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	<title>domination sexuelle &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>domination sexuelle &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>La domination sexuelle masculine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2019 14:42:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sortir du patriarcapitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[culture du viol]]></category>
		<category><![CDATA[domination sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Une émission d&#8217;analyse critique de la domination sexuelle masculine et ses conditions matérielles et idéologiques à partir d’En finir avec la culture du viol (Les petits matins, 2018) de Noémie Renard – avec Sofia, (co)animatrice habituelle de l’émission. L’émission (30 minutes) comporte : Une définition des différentes formes de domination sexuelle (viol, prise de contrôle d’un rapport sexuel consenti, violences sexuelles, harcèlement sexuel) et des coercitions pré-sexuelles (pressions psychologiques et sociales aux relations sexuelles) ; Une discussion des liens entre violences sexuelles, domination sexuelle, « obéissance sexuelle » et domination masculine ; Une théorie de la domination sexuelle (surtout conjugale) comme subordination des femmes aux désirs et aux fantasmes sexuels des hommes, comme moyen de disciplinarisation des femmes et comme démonstration du pouvoir des hommes ; Une description des structures matérielles et idéologiques au service de la domination sexuelle masculine : hétéro-normativité comme contrainte et comme construction sociale d’une « complémentarité » sexuelle et d’une dépendance affective entre des groupes de pouvoir asymétriques (économiquement, politiquement, physiquement, en termes d’âge), différentialisme sexuel (dichotomie idéologique – idéologie ayant tendance à se matérialiser comme toute idéologie dominante – d’hommes actifs, désirants, agressifs, forts, compétents sexuellement et de femmes passives, romantiques, masochistes, faibles, incompétentes sexuellement), (auto)légitimation de l’égoïsme et du phallocentrisme des hommes, intériorisation féminine des stéréotypes (altruisme, « besoins » sexuels des hommes) et des nouvelles normes (fellation, sodomie, simulation du plaisir) sexuelles patriarcales ; Une analyse du « devoir conjugal » comme exploitation domestique, affective, émotionnelle, et du don comme, d’une part, manifestation du pouvoir des hommes (don économique), et, d’autre part, « servitude volontaire » des femmes (don sexuel). Liens Le site de Noémie Renard Le site de Noémie Renard Autres émissions La culture du viol Le contrat sexuel, aux fondements du patriarcat libéral Analyse critique d&#8217;un manifeste du féminisme marxiste Notes de lecture Gayle Rubin &#8211; L&#8217;économie politique du sexe Paola Tabet &#8211; La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel Violences contre les femmes Documentaires À quoi rêvent les jeunes filles ? Autres ressources Paye ton couple]]></description>
		
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		<title>Le contrat sexuel, aux fondements du patriarcat libéral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jan 2019 12:48:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sortir du patriarcapitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[domination sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme matérialiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Une critique féministe anti-libérale du « contrat sexuel » et des contrats patriarcaux (celui de mariage notamment), en complément des critiques anti-capitalistes, anti-racistes et anarchistes du contrat social, autour de Le contrat sexuel de Carole Pateman (La Découverte, 2010) – avec Sofia, bonne connaisseuse de cette question. La première partie de l&#8217;émission (1 heure) comporte : Une analyse du contrat de mariage (et du contrat salarial) comme un contrat intrinsèquement inégalitaire, avalisant des inégalités pré-existantes par une fiction d’égalité et de volonté libre des co-contractants, et