de nouvelles contradictions au sein du capitalisme contemporain, notamment au sein des travailleurs créatifs et du savoir, qui échapperaient à l’emprise du capital, ouvrant ainsi de nouveaux horizons révolutionnaires. En défendant la non exceptionnalité du travail intellectuel, soumis à la menace de la machine de Turing, Caffentzis ébauche un avenir bien plus sombre que rieur pour ces travailleurs cognitifs. « Il faut s’attendre (&#8230;) à une contre-attaque venant de plusieurs côtés (a) l’internationalisation des sources de « connaissances vivantes », (b) la substitution des machines (connaissances mortes) aux « connaissances vivantes » des travailleurs et travailleuses, (c) la création de nouvelles techniques de centralisation des travailleurs et travailleuses cognitifs, (d) le développement de nouveaux systèmes de mesure du travail cognitif, (e) le développement de nouvelles méthodes de paiement. Il ne faut pas trop d’imagination pour voir ce scénario se jouer dans la crise actuelle » (p. 187-188) Ce passage quasi-prophétique résonne particulièrement aujourd’hui, du fait du développement de l’intelligence artificielle (générative ou d&#8217;un autre type). Peut-être ne s’agit-il pas ici d’un automate de Turing, mais d’une nouvelle machine (un automate statistique ?), qui nécessiterait d’étendre encore la théorie des machines proposée par Caffentzis. On ne peut en tout cas que constater avec lui, par exemple en observant les réactions des artistes (graphistes, musiciennes, écrivaine…) et scientifiques face à l&#8217;IA générative, que se rejoue la farce tragique des travailleurs et travailleuses qualifiées. « C’est le chant de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs qualifiés tout au long de l’histoire du capitalisme « Ils ne peuvent pas me prendre mon travail ; ma contribution est incommensurable ; j’en sais trop ! » » (p. 188) Malheureusement, si l&#8217;on en croit les apôtres de l&#8217;IA sur ses résultats bluffants, il nous faudra en déduire que si jusqu’à alors certain.e.s travailleureuses ont échappé aux machines simples, thermiques et de Turing, leur travail n’étant ni simple dépense énergétique, ni répétable, ni standardisé, leur activité créative n’en comporterait pas moins une dimension répétable et donc mécanisable, au moins dans le sens statistique et probabiliste du terme. Ce qui, pour le capital, pourrait être amplement suffisant pour capturer le savoir collectif (de « nouvelles enclosures »), produire des marchandises culturelles et scientifiques, ou tout simplement automatiser ce qui peut l&#8217;être, y compris dans les services et dans les sphères de la circulation et de la reproduction. Un autre aspect de la théorie de Caffentzis sur les machines consiste à réaffirmer, avec Marx, que les machines (simples, thermiques mais aussi de Turing), ne créent pas de valeur. Cette affirmation s’inscrit à la fois face à celleux qui imaginent la fin du travail grâce à l’automatisation capitaliste, mais aussi face aux partisan.e.s de la théorie marxiste du capitalisme cognitif qui, sans doute, se contentent d’observer certaines tendances visibles dans les grands centres occidentaux d&#8217;accumulation capitaliste. Pour Caffentzis, l’expansion continue de machines ne peut que s’accompagner simultanément d’une expansion du travail le plus misérable. Ceci, en raison des tentatives du capital de contrer la baisse tendancielle du taux de profit due à l’introduction de machines. « Ces causes qui contrecarrent la loi [de la baisse tendancielle du taux de profit] sont soit l’augmentation de la masse de plus-value (augmentation de l’intensité et de la durée de la journée de travail), soit la diminution de la masse du capital variable (réduction du salaire au-dessous de sa valeur, expansion du commerce extérieur), soit la réduction du capital constant (…) ou soit une combinaison de ces possibilités disjonctives » (p. 115) C’est en combinant ces causes contraires, en particulier la pressurisation des travailleureuses par divers moyens, avec l’épineuse question de l’égalisation des taux de profits à travers différents secteurs de production capitaliste que Caffentzis démontre que «l’ordinateur a besoin de l’atelier de misère, et l’existence du cyborg s’appuie sur celle de