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	<title>eco-marxisme &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>eco-marxisme &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>Le marxisme écologique en débat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jan 2023 20:25:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une présentation des théories et des débats d’Andreas Malm et de Jason Moore, deux des principaux penseurs du marxisme écologique contemporain – avec Benjamin, doctorant en sociologie et en philosophie à l&#8217;EHESS. L’épisode (1 heure 10 minutes) comporte : 1’05 : Une présentation des deux auteurs et leurs œuvres : Andreas Malm (inventeur du concept de Capitalocène) et Jason Moore, dont l’ouvrage Capitalism in the web of life a été traduit en français en 2020 aux Editions l’Asymétrie ; 4’30 : Une présentation des filiations et approches disciplinaires historiques de Moore (histoire globale, théorie des systèmes mondes, utilisation de sources secondaires) et de Malm (histoire politique et environnementale notamment à partir d’un travail d’archives) ; 6’00 : Une analyse des perspectives politiques de Moore (prête attention aux mouvements contemporains, approche anthropologique de « changement de monde »), Malm (vision stratégique : lignes politiques et objectifs courts termes d’arrêt de l’économie fossile), liés à leur parcours militants respectifs (7’50) ; 8’48 : Une discussion de leur discorde autour du dualisme nature/société. Pour Moore, ce dernier est un fondement de la modernité capitaliste et devient une cible de l’action politique, tandis que Malm préserve certaines modalités du dualisme pour conserver les apports de sciences climatiques ; 12’50 : Une présentation de leurs approches épistémologiques, avec Moore plutôt poststructuraliste, et Malm proche à certains égards du marxisme classique ; 15’15 : Un approfondissement sur Jason Moore, de sa théorie de l’émergence du capitalisme, et de ses apports à l’histoire environnementale du « système monde » d’Immanuel Wallerstein ; 17’37 : Une présentation de la notion de crise socio-écologique au prisme 1) du féodalisme et 2) des cultures de plantation 23’50 : Un approfondissement de la notion de double internalité/dialectique de la nature et l’humanité, suivi d’un appel à une histoire environnementale post-dualiste et d’une discussion des conséquences politiques de cette approche (27’10) ; 32’30 : Une discussion de la notion de bifurcation, et de limite interne dans la crise écologique du féodalisme ; 34’14 : Une présentation de la théorie spécifique du capitalisme pour Moore, qui s’intéresse au rapport entre exploitation et appropriation (accaparement du travail des exclus pour permettre d’assigner une valeur à la force de travail), notamment à travers l’exemple des plantations et cultures d’hévéa (37’30), tout en affirmant que les êtres non-humains appropriés conservent un potentiel de devenir-propre / potentiel de rébellion / agency… (42′), ce qui est d’ailleurs un élément de discorde avec Malm (43’10) ; 49’45 : Un approfondissement d’Andreas Malm et de sa théorie de l’émergence du capitalisme, qui la situe classiquement en Angleterre mais sans déterminisme technologique, puisqu’il s’intéresse aux rapports de classes en lien avec l’utilisation de l’énergie hydraulique, et leur évolution qui pousse au passage au charbon et à la machine vapeur ; 57’18 : Une présentation de l’analyse de la situation actuelle par Malm comme un déni généralisé (refus actif de voir la masse cumulée des gaz à effets de serre) auquel il serait urgent de mettre fin afin de faire dévier le cours de l’économie fossile, car la nature n’est pas qu’une construction sociale (contre un relativisme/constructivisme) ; 1h01’18 : Une explication du conflit avec Moore, et notamment sur la conservation des acquis de la science climatique (nécessaire pour Malm), d’où l’appel de Malm à un dualisme spécifique (monisme de la substance, dualisme des propriétés) ; 1h04′ : Un retour sur la polémique entre Malm et Moore et sa postérité, entre divergences stratégiques et continuités ; 1h07′ : Malm, un léninisme écologique face à l’urgence climatique ? Moore, vers une révolution anthropologique totale ? Une conclusion qui appelle à une complémentarité plutôt qu’à une opposition de ces approches. Liens Emissions évoquées ou en lien Coronavirus, crise écologique et capitalisme L’émergence du capitalisme, en Angleterre L’industrialisation du capitalisme – avec Armel Campagne Pour une histoire spécifique et globale de l’émergence du capitalisme Lectures [Guide de lecture] Le marxisme écologique Le choc des éco-marxismes face au dérèglement climatique Le capitalisme dans la toile de la vie Crédits Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique de Las 4 Estaciones – Verano (Presto) de Daniel Bautista (Classics and Soundtracks, 2004). Un montage de Tom C. Une présentation de Tom C. et d’Armand Paris.]]></description>
		
		