reconduisant celles-ci sous une forme neutralisée ; Une analyse critique des implications en termes de genre des philosophies du contrat social de Locke, de Rousseau et de Hobbes, lesquelles justifient un ordre politique dominé exclusivement par des riches hommes blancs ; Une analyse du contrat sexuel, fondé sur une exclusion politique et économique des femmes et leur relégation dans une sphère domestique/privée, comme nécessaire au contrat social et au contrat salarié, puisqu’il permet aux hommes de se consacrer aux affaires « publiques » et au travail salarié ; Une analyse matérialiste et non marxiste du contrat sexuel, conçu comme contrat de subordination complète bénéficiant avant tout aux hommes et non comme un simple contrat de travail non-rémunéré bénéficiant principalement au capital, et ce même s’il y a bien des affinités structurelles entre capitalisme et patriarcat ; Une définition du patriarcat moderne comme patriarcat « fraternel » (de l’ensemble des hommes sur l’ensemble des femmes et de chaque mari sur sa propre femme), lequel succède au patriarcat « paternel » (des paters familias sur leur famille, hommes compris) ; Une lecture féministe de Hobbes, qui fait de la famille dans l’état de nature une institution non-naturelle fondée sur une série de captures d’hommes et de femmes entreprise par un homme ; Une discussion des ressemblances (soumission sexuelle, absence de droits, identité dérivée du maître/mari, lieu de résidence imposée) et des différences entre le statut des femmes mariées blanches du 19ème siècle et celui des (femmes) esclaves ; Une critique des analogies entre femmes mariées bourgeoises blanches, d’une part, et esclaves et/ou servantes racisées, d’autre part ; Une discussion des idées d’un « contrat d’esclavage » et d’un continuum des formes de travail ; Une analyse critique du pseudo-universalisme du féminisme de Carole Pateman. La deuxième partie de l’émission (30 minutes) comporte : Une présentation des thèses de critique du salariat, du capitalisme, du mouvement ouvrier masculin et du socialisme de Carole Pateman, en lien avec son analyse du patriarcat ; Une discussion critique des tentatives de Carole Pateman et de Charles Mills de faire une théorie critique du « contrat racial » articulé au contrat sexuel ; Une critique du féminisme radical de Pateman, son réductionnisme, sa transphobie et son homophobie. Liens Émissions de Sortir du capitalisme évoquées Pour un anarchisme pro-féministe Notes de lecture évoquées Christine Delphy. L&#8217;ennemi principal, économie politique du patriarcat (2) Christine Delphy. L&#8217;ennemi principal, penser le genre Gayle Rubin, l&#8217;économie politique du sexe  ]]></description>
		
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		<title>Paola Tabet &#8211; La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2017 14:19:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[domination sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Paola Tabet, La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel, Paris, L’Harmattan, 2004 Dans cet ouvrage fondamental, Tabet parvient d’une part à une critique implacable des discours moralistes-conservateurs visant à une stigmatisation des « prostituées » et des « putains », en montrant qu’ils visent à un maintien de l’ordre patriarcal, et d’autre part à une analyse complexe des différentes formes d’échange économico-sexuels en montrant qu’in fine ceux-ci constituent une « grande arnaque » au bénéfice des hommes comme classe dominante, même si certains types d’échanges constituent clairement un gain d’autonomie économico-sexuel des femmes (contrairement à ce qu’affirme un certain discours misérabiliste-abolitionniste[1]). Basé sur des entretiens avec des travailleuses du sexe du monde entier et une immense bibliographie, cet ouvrage publié au sein de l’excellente collection « Bibliothèque du féminisme » des éditions L’Harmattan (comme La construction sociale de l’inégalité des sexes, son jumeau, et Le prisme de la prostitution de Gail Pheterson, une référence majeure de Tabet) constitue une somme et un éclairage magistral sur