l’esclave » (p. 126). Sous le capitalisme, l&#8217;automatisation ne peut pas être la source de la prospérité collective. « La transformation des valeurs en prix résout le paradoxe du « zéro travail » en soulignant que le capitaliste « zéro travail », qui n’investit que dans le capital constant (machines, bâtiments et matières premières) et rien dans le capital variable (main d’œuvre) , reçoit un taux de profit moyen du à la transformation de la valeur des sphères de production qui fonctionnent avec beaucoup de capital variable (…) l’existence même de sphères de production ayant une composition organique (…) élevée (…) nécessite l’existence d’une masse de force de travail beaucoup plus importante exploitée dans les sphères de production ayant une composition organisation organique extrêmement faible » (p. 239) Dans le premier essai qui ouvre le livre (La crise du rapport travail/énergie et l’apocalypse), Caffentzis attribue d’ailleurs à l’énergie et à la fixation de ses prix un rôle clé, à la fois pour la mise au travail et pour la répartition des profits entre différentes branches. Il se pourrait par ailleurs que ces tentatives de rétablir le taux de profit soient désormais insuffisantes, en raison d’une ponction toujours plus importante de plus-value par des services improductifs. Nous renvoyons ici à l’analyse de Jason Smith (Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques, Editions Grevis). Mais alors, si tout travail humain (manuel ou intellectuel) est remplaçable par une machine mais que les machines ne créent pas de valeur, quelle est la particularité du travail humain qui permet effectivement la création de valeur ? Pour Caffentzis, il s’agit de la capacité unique à refuser la mise au travail. Ce thème parcourt l’ensemble de l’ouvrage. « Si le travail doit créer de la valeur, mais que les machines (simples, thermiques ou de Turing) n’en créent pas, alors les capacités de création de valeur du travail doivent résider dans sa capacité négative, c’est-à-dire dans sa capacité à refuser d’être du travail » (p. 256) « Cette analyse de création de la valeur nous permet de percevoir que la lutte des classes est à la base du mode de production capitaliste dans le domaine du travail « intellectuel » tout comme on le retrouve dans le domaine de la production physique. Elle est fondamentale, non parce qu’elle est un signe de la qualité particulière du travail intellectuel, mais parce qu’elle est simplement du travail. Bien que complexe, cette capacité de la force de travail à refuser son actualisation en travail n’est pas un aspect mystérieux de l’humanité, c’est un présupposé de l’existence la société contractuelle initiale » (p. 258) Soulignons enfin, et c&#8217;est appréciable, que chez Caffentzis, la notion de travail créateur de valeur incorpore les théories féministes de M. Dalla Costa, S. Federici ou L. Fortunati, « la valeur est créée non seulement par le travail nécessaire à la production des marchandises, mais aussi par le travail nécessaire à la production et la reproduction de la force de travail » (p. 427). Le travail misérable, et son refus, incorporent donc de large pans du travail salarié rémunéré, mais également le travail informel et le travail reproductif non rémunéré. Le refus du travail prend ainsi des formes multiples, comme ici en 1980 : « &#8211; le refus des « ententes de productivité » sur les chaînes de montage ; &#8211; la désintégration de la famille et de l’appareil reproductif nécessaire à l’entrée des travailleurs et travailleuses dans le procès de production ; &#8211; le refus d’accepter le triage d’entropie du capital, par exemple dans le système d’éducation et par l’intensification de la « criminalité » ; &#8211; le refus d’absorber passivement l’expulsion de merde du capital dans le processus biosocial de reproduction, par exemple dans la lutte contre les prisons et celle contre les décharges radioactives . Toutes ces formes de refus ont directement...]]></description>
		
