<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>extrême-droite &#8211; Sortir du capitalisme</title>
	<atom:link href="https://sortirducapitalisme.fr/tag/extreme-droite/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://sortirducapitalisme.fr</link>
	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
	<lastBuildDate>Thu, 25 Jul 2024 17:42:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://sortirducapitalisme.fr/wp-content/uploads/2023/08/cropped-sortir-du-capitalisme-1400x1400-1-32x32.jpg</url>
	<title>extrême-droite &#8211; Sortir du capitalisme</title>
	<link>https://sortirducapitalisme.fr</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;antifascisme</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/aujourdhui-lantifascisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jul 2024 20:12:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sortirducapitalisme.fr/?p=1373</guid>

					<description><![CDATA[Une émission enregistrée peu avant le premier tour des législatives 2024 avec Hervé, membre du collectif antifasciste autonome la Horde, à partir de leur livre Dix questions sur l&#8217;antifascisme (Libertalia, 2023) autour de l&#8217;histoire récente de l&#8217;antifascisme, ses évolutions contemporaines et son actualité alors que l&#8217;extrême-droite est aux portes du pouvoir. Avec, Une présentation du collectif antifasciste la Horde et une définition de l&#8217;antifascisme comme lutte spécifique « toujours nécessaire et de tous les instants » contre l&#8217;extrême-droite, dont le socle idéologique consiste à défendre une vision inégalitaire de l&#8217;ensemble des rapports sociaux (de genre, de race&#8230;). Une discussion autour des différentes formes de l&#8217;antifascisme notamment depuis les années 1990 (électoraliste, frontiste et autonome/radical) et leur actualité, notamment au regard de la stratégie de normalisation appliquée par les héritier-e-s du Front National Un retour sur la naissance du Front National qui montre, dès le début, une volonté de normalisation et de conquête du pouvoir ; ce qui met en évidence une continuité entre Front National et Rassemblement National (contre l&#8217;idée d&#8217;une rupture avec leur passé), en gardant au cœur le projet raciste de préférence nationale. Une présentation du projet antifasciste (égalitaire, émancipateur, solidaire) et ses modes d&#8217;actions (information, occupation du terrain, formation, auto-défense) Un questionnement sur ce que veut dire occuper le terrain face à une extrême-droite aux portes du pouvoir et une hétérogénéité sociale et géographique de son électorat ; ainsi que sur les lignes de fracture qui pourraient apparaître dans cette lutte, y compris « à gauche ». Une discussion sur l&#8217;auto-défense, y compris par des moyens physiques sans virilisme, son efficacité pratique et symbolique face aux groupuscules fascistes mais aussi aux milices policières d&#8217;un État d&#8217;extrême-droite Liens Le site web de La Horde Le livre « 10 questions sur l&#8217;antifascisme » est disponible au téléchargement sur le site des éditions Libertalia Une recension de ce livre peut être lue chez les camarades d&#8217;Agitations : La nécessité (encore et toujours) de l&#8217;antifascisme. Sur quelques livres et évènements récents. Autres émissions Le podcast  » Minuit dans le siècle« , animé par Ugo Palheta sur la plateforme Spectre Sortir du capitalisme, Le fascisme qui vient Sortir du capitalisme, Fascisme, capitalisme et classe ouvrière Sortir du capitalisme, Contre histoire des grèves de 1936 et du Front populaire Sortir du capitalisme, Histoire critique de l&#8217;antifascisme d&#8217;Etat (1936-1945) Sortir du capitalisme, Lutte sociales et fascisme au Brésil de Bolsonaro Pour aller plus loin Sur l&#8217;analyse des évolutions du capitalisme contemporain, du populisme et des différentes variantes de l&#8217;inter-classisme et de leur origines, nous renvoyons aux articles suivants : Carbure (entre autres textes), Thèses Provisoires sur l&#8217;interclassisme dans le moment populiste Stoff, Populisme Roland Simon, Européennes 2024 Crédits Emission enregistrée dans le studio son de Radio Errante à la Parole Errante (Montreuil) Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Emission animée par Tom C. et Armand Paris. Enregistrement, montage et mixage par Tom C.]]></description>
		
		
		<enclosure url="https://sortirducapitalisme.fr/wp-content/uploads/2024/07/Podcast_antifa_mix.mp3" length="183570807" type="audio/mpeg" />

			</item>
		<item>
		<title>Nietzsche, penseur rebelle ?</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/nietzsche-penseur-rebelle/</link>
					<comments>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/nietzsche-penseur-rebelle/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 19:41:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sortirducapitalisme.fr/?p=763</guid>

					<description><![CDATA[Un épisode qui revient de manière critique sur Nietzsche, sa philosophie ni nazie ni révolutionnaire, et son succès à l&#8217;extrême-gauche comme à l&#8217;extrême-droite &#8211; avec Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie, membre du comité de rédaction des éditions Crise et critique, auteur de « Le cas Nietzsche. Pourquoi Nietzsche n’est pas soluble dans une critique émancipatrice de la modernité » dans Jaggernaut n°1. L’épisode (1 heure) comporte : Une discussion des raisons du succès de Nietzsche à l’extrême-gauche comme à l’extrême-droite, à savoir sa philosophie anti-moderne, anti-bourgeoise, anti-humaniste, anti-morale ; Une analyse de Nietzsche comme penseur rebelle mais contre-révolutionnaire, classiste et anti-socialiste, sans être pour autant nazi ; Une présentation synthétique de la philosophie de Nietzsche, en lien avec sa personnalité ; Une mise en évidence, citations contextualisées à l’appui, du racisme, de l’esclavagisme, de l’impérialisme, de l’aristocratisme, de l’eugénisme et de l’antisémitisme métaphysique de Nietzsche ; Une critique des lectures anarchisantes, autonomes et anti-travail de Nietzsche ; Une tentative d’explication de l’intérêt pour Nietzsche à l’extrême-gauche. Liens Emissions évoquées ou en lien Une analyse critique des théories de Francis Cousin L’antisémitisme des philosophes allemands Crédits Montage de Yannick, présentation d’Armand Paris.]]></description>
		