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		<title>Coronavirus, crise écologique et capitalisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2021 16:14:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[Andreas Malm]]></category>
		<category><![CDATA[covid19]]></category>
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					<description><![CDATA[Une émission qui va aux racines du capitalisme producteur de dérèglement climatique et de pandémies à partir du livre d’Andreas Malm La chauve-souris et le capital. Stratégie pour l&#8217;urgence chronique (La Fabrique, 2020) – avec Tim, qui s’intéresse aux questions écologiques dans une perspective marxienne. &#160; L’émission (1 heure 10 minutes) comporte : Une analyse des racines capitalistes (déforestation, urbanisation, mondialisation) des pandémies contemporaines (coronavirus, SIDA, choléra) ; Une critique des discours racistes anti-chinois au sujet des racines du coronavirus, avec un rappel du caractère non-spécifiquement chinois du trafic d’animaux sauvages ; Une description de l’échange écologique inégal global et de ses conséquences écologiques et pandémiques ; Une analyse des différences en termes de gestion étatique des pandémies (gérable à un niveau national) et du dérèglement climatique (devant être géré à un niveau global), et entre traitement superficiel du coronavirus (mesures sanitaires) et traitement de ses racines (capitalisme), ce qui explique l’absence de solution capitaliste face aux pandémies et face au dérèglement climatique (quoique de manière différente) ; Une discussion des thèses de Malm par rapport à celles de Moore, éco-marxiste post-dualiste ; Une critique du léninisme écologique de Malm, de son anthropologie individualiste faisant de l’affirmation de l’État un horizon indépassable en matière d’action collective écologiste, et de son programmatisme s’appuyant sur un capitalisme d’État mondial régulé à visage écologique. Liens Émissions évoquées ou en lien Biopolitique, rationalité scientifique et luttes anti-sanitaires à l’ère du coronavirus Par-delà conspirationnisme et anti-conspirationnisme conservateur. Une analyse matérialiste critique des conspirationnismes à l&#8217;ère du coronavirus Validisme et darwinisme social à l’ère du coronavirus Pour une écologie anti-capitaliste, anti-raciste, anti-patriarcale Murray Bookchin, pour une écologie libertaire anti-capitaliste L’industrialisation du capitalisme – avec Armel Campagne Articles évoqués ou en lien Notes sur le nouveau coronavirus Le Covid-19 et les circuits du Capital Agrobusiness &#38; épidémie : d&#8217;où vient le coronavirus ? Grève pandémique et coronavirus]]></description>
		
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		<title>Pour une écologie anti-capitaliste, anti-raciste, anti-patriarcale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Sep 2018 17:14:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En collaboration avec Guillaume Deloison, une présentation de La nature est un champ de bataille (La Découverte, 2018) du sociologue éco-marxiste Razmig Keucheyan. Avec une défense, à partir de ce livre, d&#8217;une écologie anti-capitaliste, anti-raciste, anti-patriarcale : une écologie politique émancipatrice. &#160;]]></description>
		
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		<title>Willy Gianinazzi &#8211; André Gorz, une vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 20:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
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		<category><![CDATA[marxisme]]></category>
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		<category><![CDATA[ultra-gauche]]></category>