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		<title>Ingénierie, architecture productive moderne et perspectives communistes de reconfiguration</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 16:50:22 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[communisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Une émission sur l&#8217;ingénierie, la division technique du travail productif, ce que son analyse nous apprend sur l&#8217;architecture productive moderne et les perspectives communistes de reconfiguration de cet appareil productif, à partir de textes récents de Nick Chavez. Émission enregistrée à la Parole Errante avec Tom, ingénieur de métier et membre de l&#8217;équipe de sortir du capitalisme. Une première partie (55&#8242;) qui contient : une présentation générale des motivations de l&#8217;émission, des thèmes centraux et des articulations entre les trois textes de Nick Chavez, et de son ambition générale à travers du concept de design for manufracture une caractérisation générale des ingénieurs comme soumis à la domination abstraite du capital mais également agents de cette domination, avec notamment une polarisation des connaissances et une concentration de l&#8217;expertise technique entre les mains des ingénieurs [11&#8242; ] une discussion sur les différentes fonctions et types de métiers exercés par les ingénieurs, notamment par les ingénieurs dits « de production » (ou process) [17&#8242;] ; ingénieurs qui ne sont pas forcément conscients d&#8217;être des vecteurs de la domination capitaliste [28&#8242;] ; et dont le métier lui même se transforme et s&#8217;appauvrit, avec l&#8217;exemple des mutations du métier d&#8217;ingénieur conception [30&#8242;], au point que le capitalisme peut apparaître comme une entrave à la bonne réalisation du travail [34&#8242;] une description sur la manière dont les impératifs du capital se traduisent concrètement dans le travail de conception d&#8217;une marchandise [37&#8242;], avec un antagonisme entre la division du travail d&#8217;ingénierie et la nécessité d&#8217;une vision transversale du processus de production une brève discussion sur les idéologies qui traversent l&#8217;ingénierie [44&#8242;] enfin, une catégorisation du système productif moderne en deux archétypes « low mix, high volume » et « high mix, low volume » qui, chacun, ont leur propre stratification technique [45&#8242;] et offrent des potentiels de reconfiguration différents discutés plus en détail dans la seconde partie de l&#8217;émission. Une deuxième partie (54&#8242;) qui contient: une critique de beaucoup d&#8217;approches utopiques comme aveugles aux questions productives, d&#8217;où le travail de Nick Chavez afin de disposer d&#8217;abord d&#8217;une compréhension adéquate de l&#8217;architecture productive moderne [3&#8242; / 58&#8242; dans la version complète] une discussion sur l&#8217;intérêt « stratégique » de la catégorisation high mix/low mix dans une optique de reconfiguration révolutionnaire des moyens de production [5&#8242; / 1h05&#8242; dans la version complète ] une discussion sur le potentiel de reconfiguration communiste-révolutionnaire de l&#8217;appareil productif moderne, avec l&#8217;hypothèse de l&#8217;apparition de rapport sociaux « d&#8217;inter-dépendance sans domination » contre les alternatives purement localistes [16&#8242; / 1h12&#8242; dans la version complète], sans fétichisme de la « petite » ou de la « grosse » production [19&#8242; / 1h14&#8242; dans la version complète] un approfondissement sur l&#8217;idée de rapports sociaux d&#8217;inter-dépendance sans domination, notamment sur les modalités délibératives et/ou démocratiques et contre un démocratisme naïf [29&#8242; / 1h25], et sur la place non privilégiée de l&#8217;expertise technique dans une société non-capitaliste [35&#8242; / 1h30] une discussion sur la révolution communiste comme nécessaire dissolution de la division du travail et de la position socialement privilégiée de l&#8217;expert, et donc de l&#8217;ingénierie sous sa forme capitaliste [40&#8242; / 1h35], ce qui pose la question de pourquoi les ingénieurs s&#8217;impliqueraient dans une révolution ayant pour résultat l&#8217;abolition de leur position sociale privilégiée. après une présentation des « raisons de la colère » des ingénieurs, une discussion critique de l&#8217;assimilation par Nick Chavez des ingénieurs à des prolétaires, à partir de la notion de classe d&#8217;encadrement d&#8217;Alain Bihr ou de classe moyenne salariée de B. Astarian et