					<wfw:commentRss>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/nietzsche-penseur-rebelle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		<enclosure url="https://sortirducapitalisme.fr/wp-content/uploads/2023/04/episode9nietzschesite.mp3" length="76420591" type="audio/mpeg" />

			</item>
		<item>
		<title>Nicolas Bonanni &#8211; L&#8217;amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/nicolas-bonanni-l-amour-a-trois-alain-soral-eric-zemmour-alain-de-benoist/</link>
					<comments>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/nicolas-bonanni-l-amour-a-trois-alain-soral-eric-zemmour-alain-de-benoist/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2017 17:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://sortirducapitalisme.fr/?p=97</guid>

					<description><![CDATA[Nicolas Bonanni, L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist, Grenoble, Le monde à l’envers, 2016 Une très bonne introduction aux sinistres théories d’Alain Soral, d’Alain de Benoist et de Zemmour en moins de 40 minutes de lecture : voilà ce qu’a réussi Nicolas Bonanni dans ce court ouvrage d’une soixantaine de pages. Nettement plus clair politiquement qu’un Alexis Escudero et son glissant La reproduction artificielle de l’humain publié aux mêmes éditions, Nicolas Bonanni ne dit certes pas tout, et il a une théorie critique du capitalisme (et du patriarcat, et du racisme comme système) encore insuffisante, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un remarquable ouvrage, surtout relativement à sa rapidité et sa facilité de lecture. L’amour à trois commence par une anecdote ordinaire, celui d’une fascination de jeunes adolescents (notamment musulmans) pour Alain Soral et sa théorie du complot suite aux attentats de Charlie Hebdo, troublant (en tout cas, dans sa mise en scène narrative) notre auteur, enseignant dans un lycée professionnel de banlieue, qui en était resté aux années 1990 et une facile disqualification du Front National (où Soral est allé de 2005 jusqu’en 2009). Il relate ensuite cette explication d’Alain Soral au sujet de son passage du FN : « J’y suis allé pour faire évoluer le seul parti que je croyais encore indépendant des puissances d’argent et des réseaux. Évoluer sur deux points : un, la question sociale. Deux, la question de l’Islam que je ne confonds pas avec la question de l’immigration […]. Sur le premier point, je pense y être arrivé. Aujourd’hui, avec Marine et Philippot, le FN a rompu avec ses fascinations libérales et son anti-étatisme incohérent : un État-nation passe par un puissant corps de fonctionnaires », et notamment de flics (qu’apprécie particulièrement Soral) et de militaires. Une apologie du capitalisme national et de l’État dirigiste, donc. Après avoir parlé de Zemmour qu’on ne présente plus, il tente d’expliquer une phrase de Soral selon lequel « 90 % du bouquin de Zemmour [Le Suicide français], c’est Comprendre l’Empire [son propre livre] ». Pour Bonanni, l’explication est relativement simple : c’est qu’ils lisent l’un comme l’autre Alain de Benoist (fondateur du GRECE et de la Nouvelle Droite) et sa revue Éléments : « Moins connu que Soral et Zemmour, c’est pourtant ce troisième homme qui fournit l’infrastructure intellectuelle » (p. 9). L’explication est sans doute un peu courte, mais il est vrai qu’il y a sans doute une matrice commune aux écrits de Zemmour et de Soral : mais cette matrice n’est pas qu’Alain de Benoist, c’est de manière large l’ensemble des productions intellectuelles de l’extrême-droite (et ce qui est récupérable ailleurs) depuis deux siècles (Soral s’inspire des antisémites du 19ème siècle, par exemple), c’est également une même position sociale de défenseurs de leurs privilèges patriarcaux, racistes, nationales, et c’est enfin une même adhésion aux fétiches de la race, de la nation, de la tradition (sur laquelle revient Bonanni) et de la communauté. Une brève histoire du monde La vision du monde commune au « trouple » (et il y en aurait d’autres : Dieudonné, Francis Cousin, etc.) ? La décadence (grand thème de l’extrême-droite [Alain Bihr, L’actualité d’un archaïsme]) « d’une société traditionnelle, rigide, patriarcale, à une société moderne, liquide, égalitaire ». Soral parle d’un basculement « de la société du don à la société de l’argent », « de la noblesse à l’usure » (deux termes fréquemment accolés aux « Juifs »), et dénonce « l’Empire », c’est-à-dire « la Banque », la « Grande Banque » comme « pouvoir politique caché », dans une vision conspirationniste, structurellement antisémite, et altercapitaliste-étatiste (puisqu’il dénonce uniquement le capital « dans sa forme la plus parasitaire – anti-industrielle et financière ») de l’histoire. Zemmour, lui, fait remonter cette décadence à une date plus récente, grand admirateur de de Gaulle (lequel appréciait d’ailleurs beaucoup Charles Maurras, figure phare de l’extrême-droite du 20ème siècle, comme Zemmour) qu’il est : après 68, date d’une « révolution nihiliste parfaite » et d’une « déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la France ». Zemmour dénonce également une euthanasie des « bons », « les paysans, les petits commerçants et les ouvriers [blancs] », dans une veine poujadiste, au profit des « mauvais », « banquiers » et autres « ouvriers chinois ». Zemmour invoque ensuite Freud et sa psychanalyse patriarcale dans éloge funèbre du patriarcat d’antan : « Le père incarne la loi et le principe de réalité contre le principe de plaisir. Il incarne la famille répression qui canalise et refrène les pulsions des enfants pour les contraindre à se sublimer » « À partir du moment où la puissance paternelle est abattue par la loi, le matriarcat règne. L’égalité devient indifférenciation. Le père n’est plus légitime pour imposer la loi. Il est sommé de devenir une deuxième mère ». Et bien beaucoup de « deuxièmes mères » continuent de violer et de battre des « premières mères », étrangement… Zemmour poursuit : « Nous revenons peu à peu vers une humanité d’avant la loi qu’elle s’était