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					<description><![CDATA[Willy Gianinazzi, André Gorz, une vie, Paris, La Découverte, 2016 Gérard Horst, alias Michel Bosquet, alias André Gorz est né en 1923 et décédé en septembre 2007 ; il est l’un des plus grands penseurs contemporains de l’écologie politique. En 350 pages, l’historien Willy Gianinazzi retrace de façon chronologique un parcours d’intellectuel singulier, imprégné des pensées de Marx, Husserl, Sartre et Illich, et qui n’a cessé de poser la question centrale de l’émancipation humaine et du travail. Cette première biographie nous offre le récit de l’évolution de la vie, de l’engagement et de la pensée de Gorz, centrale dans le champ de la pensée française de la seconde moitié du XXème siècle, et malheureusement aujourd’hui très peu étudiée dans les milieux universitaires. Penseur existentialiste, anticapitaliste, marxiste hétérodoxe, pionnier de l’écologie politique et de la décroissance, les territoires théoriques qu’il ne cessera d’explorer nous sont pourtant plus que jamais contemporains. Ses idées évoluent radicalement entre sa rencontre avec l’existentialisme de Sartre dans les années 1950, et ses positions plus tardives sur la réduction du temps de travail,  la critique du progrès technique illimité, l’analyse structurelle de l’aggravation conjointe des crises écologiques et économiques… Gianinazzi tente, tout au long du livre, de faire ressortir à la fois les ressorts de cette évolution et la cohérence d’une philosophie qui s’est transformée au fil d’une lente maturation qui prendra le temps d’une vie. Journalisme, pensée critique et engagements L’intellectuel André Gorz est d’abord connu pour son travail de journaliste rédacteur aux Temps modernes, sous le nom de Michel Bosquet, dans l’Express puis comme co-fondateur du Nouvel Observateur. Son emploi de journaliste, qu’il considère avant tout comme alimentaire, lui permet de suivre de près les évolutions concrètes de la structure des sociétés occidentales et ses réflexions, en premier lieu dans une veine dérivée du marxisme puis dans l’optique de l’autogestion et de l’autonomie, influent sur sa manière de traiter l’actualité, ce qui ne va pas, évidemment, sans générer certaines frictions avec sa hiérarchie éditoriale. On peut lire très tôt sous la plume de Gorz des considérations sur le rapport des individus au travail, ou sur le déplacement de la source du conflit social d’une volonté d’accroître le salaire à celle d’améliorer la vie dans son ensemble – du passage, en somme, d’une lutte quantitative pour la survie à une lutte qualitative pour la vie. Avant les bouleversements politiques et culturels qu’allait occasionner Mai 68, Gorz note l’évolution d’un capitalisme qui intègre la vieille classe ouvrière en générant de nouveaux modes de consommations et de nouveaux besoins. Le glissement de l’aliénation va du travail à la vie elle-même, et ce déplacement analytique progressif se perçoit dans l’évolution de la pensée de Gorz qui se radicalisera petit à petit. De l’existentialisme au marxisme  D’abord ingénieur chimiste diplômé de l’École d’ingénieurs de l’Université de Lausanne dans les années 1940, il se met plus tard à la philosophie et participe aux rencontres de la société d’étudiants de Belles Lettres. A cette époque, il porte surtout un intérêt à la phénoménologie d’Husserl et à l’œuvre de Sartre ; la rencontre avec lui l’année suivant marque le début de son parcours intellectuel. L’introduction à Belles Lettres et la rencontre avec Sartre ont été des étapes déterminantes sur le chemin qui conduit Gorz de son égoïsme nihiliste premier à l’ouverture à l’autre. La découverte des réalités à travers le journalisme en est une supplémentaire. Débutant dans la vie active comme traducteur de nouvelles américaines chez un éditeur suisse, il publie ses premiers articles dans un journal de gauche de Lausanne, Servir. En juin 1949, il déménage à Paris ; en signant dans L’Express son premier article d’économie, en 1958, il se fait le « spécialiste » d’un domaine qu’il va cultiver dans le journalisme pendant près de vingt cinq ans. Dans ses premiers écrits, il adopte une interprétation existentialiste du marxisme, dont le fil conducteur est l’attachement à l’expérience existentielle, qui l’amène à analyser les questions d’aliénation, de libération et de travail, du point de vue humaniste du vécu individuel. Dans Le Traitre (1958) qui tient de l’auto-analyse et de l’essai philosophico-politique, il théorise les conditions de la possibilité d’une auto-production de l’individu. Il ébauche avec La Morale de l’histoire (1959) une théorie de l&#8217;aliénation à partir des écrits de jeunesse de Karl Marx. Au cœur de sa réflexion