R. Ferro [42&#8217;/ 1h37], l&#8217;analyse empirique des formes d&#8217;engagement des ingénieurs en France (Shift project, désertion) analysés d&#8217;une part comme rationalisation écologique du capitalisme, d&#8217;autre part comme fuite éthique individuelle [45&#8242; / 1h40] et les perspectives fascistes-populistes stimulées par l&#8217;expérience du déclassement. Enfin, le constat que cette concentration de l&#8217;expertise dans les mains d&#8217;un nombre toujours plus réduit de travailleurs (tendance renforcée par la désindustrialisation) ne manquera pas d&#8217;être un problème pratique pour les révolutionnaires, dont on espère qu&#8217;ils ne manqueront pas de « botter le cul » des ingénieurs encore alliés au capital [51&#8242; / 1h46] Liens Textes de Nick Chavez The Present and Future of Engineers et sa version en français Technical Expertise and Communist Production (en anglais) Forest and factory (en anglais, avec Phil A. Neel). Cet article est en cours de traduction en français. Nous vous encourageons vivement à le lire, car l&#8217;émission n&#8217;aborde qu&#8217;une fraction de ce qu&#8217;il contient. Pour citer Nick Chavez, le texte aborde des questions aussi variées que : l&#8217;autarcie locale vs une production globale ; les formes sociales de délibération ; la gestion de la crise climatique ; la planification négative de la production [ce que l&#8217;on choisit de ne pas produire] vs une planification par quotas de marchandise ; l&#8217;installation généralisée de tubes pneumatiques ; la théorie comme science fiction ; l&#8217;automatisation communiste comme compétition sportive Le blog de Nick Chavez: Design for Manufracture Nick Chavez peut aussi être écouté en version audio, et en anglais, dans le podcast This Machine Kills. Nous soulignons également que le texte « Forest and Factory » est cité et (un peu) débattu dans les contributions du collectif Decomposition (découvert après l&#8217;enregistrement de l&#8217;émission). Les trois brochures (« The fate of composition », « The problem of composition » et « The cacophony of communism ») abordent des thématiques bien plus larges, notamment celle de la composition entendue d&#8217;une part comme composition de classe, d&#8217;autre part comme tactique activiste en vogue. Pour la thématique qui nous concerne ici, un intérêt de ces textes est d&#8217;attirer l&#8217;attention sur les savoirs indigènes ou vernaculaires qui auraient pu échapper à la totalité capitaliste &#8211; question non abordée pendant l&#8217;émission. Audios du séminaire Marx mentionnés durant l&#8217;émission Harry Braverman, travail et capitalisme monopoliste.  Harry Braverman est cité comme une source d&#8217;inspiration par Nick Chavez. La technocritique d&#8217;André Gorz. Ce séminaire commente notamment les liens d&#8217;André Gorz avec les opéraistes et son évolution sur les questions d&#8217;autogestion, dans les enjeux de l&#8217;époque (années 1960-1980). Autres textes mentionnés durant l&#8217;émission Plateforme numérique, conception ouverte et emploi, Claude Paraponaris. Une étude en sciences de gestion (!) intéressante sur les mutations du (des) métier(s) en ingénierie de la conception. Il n’existe plus un seul type d’ingénieur de conception, il en existe au moins trois : celui qui s’occupe des méthodes de travail (ingénieur-méthodes), celui qui consolide les savoirs et techniques de son métier (ingénieur-métier) et celui en charge du développement d’un lot de projet (ingénieur-projet). Les processus de conception orchestrent des professions, des connaissances et des techniques variées grâce à des outils informatiques puissants qui garantissent le contrôle, la qualité, ainsi que la maturation des concepts au cours de leur développement Jasper Bernes, Le ventre de la révolution: l&#8217;agriculture, l&#8217;énergie et l&#8217;avenir du communisme (en français aux éditions Chou blanc)&#8230; que l&#8217;on pourra confronter à l&#8217;agriculture cyborg d&#8217;Out of the woods ! (texte disponible en Français chez Présence(s)) Jasper Bernes, Logistics, counter-logistics and the communist prospect (en anglais) Carbure, Le vert est la couleur du dollar (à propos de Greta Thunberg et de la transition technologique). Ce texte ne