donnée en interdisant l’inceste : une humanité barbare, sauvage et inhumaine » : rien moins que ça ! Et Zemmour de finir sur un raisonnement tordu : « Le patriarche est un piètre consommateur. Il faut détruire la virilité en l’homme pour que naisse et prospère sa fonction consommatrice ». Les hommes ultra-virilistes sont-ils donc de mauvais consommateurs ? Ils consomment pourtant beaucoup de livres achetés chez Kontre Kulture (maison d’édition d’Alain Soral) et de matériel survivaliste (qu’Alain Soral vend également à un prix d’or), lui répondra-t-on avec ironie… Les divergences entre ces trois-là apparaissent cependant déjà au niveau stratégique : Zemmour semble fataliste avec son constat « la France se meurt, la France est morte », et se résigne puisqu’ « il y a des logiques implacables qui s’imposent à nous » ; de Benoist préconise une stratégie gramscienne de contre-hégémonie intellectuelle ; enfin Soral en appelle à un populisme transversal d’alliance des conservateurs catholiques et des classes populaires. La femme est un sous-homme comme les autres Bonanni clarifie (quoiqu’assez imparfaitement) assez rapidement son opposition au virilisme effréné du trouple : « Un profond mépris pour les femmes […] sous-tend toute la pensée du trouple. Pour eux, les êtres humains sont largement déterminés par le sexe auxquels ils appartiennent et par les pulsions sexuelles qui en découlent mécaniquement » (p. 18). Zemmour a d’ailleurs commis un ouvrage immonde à ce sujet, Le premier sexe, comme Soral dans Vers la féminisation ?, dont Bonanni nous fait partager des savoureux (à vomir) extraits : « Le besoin des hommes de dominer […] pour se rassurer sexuellement. Le besoin des femmes d’admirer pour se donner sans honte » (Zemmour) ; « Les organes reproducteurs constituent chez la femme une cavité importante située au beau milieu d’elle-même [sic]… D’où l’idée que sa plénitude lui viendra d’un apport physique extérieur, comme un vide intérieur qu’il lui faut faire remplir […]. Par ailleurs, son plaisir à la fois plus infime (c’est elle qui reçoit), naturellement parent de la douleur et du traumatisme (jouir de se faire pénétrer par un objet qui pourrait lui faire mal), entraîne la femme dans une relation plus complexe à son propre désir » (Soral) [d’où, chez Soral, une justification du viol : pour plus de détails, lire Vous avez dit Soral ?] ; « La femme n’ayant pas par son corps le même désir de pénétrer l’objet, sa volonté d’analyse (pénétration sublimée) est forcément moindre que chez l’homme où : le pénis (pénétration), le manque d’être dû à l’absence de fonction immédiate du corps masculin (n’enfantant pas, il ne produit naturellement rien), et l’interdit de l’inceste qui barre son désir de retour à la mère, le poussent triplement à la conquête ». Si Soral est dans une métaphysique psychanalysante digne du PMU, De Benoist n’est guère plus fin : « L’homme pénètre et la femme est pénétrée, ce dont il résulte une symbolique évidente ». Soral poursuit : « La femme est fondamentalement sans vision politique et sans projet social, donc [accepte] comme nature, voire indépassable, le système en vigueur […] [C’est justement] parce que la femme est plutôt l’être du désintérêt politique […] que l’oligarchie a choisi d’en faire le relais privilégié de son pouvoir ». Les femmes révolutionnaires (au cœur des journées d’Octobre 1789, de l’insurrection spartakiste et de tant d’autres) et émeutières, les féministes, toutes ces actrices de l’histoire des luttes sociales sont occultées, et « la femme » devient un nouveau « Juif ». Nicolas Bonanni a une explication simple, mais efficace : « Pourquoi cette apologie ridicule de la virilité ? […] Elle leur sert à toucher des gens qui manquent de reconnaissance sociale […], sans parler des ruptures amoureuses pas digérées. Seulement des mâles, certes, mais c’est tout de même un bon créneau » (pp. 19-20). Il y a de ça, certainement : mais il y a surtout et plus généralement un appel à une défense des privilèges patriarcaux. Bonnani manque d’une analyse allant davantage aux racines du patriarcat, mais c’est déjà ça. L’identité indépassable Après une première scène de théâtre assez drôle, Bonanni rappelle l’importance centrale de « l’identité » au sein des théories du trouple. Il rappelle qu’Alain de Benoist fut un grand promoteur du passage du racisme biologique au racisme culturaliste dans l’extrême droite (même si, en réalité, les deux s’interpénètrent historiquement et ne se succèdent pas de manière rigide), racisme culturaliste tout aussi essentialiste, réifiant, transhistoricisant, mais se parant des oripeaux du culturalisme « degôche ». La « Culture » devient un concept clé d’une vision du monde où il n’y a pas d’humanité mais seulement des cultures statiques, homogènes en interne et radicalement hétérogènes entre elles. Bonanni, face à ce racisme culturaliste, développe plutôt une vision constructiviste de l’histoire, même si c’est de manière (trop) timide. Quelques mots sur le complotisme et l’antisémitisme de Soral Les « 10 % » de désaccord entre Zemmour et son compère Soral, où sont-ils ? Soral répond, en comparant Le Suicide français et son propre livre : « Il n’y a que la conclusion qui diffère. C’est qu’à la fin il dit : « Le problème c’est l’Islam et les musulmans » ». Zemmour est en effet tenant d’un gaullisme anti-américanisme et d’un racisme anti-musulman. Soral, au contraire, valorise un islam « patriote » et viril, et professe plutôt un antisémitisme délirant (« caste cachée, officieuse et maudite, accumulation progressivement dans l’humiliation la richesse de l’usure ; énorme moyen par ailleurs de corruption et de domination »), marqué par une « réduction du capitalisme à des individus, des réseaux, des familles, des clans, des tribus, des communautés, des minorités agissantes, des lobbies ethno-confessionnels et des solidarités occultes » (p. 31) : définition même de l’antisémitisme structurel (lequel peut également avoir comme cible, comme chez Eric Zemmour, les musulmans). Petit bémol, outre l’absence d’une théorisation claire de l’antisémitisme structurel (et son rôle comme idéologie contre-révolutionnaire de conservation du capitalisme) : au passage, Bonanni