ce sujet polémique. Par ailleurs, même s’il s’agit d’un ouvrage composé d’articles écrits à des moments différents[2], Paola Tabet a réussi à en faire un véritable livre avec une progression quasi-linéaire au fil des chapitres, grâce à une fusion et une réécriture judicieuses. On écoutera également sur ce sujet Lilian Mathieu, et on lira quoiqu’on en pense Morgane Merteuil. Enfin, les recherches de Paola Tabet ont été prolongées dans L’échange économico-sexuel (EHESS, 2014). Problèmes de définition, question de pouvoir Paola Tabet explique d’emblée pourquoi elle ne dit pas « prostitution » mais plutôt « échange économico-sexuel » : « 1) le terme prostitution […] a un terme trop étroit pour englober toutes les formes de relations que je me propose d’étudier ; 2) il est trop marqué : sa connotation morale négative devrait elle-même donner lieu à une réflexion ; 3) enfin c’est un terme galvaudé. Quand on dit « prostitution », chacun croit comprendre, bien savoir a priori de quoi il est question. Le sens commun tient la prostitution pour un phénomène évident, immuable, anhistorique, lié de façon quasi-biologique aux relations entre les sexes : n’est-ce pas, comme on le répète à l’envi, « le plus vieux métier du monde » ? » (p. 7). Tabet s’attaque donc d’emblée au fétichisme de la prostitution, à sa naturalisation et à son caractère « évident ». Tabet pointe également une dissociation radicale dans l’idéologie patriarcale des femmes en deux catégories, les « prostituées » (définies négativement) et les « épouses » (définitivement positivement), alors même qu’une critique fondamentale du patriarcat (comme celle de Simone de Beauvoir, laquelle faisait du mariage un statut moins enviable que celui de prostituée) rapprocherait ces deux formes de subordination sexuelle des femmes aux hommes. D’ailleurs, d’un autre côté, Tabet montre qu’il y a une épée de Damoclès qui pèse au-dessus des têtes des femmes : celle du stigmate de « putain », véritable « marquage des femmes comme classe de sexe » (p. 8), et manière « de faire passer pour un fait de nature » et une essence ce qui est une construction sociale (discours idéologique mais aussi rapport social). Le refus du stigmate de putain pour qui que ce soit est donc une marque de solidarité indispensable des femmes entre elles, qu’on voit notamment lors des Slut Walk. Tabet va donc s’intéresser ici à l’ensemble des « relations sexuelles entre hommes et femmes qui impliquent une transaction économique » (p. 8), d’où l’expression d’ « échange économico-sexuel » (p. 9). Contre une dissociation absolue des « prostituées » et des « épouses », Tabet argue qu’il y au contraire un « continuum dans les formes de relations sexuelles entre homme et femme impliquant un échange économico-sexuel » (p. 9). Il s’agit « d’opérer un déplacement, une déconstruction de l’actuel concept de prostitution, qui s’avère inutilisable et chargé d’idéologie » (p. 9). Le statut de « prostituée » comme catégorie permanente de certaines femmes est d’ailleurs une construction historique, puisqu’en Afrique, de nombreuses femmes alternaient « des périodes de « prostitution », de concubinage ou de mariage » (p. 12), véritable continuum biographique de rapports sexuels de type patriarcaux, comme en Angleterre jusqu’au 19ème siècle : « La création d’une catégorie permanente de femmes, les prostituées, en fait sa constitution en groupe de parias (« outcast group »), résulte de mesures politiques et législatives. […] Les jeunes filles des classes pauvres pouvaient avoir des relations prostitutionnelles pendant une certaine période, des relations d’union libre ou de concubinage ou bien encore de mariage pendant d’autres périodes [au 18ème siècle en Angleterre]. Ce sont les lois sur la répression des maladies vénériennes qui ont valu aux femmes des classes les plus pauvres qui se prostituaient pendant des périodes relativement brèves de leur existence – deux à trois ans – d’être identifiées, fichées et contrôlées. Elles se retrouvèrent complètement isolées de leur milieu, de leur classe d’origine et, partant, plus vulnérables. La vente de leurs