manquera pas d&#8217;apporter un contrepoint intéressant à l&#8217;émission. Dans la phase actuelle des luttes de classe, l’emparement révolutionnaire des moyens productifs ne peut plus se faire comme socialisation de ces moyens, mais s’inscrit dans un procès de communisation qui implique tous les aspects de la vie sociale, pour les défaire. Cet emparement n’est pas le fait d’un prolétariat qui conserverait sa place dans un procès productif inchangé, mais celui d’une classe en train de se défaire en défaisant toutes les classes. La production matérielle capitaliste est proprement irrécupérable en tant que telle, dans son procès d’ensemble comme dans son résultat. Chaque aspect de la production présuppose les rapports sociaux capitalistes, la division du travail qui leur est propre : il n’y a aucune neutralité sociale des techniques, et cela est matériellement effectif. Les chaînes d’approvisionnement impliquant l’échange, la disproportion des machines nécessitant une alimentation énergétique continue, entretien et réparation impliquant la connexion à leur secteur productif propre, la répartition spatiale des ateliers par postes de travail interdisant la communication et la circulation, la division sexuelle du travail, tout cela sera impossible à maintenir lors de la crise révolutionnaire sans rétablir les rapports sociaux capitalistes. C’est-à-dire que la révolution se jouera aussi contre l’outil productif capitaliste, qui présuppose le prolétariat comme tel (&#8230;) d’un point de vue technique, il n’est pas certain que le communisme fasse mieux. En réalité, le communisme ne vise pas à régler quelque problème que ce soit. Il ne s’agit ni de réparer les injustices du passé, ni d’assurer les conditions de l’avenir (&#8230;) L’impossibilité de projeter dans l’idée du communisme des solutions concrètes aux problèmes écologiques n’est pas le fait d’une théorie inconséquente ni d’un « point de vue » fataliste, c’est une impossibilité réelle et une limite sur laquelle toute théorie sérieuse, actuelle, du communisme doit reconnaître qu’elle bute. Sur le sujet des classes d&#8217;encadrement, on peut écouter ou consulter les ressources suivantes : Sortir du capitalisme, Du socialisme au populisme une critique des idéologies politiques des intellectuels de gauches Sortir du capitalisme, Révolution et classes sociales (avec la revue Temps Libre) Sortir du capitalisme, Entre Macron et Mélenchon, les classes moyennes salariées (avec Alain de Carbure) Classes moyennes, classes d&#8217;encadrement ?, un entretien avec Alain Bihr sur le site Contretemps Alain Bihr, Encadrement capitaliste et reproduction du capital: vers un nouveau paradigme marxiste des rapports de classes Bruno Astarian, Robert Ferro, Le ménage à trois de la lutte des classes, Ed. l&#8217;Asymétrie dont une partie est lisible sur le site de Bruno Astarian Sur la question de la désertion, nous avons mentionné l&#8217;ouvrage de Anne Humbert, Tout plaquer. La désertion ne fait pas partie de la solution&#8230; mais du problème, aux éditions Le monde à l&#8217;envers. Petit livre auquel Aude Vidal a consacré un petit billet sur son blog. Crédits Cette émission a été enregistrée dans le studio son de Radio Errante, la radio de la Parole Errante à Montreuil. Animation : Armand Paris. Enregistrement et montage : Tom C. La première lecture contient un extrait du podcast This Machine Kills. La deuxième lecture contient un extrait du « Ballet Mécanique » de Georges Antheil (source) La troisième lecture contient un extrait du morceau « Die eier von Satan » du groupe Tool.]]></description>
		
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		<title>Philosophie de la connaissance, science moderne et société de classes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Apr 2022 16:26:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une émission de théorie critique matérialiste de la philosophie de la connaissance et de la science modernes, à partir de l&#8217;ouvrage Approche matérialiste de la Critique de la raison pure (L&#8217;Harmattan, 2022) &#8211; avec l&#8217;auteur, Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie et théoricien critique du capitalisme. L&#8217;émission (1 heure) comporte : Une présentation pédagogique du