assimile trop vite de Benoist aux positions de Zemmour au sujet de l’islam, contre Soral, alors qu’il a une position relativement distincte. Le capitalisme est un système de valeurs L’ « anticapitalisme » (en réalité, un altercapitalisme, surtout pour Zemmour et pour Soral) du trouple est, pointe justement Nicolas Bonanni, un « anticapitalisme tronqué [l’utilise-t-il au sens de la critique de la valeur ?], essentiellement symbolique. Ce qui caractérise la critique de droite du capitalisme, c’est l’idéalisme […]. Et même lorsqu’aux grandes heures du fascisme la droite a su mobiliser des masses, sa prétendue lutte contre « le Grand Capital » est restée purement symbolique. Quelles que soient ses proclamations, elle n’a pas pour but de défaire l’exploitation, l’aliénation et l’impérialisme, mais de réenchanter le monde capitaliste avec une dose de « valeurs », de religion et de moral, c’est-à-dire d’ajouter une aliénation à une autre » (p. 34). « Symbolique », peut-être, mais alors au sens de Marx selon lequel « lorsqu’une théorie s’empare des masses, elle devient une puissance matérielle » : méfions-nous du caractère seulement prétendument « idéologique » de l’extrême-droite. Quoiqu’il en soit, il est vrai qu’il n’y a jamais eu de lutte anticapitaliste d’extrême-droite, et que celle-ci est clairement idéaliste. La définition du capitalisme de l’auteur est un peu courte (« système techno-économique ») et ses propositions d’oppositions un peu légères (« en construisant des solidarités, en faisant grève, en bloquant des grands projets d’infrastructures »), néanmoins. L’auteur rappelle néanmoins l’alternative manichéenne proposée par ce trio infernal : « vision juive du monde » contre « vision helléno-chrétienne » pour Soral, « rouleur compresseur américain » contre « vision du monde française » pour Zemmour, et enfin « égalitarisme monothéiste » contre « culture européenne des origines » pour de Benoist. Mai 68 ou la décadence Après une deuxième scène de théâtre drolatique, l’auteur revient sur un thème commun : une haine de 68. Zemmour : « Les révolutionnaires de Mai 68 [ont utilisé] la langue marxiste, pour accoucher...]]></description>
		
					<wfw:commentRss>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/nicolas-bonanni-l-amour-a-trois-alain-soral-eric-zemmour-alain-de-benoist/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Grégoire Kauffmann &#8211; Le nouveau FN. Les vieux habits du populisme</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/gregoire-kauffmann-le-nouveau-fn-les-vieux-habits-du-populisme/</link>
					<comments>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/gregoire-kauffmann-le-nouveau-fn-les-vieux-habits-du-populisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2016 10:53:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://sortirducapitalisme.fr/?p=80</guid>

					<description><![CDATA[Grégoire Kauffmann, Le nouveau FN. Les vieux habits du populisme, Paris, Seuil, 2016 Ce livre porte sur la « complète redéfinition stratégique » qu’aurait connue le FN ces dernières années. Mais l’originalité du livre est justement de dire que le « ‘‘nouveau’’ Front national est bien souvent ‘‘ancien’’ ». Cependant fait remarquer l’auteur, docteur en histoire et enseignant à Science Po, « les filiations susceptibles d’être identiques ne sont jamais reproduites à l’identique ». Voilà pour la structure argumentative la plus générale du livre. Nous reviendrons rapidement sur ces points méthodologiques à la fin de cette note. Dans son contenu, la thèse est la suivante, le « nouveau FN » est le dépositaire d’une hybridation comprenant : La revalorisation de l’ « anticapitalisme national » porté au XIXe siècle, par une tendance qui s’est épanouie dans un patriotisme teinté d’antisémitisme et de xénophobie, et qui revendique l’ « héritage populiste des sans-culottes de 1793 » (ce qui a beaucoup marqué le mouvement boulangiste des années 1880). Une ligne « sociale » et « ni droite, ni gauche » qui est un retour au courant du « nationalisme révolutionnaire » porté par les néofascistes d’Ordre Nouveau qui fondèrent le FN en 1972. Les préemptions des valeurs de la République. Pour l’auteur, dès 1995, il y a un changement de cap dans l’orientation du FN, en matière économique. C’est là le virage vers une ligne « sociale » (en abandonnant progressivement l’orthodoxie néolibérale) et vers le « ni droite ni gauche ». Le propos de l’auteur est donc de dire que J.-M. Le Pen est déjà l’initiateur du virage qui va être véritablement acté au FN, en 2011, par Marine Le Pen. Au-delà des querelles de familles, il y a ainsi une certaine continuité. En 2011, c’est finalement la victoire des tenants du retour de l’État, de la défense des services publics, du dirigisme et de l’ « État stratège » (contrôle des prix, surimposition des revenus du capital, nationalisations, revalorisation des salaires et des pensions, retour de l’inflation pour faire baisser le poids de la dette et le chômage, encadrement des taux d’intérêt, etc.) et du « ni droite ni gauche » (Marine Le Pen ne se serait jamais revendiquée « de droite » et ce serait même pour elle une insulte). « Le livre manifeste publié par Marine Le Pen avant l’élection présidentielle de 2012, Pour que vive la France abonde, remarque l’auteur en référence à Marx, à Jaurès ou s’agissant de préemptions plus récentes, en incantations anticapitalistes dues à Emmanuel Todd et Serge Halimi, pilier du Monde diplomatique » (p. 14). Depuis 2011, l’anticapitalisme tronqué de la gauche n’a voulu voir dans la nouvelle orientation antilibérale du FN qu’un leurre, et n’a pas du tout pris au sérieux le problème de ce nouveau creuset où viennent fusionner de nombreux contenus idéologiques de la « gauche de la gauche », c’est-à-dire pour parler clairement, son anticapitalisme tronqué. A gauche, toutes les positions ont été de dire qu’il n’y avait là que l’éternel retour du même, que notre contexte du début de XXIe siècle n’était que le retour des années 1930, autrement dit, on n’a fait que plaquer le vieil antifascisme sur ce « nouveau FN », et selon l’auteur, c’est en partie anachronique. Une thèse de Kauffmann sera ainsi de dire, que ce « nouveau