s’impose donc la question de l&#8217;autonomie de l’individu : libérations individuelle et collective se conditionnent mutuellement, idée qu’il partage avec Herbert Marcuse, ami personnel mais surtout grande figure d’une École de Francfort dont les différentes générations d’auteurs (Max Horkheimer, Theodor W. Adorno, Jürgen Habermas, Oskar Negt) constituent l’autre grand faisceau des auteurs qu&#8217;il étudie. En critiquant, à leur suite, la soumission de la société aux impératifs de la raison économique, il poursuit le projet qui sous-tend l’approche francfortienne – dépasser l’économisme de l’analyse marxiste traditionnelle de la société. Sa sensibilité existentialiste le fait pourtant se démarquer du structuralisme, qui postule la centralité de la structure et laisse peu de place à la question du sujet et de la subjectivité. Ces outils théoriques l’amènent ainsi à critiquer radicalement le capitalisme et à briser les dogmes du marxisme orthodoxe au nom de ce qui doit être rendu possible en fonction des besoins et des exigences humaines. Ce faisant, il reformule l’idéal du communisme sur la base d’un marxisme humaniste et existentialiste sur laquelle pourrait se construire une gauche différente : anti-productiviste et écologique, mais également anti-déterministe.  Illich et la technique : l’écologie politique, dimension de la critique du capitalisme À la source marxiste, il faut ajouter la rencontre, décisive, avec Ivan Illich, dont il suivit, dans les années 1970, les séminaires au centre mexicain de Cuernavaca.  C’est à partir d’Illich qu’il procède en effet à une critique d’ensemble de la société industrielle avancée, qui ne se limite pas à l&#8217;économie, mais intègre tous les aspects de la société et notamment la question des institutions : de l&#8217;énergie à la médecine, et de l&#8217;école aux transports. Sous le signe du projet convivialiste d’Illich, Gorz effectue la connexion entre l&#8217;analyse marxiste des sociétés capitalistes et la critique écologiste de la démesure et des dysfonctionnements des sociétés industrielles. Ainsi est né, pour lui, le projet d’une écologie spécifiquement politique visant un nouveau modèle de civilisation et la perspective d’une alternative formulée en termes de convivialité. Il s’agit d’une utopie qui mêle à la fois une réappréciation des traditions et savoir-faire populaires, des communautés humaines d’interconnaissance et une promotion d’outils à dimension humaine. Ces outils font appel aux possibilités des technologies modernes, mais visent la production d’objets singuliers répondant aux besoins et désirs personnels des individus d’une part, à un exercice du travail dont les fins et le sens demeurent toujours sous contrôle de l’individu d’autre part. Cet ensemble de traits s’oppose à la fois à la démesure de la techno-science moderne appliquée à l’industrie et à l’aliénation aux méga-machines et mégastructures. Gorz rejette ainsi une division croissante du travail  qui conduit à une professionnalisation indue au détriment de la polyvalence des individus dans les sociétés préindustrielles.  Adieux au prolétariat : travail autonome et travail hétéronome En 1980, Gorz publie ses Adieux au prolétariat. Au delà du socialisme, qui marquent une rupture par rapport aux analyses et aux espoirs qu’il avait placé dans La Morale de l’histoire et Stratégie ouvrière et capitalisme : il abandonne le mythe prométhéen du prolétariat révolutionnaire. En revanche, il prolonge et approfondit sa réflexion post-68 qui l’avait amené à se rallier au mouvement écologiste et à durcir sa critique de la division du travail. Les problématiques qui l’animent alors sont la généralisation de l’automation, l’apparition de l’informatique et l’extension de la division du travail productif, qui sont pour lui des causes de la déqualification du travail et d’un chômage de plus en plus structurel. Prenant acte des limites historiques qui font obstacle à une réconciliation entière de la société avec elle-même, Gorz propose de distinguer entre deux grandes parties de la vie sociale, séparées dans l’espace et dans le temps. D’une part, la grande production industrielle de masse a l’avantage de nous offrir des biens standardisés produits à grande échelle et à bas coût, propres à nous fournir l’équipement de base de notre vie quotidienne. Dans cette sphère, le travail est nécessairement aliéné et exploité. Si cette sphère ne peut être éliminée, elle peut être cependant