projet philosophique de Kant dans la Critique de la raison pure ; Une discussion à partir de Kant sur les limites épistémologiques de la science moderne ; Une analyse de la Critique de la raison pure comme reflet idéologique de son époque, celle de la société bourgeoise naissante ; Une présentation et une discussion des thèses de Sohn-Rethel sur le lien entre pensée abstraite, domination du « travail intellectuel » vis-à-vis du « travail manuel », et « abstractions réelles » marchandes ; Une analyse de l&#8217;appropriation bourgeoise scientifique de savoirs issus des classes populaires ; Une présentation et une réinterprétation des thèses de Lukacs sur Kant en lien avec la théorie de la non-identité chez Adorno ; Une analyse marxienne des origines de la géométrie, d&#8217;une part, et de l&#8217;esthétique, de l&#8217;analytique et de la dialectique transcendentale de Kant, d&#8217;autre part ; Une discussion autour du lien entre sciences modernes, technologies et capitalisme. Émissions évoquées ou en lien Au-delà des Lumières capitalistes, contre l’extrême-droite anti-Lumières L&#8217;antisémitisme des philosophes allemands à l&#8217;extrême-droite néo-païenne actuelle Pour lire Le Capital de Marx &#8211; avec Vincent des Giménologues Spéculation, gentrification, métropolisation, touristification : la grande restructuration capitaliste des villes Crédits Un jingle d&#8217;Armand Paris à partir d&#8217;une musique de Las 4 Estaciones &#8211; Verano (Presto) de Daniel Bautista (Classics and Soundtracks, 2004). Un montage d&#8217;Armand Paris.            ]]></description>
		
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		<title>Surveillance de masse 2.0, surveillance de l’État et du capital</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 13:43:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La surveillance de masse n’est plus une fiction. Elle s’annonce comme une immense collecte de données par des entreprises privées et des agences de renseignement. Il s’agit dans cette émission de présenter leurs dispositifs de surveillance, leurs objectifs et leurs effets sociaux, et d’esquisser quelques pistes de résistance – avec Marco, communiste libertaire, bon connaisseur de ces questions. Avec une définition des objets connectés comme des objets fournissant des informations aux services de l’État et aux entreprises ; une présentation des nouvelles possibilités légales de surveillance de l’État et des nouveaux moyens d’interception des communications ; une explication des dispositifs de surveillance de masse à une échelle planétaire (boîtes noires, algorithmes de surveillance faciale, caméras de répression « préventive ») et des manières potentielles de déjouer ceux-ci ; et enfin une présentation des dispositifs de collecte capitaliste de données, de leurs objectifs (revente de données, prédiction en vue d’une vente de produits, profiling d’assurés ou de potentiels emprunteurs), de leurs effets (génération de données utilisables par des services de renseignement, renforcement des identités préétablies et des inégalités, productions d’identités), du partenariat des entreprises collectrices de données avec les services de renseignement (ou même l’Éducation Nationale) et de leurs dynamiques potentielles [40 minutes] Liens Uberisation, le travail à l&#8217;ère du capitalisme numérique de plateformes https://paris-luttes.info/et-si-on-securisait-nos-echanges-8229 &#160;]]></description>
		
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		<title>Ubérisation. Le travail à l’ère du capitalisme numérique de plateformes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Apr 2018 18:20:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