FN » endosse bien de « vieux habits », mais ces vieux habits ne sont pas exactement ceux auxquels nous pensons immédiatement – et en particulier dans nos milieux militants. Mais quoi qu’il en soit, d’après l’auteur, il faudra attendre le début 2015 pour qu’une partie de la gauche de gauche ou même le PS, commencent un peu à dessiller les yeux sur ce « virage » du FN. Virage qui sera progressivement acté par ce genre de formule, « Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 » (Hollande, Canal +, avril 2015). Au même moment, à droite, on prend acte également de cette divergence sur le plan économique entre LR et FN : « Marine Le Pen a le programme économique de l’extrême-gauche » (Sarkozy, France info, 24 mars 2015). Chapitre 1. Les vieux habits de l’anticapitalisme national D’où vient la « greffe socialisante » du « nouveau FN » ? Certes, de transferts de personnes qui viennent à l’origine de la gauche (Filippot – ex-chevènementiste -, Engelmann, Dutheil de La Rochère, etc.) mais aussi de « transferts idéologiques » et, en premier lieu avec ce qu’il faut clairement identifier comme une gauche « sociale-chauviniste », qui comprend tout à la fois un anticapitalisme national de gauche (que nous appellerions bien sûr un anticapitalisme tronqué) et « un jacobinisme d’exclusion mâtiné de xénophobie » (que semble avoir décrit Marc Crapez dans La Gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race). Selon l’auteur, ce n’est donc pas en puisant dans l’anticapitalisme religieux et en rien « national » des catholiques antilibéraux et conservateurs du XIXe siècle (Louis Veuillot, Albert de Mun, Rerum novarum, etc.), que vient se ressourcer le FN. L’auteur montre ainsi que le FN se revendique aujourd’hui moins de la droite réactionnaire et antirévolutionnaire que de l’héritage sans culotte de 1793, du socialisme prémarxiste (comme les décroissants et anti-industriels, et on sait l’écho du thème monté en épingle par Jean-Claude Michéa de la différence entre le premier socialisme et la « gauche » des Lumières) ou antimarxiste. Marat, Hébert, Auguste Blanqui et ses disciples, Henri Rochefort et son journal La Lanterne, le poète communard Clovis Hugues et le socialiste proudhonien Auguste Chirac, « tous prétendent concilier socialisme et patriotisme, ‘‘anticapitalisme national’’ et démocratie directe, dénonciation de l’ ‘‘argent-roi’’ et passion de l’égalité ». « Attachée au travail, à la famille, à la petite propriété, cette constellation socialiste se tient à distance du collectivisme et flétrit l’internationalisme. Valorisant les ‘‘petits’’, contre les ‘‘gros’’, elle se définit surtout négativement, par l’énumération de ses haines, une rengaine contre coquins, escrocs, usuriers, voleurs, vendus, concussionnaires, prévaricateurs, profiteurs, exploiteurs, agioteurs, tripoteurs, corrompus, etc. Au sommet, l’accapareur qui affame le peuple en stockant les denrées pour spéculer, et les pratiques qu’il symbolise : le parasitisme, le monopole et la concentration capitaliste qui lèse les victimes » (Crapez cité par Kauffmann). Cette gauche-là faite de « disciples de Hébert », va succomber on le sait, à l’antisémitisme anticapitaliste assimilant « juiverie » et « parasitisme », dans la lignée ouverte par Alphonse Toussenel, un disciple de Fourier qui écrira en 1845 le livre Juifs, rois de l’époque. Histoire de la féodalité financière. L’auteur montre bien d’ailleurs que le « nouveau FN » n’est pas du tout délivré de son antisémitisme (p. 20), notamment parce que  Marine Le Pen continue à utiliser son champ lexical, mais on voit aussi les réflexes antisémites enfouis ressortir du chapeau dans cette sortie de Marion Maréchal-Le Pen où elle affirmait que « les véritables responsables de cette situation [la situation financière de la Grèce] sont en réalité les gouvernements socialistes d’hier qui, avec la complicité de la banque Rothschild [au lieu de Goldman Sachs], avaient falsifié les comptes grecs » (Bourdin-direct, RMC-BFM TV, 9 juillet 2015). Le livre pointe également les parallèles entre les nouveaux éléments de langage du FN et la rhétorique hébertiste du Père Duchesne, qui a toujours mêlée exaltation du peuple, haine des élites, dénonciation des complots tramés contre la patrie et appels au châtiment des traitres. Pour illustrer ce lien avec le socialisme chauviniste et nationalitaire de gauche, l’auteur prend l’exemple des origines historiques du thème de la « préférence nationale » qui sont clairement à trouver dans une certaine extrême-gauche du XIXe siècle, quand en 1885, le député Jean-Baptiste Pally des Bouches du Rhône propose que les marchés publics comprennent « une clause stipulant que les entrepreneurs ne pourront employer que des ouvriers français » (sic). Thème repris par le blanquiste et ancien communard, Alfred Breuillé comme par Ernest Granger, exécuteur testamentaire de Blanqui. Toutes ces thématiques ne sont pas sans lien d’ailleurs avec la Révolution française selon l’auteur, où l’on va voir apparaître les premiers discours anathématisant « l’étranger » par opposition au « national ». En ce sens où, le « messianisme révolutionnaire » notamment à partir de 1793, est tenté par un double refus : Le premier point est le rejet de l’étranger né hors-sol, exclu de la souveraineté (et donc du « peuple ») réservée aux « nationaux » lors du décret de 6 nivôse an II (26 décembre 1793). Parce qu’en effet, « l’État-nation, en réclamant l’allégeance prioritaire de sujets devenus citoyens, a marqué une étape essentielle et décisive dans la dramatisation de l’altérité ; quitté ce giron, l’Autre devient brutalement un étranger […] ‘‘hors du commun’’, fondamentalement différent, un ‘‘intrus’’ pouvant incarner la dangerosité, la traitrise ou les allégeances douteuses » (Gilles Férréol cité par Kauffmann). Ce point semble évident, et doit être intégré il me semble à une théorie critique de la forme nation. La forme nation et la mise en « nations » des populations à partir du XIXe siècle (ce que Gérard Noiriel appelle la « nationalisation » des populations), déterminent structurellement une nouvelle forme et un nouveau contenu du rapport à l’Autre et donc à la xénophobie moderne. Ici, la forme nation