services sexuels, que jusque-là ces femmes avaient en majorité gérée elles-mêmes, passa de plus en plus sous le contrôle des hommes et fit l’objet d’une exploitation. Ces lois (pour l’abrogation desquelles des luttes furent menées) eurent un effet patent et immédiat. Dans les deux décennies suivant leur entrée en vigueur, l’âge moyen des femmes identifiées comme prostituées augmenta considérablement […]. Les femmes qui étaient entrées dans cette activité eurent dès lors de très graves difficultés à en sortir. De travail temporaire avant l’application des lois, la prostitution devint une condition, les femmes qui l’exerçaient une catégorie délimitée, définitive, ghettoïsée » (pp. 10-11). Il existe également un continuum entre « mariage » et « prostitution » (comme catégories de l’imaginaire occidental). Les Amharas d’Ethiopie ont ainsi un type de mariage religieux quasi-indissoluble, un type de mariage civil où il est relativement facile de divorcer, mais également un type de mariage « temporaire et de durée définie » (d’une semaine, d’un mois ou d’un an) avec une négociation du salaire de l’épouse. Dans ce type de mariage, l’homme « à l’occasion de voyages, de séjours prolongés sur des marchés, ou dans d’autres situations de ce genre […] s’assure, par un contrat à terme, l’ensemble des services sexuels et domestiques d’une épouse » (p. 14), distinct de la « prostitution » en ce qu’il s’agit d’un mariage légal où « la femme peut recourir au tribunal si elle n’est pas payée conformément aux accords passés ; l’enfant éventuellement né de l’union aura [même] droit à une part de l’héritage paternel » (p. 14). On est donc loin de « notre dichotomie stéréotypée – mariage à vie/prostitution de quelques minutes », puisqu’on est face à un « éventail de variations avec, en son centre, un mariage temporaire » (p. 14), mais aussi des « paying lovers » (amants payeurs), des relations quasi-conjugales (services sexuels accompagnés de services domestiques), etc. La « prostitution » contemporaine, exclusivement sexuelle, clairement tarifée, est une production historique, puisqu’on trouve dans son histoire « l’absence de tarification rigoureuse » et « la présence du travail domestique » (p. 16). Ainsi, la « malaya » du Nairobi (Kenya) colonial (1909-1950), « attend ses clients à domicile, elle leur rend non seulement un service sexuel étroitement défini mais aussi tout un ensemble de services domestiques » (p. 16). L’ethnologue ayant produit cette étude propose même de considérer « la prostitution tout court comme travail domestique » (p. 17) : on est donc face à un continuum de l’exploitation domestique, dirait Delphy. « Le continuum apparaît dans toute son ampleur : dans l’éventail des variations de relations économico-sexuelles se trouvent incluses certaines relations matrimoniales et différentes sortes de relations sexuelles non matrimoniales » (p. 17). La pire des relations économico-sexuelles n’est d’ailleurs pas celle qu’on croit dans certaines sociétés : « De plus en plus nombreuses sont les femmes Digo […] qui « quittent leur mari pour mener leur vie hors de toute cohabitation permanente ou semi-permanente : elles échangent alors de la sexualité contre de l’argent ou des biens, acquérant un degré considérable de liberté sexuelle » » (p. 18). Ainsi, dans cette société, par rapport au mariage religieux comme civil (pas de compensation économique de l’épouse, droits sexuels, domestiques ou encore agricoles absolus du mari), cette situation est largement préférable. La coupure entre « mariage » et « prostitution », auquel cas, ne se trouve pas là où on croit. Les femmes Digo pensent qu’il y a une rupture dans ce continuum parce que dans un cas, celui du mariage, elles sont l’objet d’une transaction, alors que dans l’autre, elles sont « partenaires de la transaction économico-sexuelle et […] seules bénéficiaires de la rémunération de leurs services sexuels (et parfois domestiques) » (p. 20). Le fait de vendre sa force de travail (sexuel) est préférable au servage (matrimonial), bien évidemment, et permet même aux femmes de racheter leur liberté vis-à-vis du