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					<description><![CDATA[Le capitalisme numérique des plateformes comme Uber, Deliveroo ou Amazon Mechanics entraîne un bouleversement des conditions de travail et des modes de production du profit, obligeant à un ré-examen des analyses critiques du capitalisme et des stratégies de résistance. L’émission propose un examen approfondi de ce travail à l’ère d’une numérisation du capitalisme, une critique des lectures altercapitalistes de cette mutation et une présentation des luttes actuelles des travailleurs des plateformes – avec Marco, communiste libertaire, bon connaisseur de ces questions. Avec une définition des plateformes comme des structures capitalistes « mettant en relation un entrepreneur et un client » pour du profit (Uber, Deliveroo, Amazon Mechanics) ou comme générant des profits par une vente du trafic aux publicitaires et des informations des utilisateurs aux entreprises (Youtube, Facebook, Twitter), et donc permettant indirectement à ces publicitaires et ces entreprises de vendre leurs marchandises ; une discussion critique de l’idée d’une « exploitation productrice de survaleur » des utilisateurs des réseaux sociaux puisqu’il n’y a pas de vente et donc de valeur d’échange, et une critique des « mobilisations » individualistes pro-capitalistes à partir de cette idée ; une histoire de l’Internet capitaliste et sa contestation au nom du logiciel libre et une critique des théories des réseaux sociaux et du capitalisme cognitif comme base matérielle du communisme (Negri) alors même qu’il s’agirait au mieux d’un capitalisme autogestionnaire ; une présentation des activités marchandisées au travers des plateformes, et notamment du « micro-tasking » comme horizon (dystopique) d’un capitalisme intégralement fluide, flexible, hors-sol, mondialisé, sans coûts ou résistances liés à une concentration dans un espace commun, et ce grâce aux technologies numériques ; une explication de la globalisation capitaliste des dernières décennies comme permise par une coordination informatique du travail à une échelle mondiale ; une critique du mythe d’une fin du salariat et des usines et d’un « capitalisme immatériel » ; un exposé des conditions et de la division du travail au sein du capitalisme de plateformes ; une contextualisation du capitalisme de plateformes, en lien avec une obsolescence d’un nombre croissant de travailleurs et de travailleuses ; une critique de « l’évaluation » des ubers par leurs propres clients comme dispositifs d’auto-surveillance et de disciplinarisation ; une discussion des difficultés de résister comme travailleurs de plateformes (absence de dominant visible, pas de collectif de travail, individualisme de survie en situation de forte concurrence, dispersion spatiale) ; et une présentation des luttes de ces travailleurs [1 heure]. Liens http://www.palim-psao.fr/article-empire-le-monde-en-crise-comme-disneyland-de-la-multitude-hardt-negri-par-robert-kurz-65526746.html Une histoire des résistances au travail et de l&#8217;anti-travail Les propositions de Bernard Friot en débat Lordon, altercapitaliste Le refus du travail dans l&#8217;Italie révoltée des années 1960-1970 Une histoire du mouvement révolutionnaire 1881-1914]]></description>
		
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		<title>L’industrialisation du capitalisme – avec Armel Campagne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2018 12:23:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[La « révolution industrielle » n’a pas été un progrès technique socialement neutre, mais une restructuration capitaliste du procès de production, laquelle visait à une intensification de l’exploitation et à une destruction de l’organisation artisanale du travail. Une contre-histoire de l’industrialisation capitaliste en Angleterre et en France (1780-1860), avec Armel Campagne, historien, auteur de Le Capitalocène. Aux racines historiques du dérèglement climatique (Divergences, 2017). Avec une histoire de l’industrialisation anglaise comme restructuration capitaliste du procès de production et comme lutte de classe, et non comme « progrès » technique socialement neutre. Avec une démonstration du caractère non-capitaliste de l’économie d’Ancien Régime. Avec une analyse marxienne des bris de machines. Avec une histoire de l’industrialisation capitaliste en France comme modernisation de rattrapage sous impulsion étatique. Avec une histoire de 1848 comme moment fondateur de l’antisémitisme et de l’hostilité anti-étrangers en France. Liens Conférence d’Armel Campagne au sujet du Capitalocène https://www.youtube.com/watch?v=xWRhgBWlmSQ Autres émissions L’émergence du capitalisme, en Angleterre Syndicalisme révolutionnaire]]></description>
		
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