et la xénophobie moderne existent dans une implication réciproque, déterminée par les rapports sociaux capitalistes (mais faute de place, je ne rentre pas ici dans ces développements touchant à une théorie critique marxienne de la xénophobie et du racisme). Le deuxième point est le rejet de l’étranger du dedans, né Français mais pour autant exclu de la communauté nationale pour s’être exclu de l’ « amitié » révolutionnaire. C’est là, une première détermination de l’ « ennemi intérieur ». Au-delà des discours convenus sur l’idéal d’universalité, selon l’auteur, il y a bien dans la Révolution française une volonté de clôturer la communauté nationale, une tension donc entre d’un côté une « fraternité xénophobe » (Mona Ozouf) et de l’autre l’idéal de tolérance et les aspirations universalistes, les deux faces des Lumières capitalistes dirions-nous. Chapitre 2. Un néo-boulangisme La thèse principale de l’auteur ici, est de dire qu’il faut se méfier de l’analogie avec les années 1930. « Contrairement aux meneurs fascistes des années 30, Marine Le Pen ne prétend pas combattre la République, mais la ‘‘rétablir’’, corriger ses insuffisances, renouer avec ses principes » (p. 28). Le parallèle avec le phénomène boulangiste (entre 1886-1888, du général Boulanger) ouvre à ses yeux des perspectives bien plus stimulantes. D’abord, l’auteur présente l’analogie sous la forme de l’identité des contextes socio-économiques. 1873, krach boursier de Vienne et grande dépression jusqu’au milieu des années 1890. Point la peine ici de rappeler le contexte des années 2000-2010. Crises, restructurations du rapport capitaliste, angoisses. Ces deux contextes « produisent leur lot d’exclus, désenchantés d’une modernité dont ils ne recueillent pas les fruits ». Au niveau des contenus, les points de similarité entre le boulangisme et le « nouveau FN » sont les suivants : D’identiques frustrations des catégories sociales les plus fragilisées par l’ouverture économique (la « première mondialisation » des années 1860-1880 ; et celle qui opère depuis les années 1980). Une dimension « ni droite ni gauche » qui caractérise le boulangisme comme ce « nouveau FN », au travers d’une transversalité des électorats, et des soutiens militants, puisque une partie de la gauche et de l’extrême-gauche soutiendra, on le sait, Boulanger (pensons aux blanquistes), aux côtés de royalistes. Un nationalisme républicain traduisant un désir d’ordre, d’autorité, cherchant à se retremper aux sources de la « Grande révolution » nationalitaire, avec son social-chauvinisme héritier du sans-culottisme. Un appel au « coup de balai » salvateur contre les élites corrompues, qui prend la forme d’une opposition à la démocratie parlementaire au profit d’une démocratie directe. Comme tous les nationaux-populistes, Marine Le Pen avance officiellement la thématique des référendums d’initiative populaire sur le modèle suisse ou californien (thématique propulsée depuis 1974 par le Club de l’Horloge, cercle d’extrême-droite). Cet emprunt au boulangisme, « coexiste [selon Grégoire Kauffmann] avec d’autres influences, nées dans le sillage de la droite contre-révolutionnaire » et catholique intransigeante. L’auteur pense ici essentiellement à la « conception figée de la communauté nationale ». Car de nombreux dirigeants frontistes « sacrifient à une conception christianisée de l’identité nationale ». Il y a là, selon l’auteur, comme une tension avec le nationalisme républicain endossé par le « nouveau FN », parce que ce dernier reste toujours marqué par le nationalisme ethno-linguistico-culturel hérité on le sait de la conception identitaire allemande de la « nation » (Friedrich Jahn et son « Volkgeist », Herder, Fichte, etc.). Cependant, ici, l’auteur nous semble méconnaitre les travaux de Gérard Noiriel dans État, nation et immigration, qui a critiqué de manière pertinente nous semble-t-il, l’opposition classique et sans nuances entre les « modèles » de la « nation » à la française (libre choix) et à l’allemande (ethno-linguistique-culturelle)....]]></description>
		
					<wfw:commentRss>https://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/gregoire-kauffmann-le-nouveau-fn-les-vieux-habits-du-populisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au-delà des Lumières capitalistes, contre l’extrême-droite anti-Lumières</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/au-dela-des-lumieres-capitalistes-contre-l-extreme-droite-anti-lumieres/</link>
					<comments>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/au-dela-des-lumieres-capitalistes-contre-l-extreme-droite-anti-lumieres/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Oct 2016 16:26:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://sortirducapitalisme.fr/?p=69</guid>

					<description><![CDATA[Une critique émancipatrice des Lumières capitalistes (du libéralisme, du marxisme-léninisme, du fascisme et du nazisme), pour une pensée révolutionnaire au-delà des Lumières, et contre l’extrême-droite anti-Lumières (Alain de Benoist) – avec Benoît, militant d’Alternative Libertaire (théoricien critique, professeur de philosophie). Une émission de novembre 2016 de critique émancipatrice des Lumières capitalistes (du libéralisme, du marxisme-léninisme, du fascisme et du nazisme), pour une pensée révolutionnaire au-delà des Lumières (Adorno, Horkheimer, Kurz, Trenkle), et contre l’extrême-droite anti-Lumières (Alain de Benoist, idéologie völkisch, « révolution conservatrice » allemande). Avec une première partie (1 heure 20 minutes) de critique des figures actuelles des Lumières capitalistes et des anti-Lumières (Alain de Benoist), d’introduction aux caractéristiques générales des Lumières et des anti-Lumières, de discussion du rapport (évolutif, d’abord acritique, puis dialectique) de Marx aux Lumières, et de présentation des thèses contre l’Aufklarüng de Norbert Trenkle (sur La Dialectique de la Raison d’Adorno et d’Horkheimer). Et une deuxième partie (1 heure 10 minutes) une histoire critique des Lumières capitalistes franco-anglaise (LJohn Locke, Voltaire, physiocrates) et des anti-Lumières allemandes (Herder, idéologie völkisch, « révolution conservatrice » allemande, nazisme), une