régulée et les conditions de travail peuvent y être améliorées. C’est la sphère du travail hétéronormé. Il convient de la maintenir, autant que faire se peut dans des limites étroites pour permettre à un travail « autonome », extérieure à elle, de se développer et de s’étendre. D’autre part, Gorz conçoit la sphère du travail autonome dans une perspective individualiste. Dans le travail autonome, l’individu renoue avec la part, irréductible, de sa subjectivité. Il s’y adonne à la production de soi comme sujet, là où le capitalisme le réifiait en le contraignant à se fondre dans des cadres sociaux abstraits imposés de l’extérieur. Cette disposition à travailler de soi-même, par soi-même et pour soi-même se fonde toutefois sur la mise à disposition d’outils techniquement sophistiqués mais conviviaux, dans des ateliers collectifs locaux. Société de l’intelligence et capitalisme cognitif Le XXème siècle s’achevant, André Gorz prend toute la mesure des dernières évolutions du capitalisme qui, après avoir délaissé l’industrie pour les services, déplace son centre névralgique de la sphère productive à la sphère financière. Il analyse cela comme un procès de « dématérialisation ». En janvier 2003, Gorz publie L’Immatériel. Connaissance, valeur et capital, qui sera son dernier ouvrage théorique édité de son vivant ; il mène préalablement un long travail d’appropriation des littératures qui discutent de l’immatérialité qui gagne le capitalisme contemporain. Hormis les rédacteurs de Transversales (Robin, Viveret, ect), il suit avec intérêt les nombreux auteurs de la mouvance post-opéraïste qui s’expriment notamment dans Futur Antérieur (Negri, Lazzarato, Virno, Vercellone, ect) puis dans Multitudes (Yann Moulier-Boutang, Antonella Corsani…) L’Immatériel s’ouvre sur une relecture du passage que Marx dédie dans les Grundrisse à l’apothéose du machinisme capitaliste. Dans les années 1960, Gorz y avait vu la justification de l’autogestion ; dans les années 1980, la décentration hors du travail des capacités d’épanouissement des individus ; depuis la moitié des années 1990, il y décèle un procès d’intellectualisation du capital qui réduit peu à peu l’assise matérielle de sa production : le communisme qui pourrait naître de ce procès serait alors une « société de l’intelligence ». A l’heure des machines automatiques, la connaissance devient, selon sa lecture de Marx, la force productive principale. Le travail dans sa forme immédiate cesse d’être la mesure de la richesse sociale qui dépend désormais du niveau  général de la science et du progrès de la technologie. Ce « travail immatériel » est dès lors impossible à quantifier, et met en crise la théorie marxienne de la valeur-travail.  L’immatériel affiche un certain optimisme quant aux possibilités émancipatrices que contient l’économie de la connaissance : il voit dans les partisans des logiciels libres et les communautés de « hackers » une forme de communisme traitant les connaissances comme un bien commun et dans lequel leur mise en commun abolirait le rapport d’échange, le rapport d’argent. Ces savoir-faire se soustrairaient, par nature, à la loi de la valeur et de l’échange marchand, et devraient conduire  nos sociétés à une situation d’abondance et de gratuité. Anticapitalisme et critique de la valeur Le brusque arrêt de l’emballement immobilier aux États-Unis en juillet 2007 et la crise bancaire internationale qui s’ensuit à l’autonome 2008 interrogent Gorz dans sa tentative de décrire le nouveau chemin pris par le capitalisme post-fordiste. Depuis les Métamorphoses du travail, Gorz a fait beaucoup de chemin : dans ce livre il s’efforçait de tracer les contours de l’autonomie pour mieux s’accommoder de l’inévitabilité et même du bien fondé de l’hétéronomie économique. Dans Capitalisme, socialisme, écologie, il sacrifiait à la thèse polanyienne d’un ré-encastrement de l’économie dans la politique et la société, avec là aussi le souci de sauver la raison économique. Dans Misères du présent, richesse du possible, enfin, l’autonomie créatrice restait dépendante de la circulation marchande par la distribution de moyens de paiement sous forme d’allocation universelle. Les solutions qu’il préconisait alors, qui proposaient un aménagement du capital mais jamais véritablement sa destruction ou son dépassement, lui semblent à présent moins pertinentes : l’économie capitaliste se...]]></description>
		
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