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	<title>sport &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>sport &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>Georges Vigarello &#8211; Virilités sportives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jan 2017 15:15:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[George Vigarello, « Virilités sportives », dans Jean-Jacques Courtine (dir.), Histoire de la virilité. La virilité en crise ? Le XXème-XXIème siècles, Paris, Seuil, 2011. Le sport comme système institutionnel est structurellement capitaliste, mais également patriarcal-viriliste [Paye ton sport], et ce depuis son essor au cours de la deuxième moitié du 19ème siècle : « Impossible […] d’ignorer une référence le plus souvent implicite, mais régulièrement présente dans ces premières pratiques sportives [des années 1870] : celle faite à la force, […] à la domination » (p. 231). George Vigarello nous permet avec son article de retracer l’histoire du sport sous l’angle de sa dimension viriliste-patriarcale, même si on contestera son interprétation. « Le sport apparaît comme le symbole même de la virilité » (Pierre de Coubertin, cité p. 232). Jusqu’à aujourd’hui, le sport, c’est une « égalité quelquefois peu reconnue ou peu acceptée entre homme et femme, par exemple ; un privilège médiatique fréquemment et fortement accordé aux pratiques masculines […]. Le sport actuel […] [demeure] le conservatoire particulier [de la virilité moderne] » (pp. 232-233). Le sport ne veut en effet avoir affaire, au 19ème siècle et durant une partie du 20ème siècle, qu’à des hommes, des « vrais hommes ». Il est structurellement misogyne, homophobe, et survalorise des hommes qu’on peut affubler de surnoms comme « bouledogue », « sanglier », « bête de combat » (Garin, premier vainqueur du Tour de France, en 1904) ou encore « brute » (Faber, vainqueur du Tour de France), « bœuf », « terreur de la flotte », « l’homme de fer » (un sportif, pas Staline), « le boucher »… Le sport est une sorte de culte religieux de la virilité brutale : « La première caractéristique essentielle de l’olympisme moderne c’est d’être une religion » (Coubertin, cité p. 236). Et en effet, « les premiers sportifs ne pensent quasiment pas le féminin. La pratique féminine demeure d’ailleurs longtemps cantonnée, rigoureusement orientée : gymnastique dansée […]. Très rares sont les pratiquantes, et très nombreuses sont les interdictions. […] Pierre de Coubertin voit dans le « véritable héros olympique l’athlète mâle individuel ». Le créateur des Jeux s’en tient à une stricte « exclusion ». Le propos est tranché : donner la femme en spectacle est « ambigu », la soumettre à l’effort physique est « excessif », l’exposer à la brutalité est « dangereux », faire appel à « ses nerfs » dans une compétition est « monstrueux » » (p. 237). Les femmes sont donc exclues du sport comme sphère socialement valorisée. Le sport, c’est aussi une préparation à la guerre : « Les sports ont fait fleurir toutes les qualités qui servent à la guerre », déclare Coubertin en 1913, avant de devenir un zélé propagandiste de l’immense boucherie de 1914-1918. Le sport doit aussi éviter « le spectre d’une dégénérescence [de la race] » française. On lira là-dessus Jean-Marie Brohm, Pierre de Coubertin. Le seigneur des anneaux, Paris, Homnisphères, 2008, pour se faire une idée du fondateur de l’olympisme moderne. Si Vigarello reste relativement peu critique vis-à-vis du sport, il est obligé de reconnaître qu’ « il existe à l’évidence un versant noir de la mobilisation « virile » par le sport : celui des sociétés totalitaires. […] L’ « homme nouveau » des dictatures européennes des années 1920-1940 est donné en « athlète ». Les stades sont présentés comme des terrains de métamorphose ; les partis dominants comme les maîtres des lieux. […] Une utopie de l’homme supérieur […] installe le militaire comme horizon de la culture musculaire […]. Les dirigeants mussoliniens se plaignent d’une Eglise ayant « ramolli, dévirilisé, désarmé » les Italiens. D’où « la préparation athlétique et militaire de la jeunesse » » (pp. 241-242). Vigarello est également obligé de mentionner « l’afligeant hommage rendu par Pierre de Couvertin […] aux organisateurs des jeux de Berlin : « Souvenirs de Beauté […], Souvenirs de Courage […], Souvenir d’Espérance […]. Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir » (p. 243). La pratique sportive des femmes s’accroît lentement à partir des années 1920, mais l’athlète « féminin » doit être avant tout « gracieux » (p. 246) – et aujourd’hui encore il doit être « sexy ». Le sport permet parfois de remettre en cause certaines certitudes patriarcales, comme « lorsque l’Américaine Gertrud Ederlé bat le record masculin de la traversée de la Manche à la nage en 1926 » (p. 247). Mais cela demeure marginal, et à double-tranchant, puisqu’une grande partie des records mondiaux sont détenus par des hommes, justifiant idéologiquement l’inégalité de genre. D’ailleurs, « le sport, par ses pratiques mimant ou incarnant l’agression, par ses gestualités abruptes, peut aussi demeure un conservatoire, le territoire de virilités anciennes, l’incarnation de « résistances » au renouveau » (pp. 247-248), admet enfin George Vigarello. Le sport reste un conservatoire viril, violent. Pour Drop, un journal de rugby : « Le rugby est un sport viril, une femme n’y a pas sa place ». Si certaines sportives (Serena Williams, Florence Arthaud, Jeannie Longo…) donnent une image tout autre que celle des femmes stéréotypées de l’imaginaire patriarcal (petites, gracieuses, fragiles), et cassent ainsi utilement certains stéréotypes de genre, c’est au prix de l’acception d’un système qui, in fine, justifie l’inégalité de genre de manière générale par une inégalité des performances sportives. Certes, il devient difficile face aux performances des athlètes femmes de parler de « sexe faible », mais leurs moindres performances face aux hommes dans un grand nombre de disciplines olympiques justifie idéologiquement une (relativement) « supériorité » des hommes. Les femmes sportives se plaignent d’ailleurs d’être continuellement dévalorisées, d’être incitées à se faire « sexy », etc. (p. 254). Le sport demeure donc une institution aux valeurs virilistes, et justifiant l’inégalité de genre au travers de l’inégalité des performances sportives. Les athlètes femmes ont certes réussi à montrer qu’elles aussi pouvaient être très fortes, très rapides, très adroites, cassant nombre de stéréotypes de genre au passage, mais sans parvenir à y mettre complètement fin. C’est sans doute en montrant leur force sur d’autres terrains, sur celui des luttes anti-patriarcales surtout, et en mettant fin au patriarcat, que l’ensemble des femmes (et non seulement des rares sportives) parviendront davantage à mettre fin aux stéréotypes de genre concernant leur prétendue faiblesse. A. Paris]]></description>
		
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		<title>Jeux Olympiques, une institution capitaliste et une mystification idéologique &#8211; avec Jean-Marie Brohm</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 12:18:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[JO]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
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					<description><![CDATA[Une émission de juillet 2016 d&#8217;analyse critique des Jeux Olympiques comme institution capitaliste et comme mystification idéologique (1ère partie) et d&#8217;histoire critique des Jeux Olympiques modernes (notamment des Jeux Olympiques de Berlin de 1936) depuis Pierre de Coubertin (2ème partie), avec Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie de l’Université de Montpellier III, auteur notamment de Le mythe olympique, de Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux : aux fondements de l’olympisme et de 1936. Les Jeux Olympiques à Berlin. Introduction de l&#8217;émission Nous sommes sur Radio Libertaire, la radio sans Dieu, sans Maître et sans publicité, pour une nouvelle émission de « Sortir du capitalisme », consacrée cette fois-ci aux Jeux Olympiques comme institution capitaliste et comme arme de mystification idéologique. [&#8230;] Une institution capitaliste, parce qu’elle est une entreprise brassant des milliards en s’enrichissant grâce à des supporters crédules, parce qu’elle est une vaste campagne de publicité et d’apologie de la marchandise et de son monde, parce qu’elle a un fonctionnement analogue au capitalisme, celui d’un système institutionnel de guerre de tous contre tous, de compétition perpétuelle entre athlètes et entre équipes d’athlètes ici, entre entreprises, entre États et entre individus là, parce qu’elle affiche les mêmes valeurs de hiérarchie, d’écrasement de l’adversaire, de nationalisme, de violence, et parce qu’elle organise une même recherche d’une productivité croissante, en termes de productivité du travail ici et de performances et de records. L’olympisme est une idéologie mystificatrice, une naturalisation de la guerre de tous contre tous capitaliste, une naturalisation de la prétendue « supériorité masculine », une occultation des inégalités de classes au profit de la Nation, une adoration de winners millionnaires, une arme de légitimation du nazisme en 1936, du massacre de 300 étudiants au Mexique (dix jours avant l’ouverture des Jeux) en 1968, de