système matrimonial. Les femmes Bakweri ont ainsi pu divorcer de manière croissante en rachetant « le prix de l’épouse » : « Libération d’un lien de servage, forme de mainlevée, que ces femmes obtiennent par la vente de leurs propres services sexuels » (p. 21). Évidemment, « il ne s’agit pas ici de glorifier le phénomène de la vente des services sexuels. Mais plutôt de marquer que ce service […] est [de toute façon] cédé à l’intérieur du mariage […] dans un rapport permanent, c’est-à-dire de durée indéfinie, contraignant, souvent porteur de très faible autonomie pour la femme. Cette autonomie, les femmes la trouvent […] en émigrant vers les villes où elles subsistent grâce à la prestation des services sexuels quand elles ne trouvent pas d’autres travaux ou bien quand ces travaux constituent des alternatives encore pires. […] Il ne s’agit pas d’une « prostitution » comme alternative temporaire au mariage. Souvent les femmes refusent le mariage tout court. […] La ville se présente pour elles un peu comme pour les serfs du Moyen Âge » (pp. 21-22). Si l’abolition du travail est évidemment une forme d’émancipation infiniment supérieure au travail du sexe, celui-ci reste préférable au servage domestique. Les malaya de Nairobi ont même fini par constituer une « nouvelle classe sociale », avec des solidarités fortes, des mariages entre femmes, des formes de parenté adoptive, des sociétés de secours mutuel, et même une « transmission de l’héritage par des femmes sans enfants à d’autres femmes » (p. 22). « Il y a donc [bien] une coupure importante qu’il convient de définir avec précision : celle-ci n’est pas, cependant, celle que nous avons coutume de tenir pour pertinente […]. La coupure qui nous apparaît maintenant ne sépare pas la « prostitution » du mariage […], elle sépare plutôt certains rapports de service sexuel des autres. […] La séparation […] s’effectue entre d’une part un rapport d’échange économico-sexuel géré au moins à titre de partenaire, donc de sujet, […] et […] une transaction […] [où] la femme n’est pas un partenaire de l’échange […] mais l’objet de l’échange » (pp. 22-23). Après avoir établi cette première conclusion, Tabet poursuit sa déconstruction du concept de prostitution en montrant que « multiplicité des partenaires » et « rétribution » « ne sont ni spécifiques de la seule relation de prostitution, ni suffisants pour identifier toutes les formes de relations sexuelles définies comme prostitution. […] La présence de l’un ou des deux éléments en général considérés comme constitutifs du rapport prostitutionnel [se retrouve également] dans des rapports qui ne sont absolument pas qualifiés ainsi par les populations qui les pratiquent […] Sont [réciproquement] qualifiés de prostitution des rapports dépourvus de ces deux traits ou au moins de l’un des deux et, partant, […] sont définies « putains » des femmes [n’ayant pas une multiplicité de partenaires et n’étant pas non plus rétribuées] » (pp. 23-24). Ainsi, les femmes Birom ont une multiplicité de partenaires et sont rétribuées pour leurs services sexuels, sans pour autant qu’elles soient catégorisées comme prostituées : « Toute femme mariée a au moins une relation njem, c’est-à-dire une relation avec un homme qui n’est pas son mari mais un amant qui aura sollicité du mari la permission d’accéder sexuelle à elle et qui aura payé à celui-ci le prix coutumier d’une chèvre […]. Par le versement du prix de l’épouse, le mari acquiert les pleins droits sur la sexualité de sa femme […] [et] il peut [donc] la céder à ces tiers, moyennant le paiement d’une chèvre […]. Mais, outre le rapport économique entre mari et amant njem […], il existe […] une série d’échanges économiques directs entre la femme et son partenaire njem : il lui fera sans cesse des dons […]. Chez les Birom, il est inconcevable qu’une femme ne choisisse pas d’avoir des rapports njem et même […] plusieurs rapports njem qui procurent davantage d’argent. Cette relation reconnue et régulière est toutefois bien distincte du mariage. Il ne s’agit pas...]]></description>
		
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