critique émancipatrice des Lumières (Kurz, Lukacs) et particulièrement de Kant. Liens Autres émissions L’antisémitisme de l’extrême-droite néo-païenne Division capitaliste du travail Autres articles Négativité brisée Critique de l’Aufklärung : huit thèses Norbert Trenkle C’est sans doute La Dialectique de la Raisonqui nous a fait prendre conscience du revers irrationnel de la raison des Lumières. L’origine de ce caractère bifide, pour Horkheimer et Adorno, se situe dans le détachement manqué d’avec la nature. L’Aufklärung, raison moderne et rationnelle dont ils font remonter la naissance à la Grèce antique, résulterait d’un effort des hommes pour surmonter leur peur face aux forces de la nature – mais en se démarquant aussi du mythe, qui représentait déjà une première manière de gérer cette peur. Dans la mesure où le mythe porte encore les traits d’une adaptation à la nature et à ses puissances (mimésis), l’Aufklärungprend nettement ses distances par rapport à lui. La genèse de l’individu auto-identique et rationnel se fonde alors sur le reniement du fait qu’il se trouve lui-même sous l’emprise de la nature, et c’est précisément ce reniement qui est la source de la violence et de l’irrationnel, et constitue par conséquent le côté sombre de l’Aufklärung pouvant à tout moment refaire surface. Le principal danger réside dans le retour brutal de ce refoulé. Tout comme la société qui se fonde sur elle, l’Aufklärung resterait de ce fait une construction précaire. Pour la parachever, il faudrait que les individus et la société portent la réflexion sur le refoulé et qu’ait lieu une réconciliation avec la nature intérieure et extérieure. Le grand saut qualitatif effectué par La Dialectique de la Raison, c’est qu’on y envisage l’« autre de la raison » et la menace qu’il fait courir. Certes, même la pensée rationaliste vulgaire n’a jamais perdu de vue que la raison est constamment sous la menace d’un possible surgissement de l’irrationnel, mais elle interprétait ce fait de façon purement légitimatrice. De son point de vue, il lui semblait que, sous le mince vernis de la civilisation, rôdait encore la primitive « nature humaine », qu’elle montrait sans cesse à nouveau son sinistre visage et qu’il fallait de ce fait la combattre et la réprimer sans relâche. Tout cela n’a pas grand-chose à voir avec une autocritique de l’Aufklärung. Bien au contraire : en invoquant l’irréductible opposition entre nature et culture, la raison ne fait rien d’autre qu’affirmer son point de vue. Domination (et maîtrise de soi individuelle) sont déclarées nécessaires pour conjurer les forces naturelles déchaînées et les empêcher de resurgir. Un raisonnement que l’on peut sans peine allier à un point de vue raciste et culturocentriste à partir duquel toutes les autres cultures, les cultures non occidentales, apparaîtront singulièrement sous l’emprise de la nature et des sens, et devront pour cette raison être « civilisées » – de force si nécessaire. L’élément dialectique qu’apportent Horkheimer et Adorno consiste à retourner ce schéma de pensée contre l’Aufklärungmême. D’après eux, ce qui menace la culture, ça n’est pas la nature ou l’élément barbare dans la nature, mais le refoulement brutal et la répression du naturel. Violence et domination sont donc inscrites dans la raison moderne même, cette raison à ce point sous l’empire de la nature que, dans un premier temps, elle n’est pas parvenue à se détacher d’elle.Mais Horkheimer et Adorno ont beau ouvrir de vastes perspectives pour une critique fondamentale de l’Aufklärung, ils restent pourtant à maints égards prisonniers de son univers mental. Cela touche en premier lieu le concept même de la raison des Lumières, que La Dialectique de la Raison appréhende transhistoriquement. En déplaçant l’origine de la rationalité moderne et en la faisant remonter à l’Antiquité grecque au lieu de la situer dans le processus de constitution de la modernité capitaliste, Horkheimer et Adorno en brouillent les traits spécifiquement historiques. On rejoint dès lors la conception selon laquelle, avant l’apparition de la raison moderne, l’humanité entière aurait vécu dans les ténèbres de la naturalité ou aurait été l’esclave du « mythe ». La raison moderne et rationnelle est prise pour la seule forme de raison qui ait jamais existé. Horkheimer et Adorno demeurent en cela sous l’emprise de la prétention universaliste hypertrophiée de l’Aufklärung, et surévaluent celle-ci en faisant d’elle l’unique forme de raison – c’est-à-dire de pensée réflexive et critique – connue à ce jour. Mais malgré tout : en s’intéressant au côté sombre de l’Aufklärung, ils vont déjà au-delà de l’Aufklärung. Si à présent nous envisageons la raison des Lumières pour ce qu’elle est – une forme de réflexion historiquement spécifique propre à la modernité capitaliste – c’est non seulement l’histoire de sa constitution mais aussi sa dialectique interne qui se présentent autrement que chez Horkheimer et Adorno. Certes, la démarcation brutale par rapport à la nature et la prétention à dominer la nature (ou ce qui apparaît comme tel) sont des moments constitutifs. Mais cette démarcation n’a absolument pas lieu au commencement de la pensée et de la réflexion rationnelles ; elle n’intervient pour la première fois qu’avec la naissance de la société bourgeoise. Le rejet horrifié de la nature est essentiel à l’édifice d’une raison qui ambitionne de réduire la pensée à une activité pure, désincarnée et détachée des sens (Descartes, Kant). Pourtant, cette réduction n’est pas l’expression d’une séparation originelle d’avec la nature, mais résulte de ce que la médiation sociale en vient à s’aligner sur le principe abstrait de la valeur et du travail abstrait. L’Aufklärung« invente » donc cette nature menaçante dont il lui faut ensuite se démarquer brutalement, et cette « invention » représente un acte inconscient. Cela ne vaut pas seulement pour la « nature extérieure », que la technique permet de rendre exploitable et de mettre en coupe réglée. Plus décisive encore pour la constitution du sujet moderne (structurellement défini comme « masculin ») s’avère la lutte violente contre la « nature intérieure », autrement dit contre la présumée