l’URSS en 1980, du néocapitalisme étasunien en 1984, du régime militaro-démocratique coréen en 1988, de l’État chinois ultra-répressif en 2008 ou encore du coup d’État au Brésil en 2016 – et il aurait du être l’exaltation du nationalisme allemand en 1916 et du nationalisme japonais en 1940 –. L’olympisme est une mystification idéologique, puisqu’à l’instar de la religion, elle est comme disait Marx « le soupir de la créature accablée », accablée par le travail, l’argent, le capitalisme : « elle est l’opium du peuple ». Mais, pour citer encore Marx, « nier la religion [olympique], ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions ». La critique des Jeux Olympiques et de l’olympisme est ainsi une critique visant à une émancipation du capitalisme, et cette émancipation passe par une émancipation du sport, défini comme « système de compétition physiques généralisées ». Pour discuter des JO comme institution capitaliste et de l’olympisme comme idéologie mystificatrice, avant d’effectuer une contre-histoire des JO modernes depuis Coubertin, nous sommes avec Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie de l’Université de Montpellier III, auteur notamment de Le mythe olympique, de Les dessous de l’olympisme, de Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux : aux fondements de l’olympisme et de 1936, Les Jeux Olympiques à Berlin, fondateur de la théorie critique du sport capitaliste il y a un demi-siècle, animateur du boycott des JO de Moscou de 1980, de Paris de 2024 et de nombreux autres, et membre de la revue Quel Sport ? après avoir été celui de Quel Corps ? Citations de Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, extraites de Le mythe olympique « Le sport [&#8230;] doit [&#8230;] être pratiqué avec ardeur, je dirai même avec violence. Le sport, ce n’est pas l’exercice physique bon pour tous au point de vue de l’hygiène à condition d’être sage et modéré. Le sport est le plaisir des forts ou de ceux qui veulent le devenir physiquement et moralement. Il comporte donc la violence, l’excès, l’imprudence [&#8230;] [dans] son essence » &#160; « Il y a encore et sans doute il y aura toujours des puissants et des faibles, des triomphateurs et des lutteurs ; [&#8230;] l’inégalité est plus qu’une loi, c’est un fait » &#160; « Que l’inégalité soit une loi de nature, personne n’y saurait raisonnablement contredire. » &#160; « La société est hiérarchisée, et la hiérarchie paraît être dans son essence » &#160; « Les découvertes de la science nous ont révélé que tout ce qui vit obéit à cette même loi de guerre, d’où découle fatalement la loi d’inégalité. La guerre en effet crée des vainqueurs et des vaincus et la postérité du vainqueur bénéficie de l’héritage de la victoire, de même que l’héritage de la défaite pèse sur la postérité du vaincu [&#8230;] principe inéluctable contre lequel il serait enfantin de perdre son temps à disputer [&#8230;]. Nous touchons là une des assises inébranlables de l’humanité » &#160; « La propriété. Il faut que le prolétariat en accepte le maintien [&#8230;]. Hors de là, point de salut. C’est de nos jours l’alpha et l’oméga de toute paix sociale [&#8230;]. La propriété n’est pas un dogme, mais c’est une nécessité » &#160; « Dès le premier jour j’étais un colonial fanatique » &#160; « La théorie de l’égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. [&#8230;] La race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée » &#160; « L’Assemblée allait entrer dans le vif de son œuvre lorsque l’insurrection communiste éclata à Paris, elle comblait la mesure de nos infortunes. [&#8230;] Les orgies et bouffonneries de la Commune, le massacre des derniers jours et cette fin immonde et bestiale dans le sang et le pétrole passèrent sur la France comme un cauchemar. [&#8230;] L’armée remplit sans hésitation sa pénible mission » « Les Juifs sont demeurés profondément asiatiques. On ne les connaître guère qu’à travers les capitaux amassés par certains d’entre eux.  pres et persévérants au gain, habiles et rusés dans leurs affaires, ils se sont souvent rendus odieux » &#160; « L’idée olympique sacrifiée à la propagande ? C’est entièrement faux ! La grandiose réussite des jeux de Berlin a magnifiquement servi l’idéal olympique » &#160; « [Coubertin] félicite hautement M. Hitler, en qui il salue un des plus grands esprits constructeurs de ce temps, d’avoir su éviter le danger et d’avoir magnifiquement servi, sans le défigurer, l’idéal olympique » (André Lang, journaliste rapportant une interview avec Coubertin) &#160; « Ils [JO de 1936] ont été, très exactement, ce que j’ai souhaité qu’ils fussent ».  ]]></description>
		
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