vulnérabilité de l’être humain face à sa propre sensualité. Dissociée du sujet et projetée sur un « autre » construit de toutes pièces (les « femmes », les « peuples primitifs »), la nature intérieure se voit, à travers cet « autre », à la fois idéalisée et méprisée, convoitée et combattue. Sexisme et racisme sont en ce sens indissolublement liés à la constitution du sujet de l’Aufklärung. Dès lors, la critique de l’Aufklärungchange de point de vue. Loin d’être une première tentative, tragique et infructueuse, visant à la constitution d’une raison transhistorique, l’Aufklärungse révèle faire pleinement partie de la forme capitaliste de domination abstraite. Ce repositionnement historique permet une critique de l’Aufklärung et de son revers irrationnel infiniment plus précise et incisive, susceptible d’être rapportée au processus de déploiement du capitalisme. Il n’interdit en revanche aucunement de reconnaître que certaines catégories de l’Aufklärung contiennent d’indéniables moments de libération sociale. L’individu, notamment, représente une libération par rapport à l’étroitesse de normes et de conditions de vie traditionnelles extrêmement contraignantes ; l’universalisme pointe vers une société mondiale sans frontières ; et la prétention de la raison critique à renverser toutes vérités indiscutées et certitudes religieuses mérite en soi, bien évidemment, notre approbation. Malgré tout, on ne devra pas perdre de vue que ces moments sont toujours incorporés à des catégories qui reproduisent, dans leur configuration même, les structures de la domination abstraite de la valeur. L’individu capitaliste est par essence individu de la concurrence, qui met en œuvre en sa propre personne comme chez les autres membres de la société le processus de chosification ; l’universalisme abstrait, de par son caractère interne, fait de la relation formelle abstraite un contexte de domination universelle matérialisé non seulement par le marché mondial mais également par les formes capitalistes d’action et de pensée ; quant à la raison critique, elle légitime la soumission à des principes a priori (Kant, Hegel) et, de ce fait, ne parvient pas à s’affranchir de la métaphysique mais représente plutôt une forme de religion sécularisée. À cela s’ajoute encore le fait que ces catégories contiennent toujours aussi leur antithèse dissociée, dont elle ne peuvent se débarrasser tant qu’elles demeurent à l’intérieur de la matrice de la domination abstraite : le désir de voluptueuse soumission au collectif, le rejet du sensible (conçu à la fois comme inférieur et menaçant, et de toute façon réintégré lui-même en tant qu’instrument), les diverses formes de religionisme et d’irrationalisme, etc. La pensée émancipatrice ne saurait donc se référer de façon obstinément positive aux catégories de l’Aufklärung ; pas même au sens où l’Aufklärungresterait inachevée dans le capitalisme et où l’enjeu consisterait à la mener à son terme, comme le croit la gauche traditionnelle et comme cela hante tous ses idéaux (largement répandus), d’après lesquels seule une société non capitaliste pourrait permettre de réaliser la « vraie démocratie » et les droits de l’homme. Dès que nous envisageons le dépassement du capitalisme en termes de réalisation de l’Aufklärung, nous voyons toutes les formes de pensée et d’action qui lui sont associées et toutes les formes de médiation sociale qui s’appuient sur elle revenir subrepticement s’insinuer dans nos représentations d’une société libérée (sujet, égalité, droit). Ce qu’il faut, au contraire, c’est nous attacher fermement à ce que la critique de la société capitaliste n’épargne pas même l’Aufklärung. Quant à ces moments qu’elle contient et qui pointent vers la libération sociale, ils devront passer au crible de la critique de l’Aufklärunget de ses catégories. Ces moments ne sont pas à « réaliser » mais, au même titre que le mode de production et le mode de vie capitalistes, à dépasser [aufheben], au triple sens hégélien du terme. Du reste, on veillera également à ne pas attribuer « aux Lumières » le mérite de tout ce que la société bourgeoise a pu produire en termes de moments tendanciellement prometteurs. Une part non négligeable de ces moments provient en fait de la critique des formes capitalistes de domination, même si, bien souvent, c’est en invoquant les Lumières, la démocratie et les droits de l’homme que l’on a mené des actions en justice et que l’on s’est battu. Dans le cadre de l’Aufklärung, une autre dialectique est possible, qui consiste à opposer sans répit la réalité effective aux prétentions, à stigmatiser par exemple la violence étatique en invoquant les droits de l’homme (en dépit du fait que l’État a pour tâche de maintenir en place les formes capitalistes, moyennant au besoin une violence impitoyable), ou encore à dénoncer, au nom de la démocratie cette fois, le fait accompli d’une mise sous tutelle de toute la société par les processus aveugles de la logique de valorisation. La gauche traditionnelle a généralement taxé d’idéalisme ce type d’accusations, puisqu’elles opposent les idéaux à la réalité. À l’inverse, on a considéré comme matérialiste le point de vue selon lequel la bourgeoisie aurait trahi ses propres idéaux pour consolider sa domination de classe, l’enjeu consistant à présent à réaliser dans le socialisme ou le communisme les principes, bons en eux-mêmes, de l’Aufklärung (voir plus haut ; Adorno est d’ailleurs aussi de cet avis, à ceci près qu’il ne place guère d’espoir dans le mouvement communiste). Du point de vue d’une critique radicale de l’Aufklärung, les choses se présentent quelque peu différemment : là où l’on critique la réalité capitaliste au nom des Lumières et des droits de...]]></description>
		
					<wfw:commentRss>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/au-dela-des-lumieres-capitalistes-contre-l-extreme-droite-anti-lumieres/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		<enclosure url="https://sortirducapitalisme.fr/wp-content/uploads/lumieres1.mp3" length="83208347" type="audio/mpeg" />
<enclosure url="https://sortirducapitalisme.fr/wp-content/uploads/lumieres2.mp3" length="72782935" type="audio/mpeg" />

			</item>
	</channel>
</rss>
