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	<title>conseillisme &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>conseillisme &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>La révolution portugaise (1974-75) : entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:08:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un demi-siècle après, une analyse de la révolution portugaise et de ses dynamiques, entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire, entrisme dans l’institution militaire et luttes populaires de base, à l’heure d’une résurgence du léninisme en France – avec Charles Reeve, déserteur de l’armée portugaise en 1967, témoin et participant occasionnel au mouvement révolutionnaire, proche des idées communistes de conseil, et auteur sur ce sujet de nombreux textes. Avec : La description des forces politiques en présence, notamment les différents partis (7’40&#8243;) Une critique de la stratégie d’entrisme dans l’institution militaire en révolte (17’30&#8243;) et de ses conséquences sur les activités d’auto-organisation hors armée (28’) Une discussion sur la crise sociale au Portugal et la question coloniale, menant à la décolonisation sous la pression populaire (36’) Les leçons de la révolution : auto-organisation et spontanéité (43’) ; le mouvement apartidaire (48’30&#8243;) ; les tentatives et les limites de l’autogestion (50’30&#8243;) ; les interactions et rapports de force avec les autres pays européens, notamment l’Espagne (1h 1’) Ressources complémentaires Textes Écrits par Charles Reeve Charles Reeve, « Une révolution ne s’arrête pas aux feux rouges » revue Brasero 3, Editions l’Echappée, Paris, 2023 Charles Reeve, « La conception putschiste de la révolution sociale », Christian Mahieux et Patrick Silberstein (coord.), Portugal, La Révolution des Œillets, Paris, Syllepse, 2024 [Spartacus, 1976]. Les recommandations de Charles Reeves Phil Mailer, Portugal 1974-75, révolution manquée ?, Paris, Les Nuits rouges, 2019 Le meilleur livre en français sur les événements. Par un participant direct de sensibilité libertaire Raquel Varela, Un peuple en révolution : Portugal 1974-1975, Marseille, Agone, 2018 Une approche trotskiste très documentée Yves Léonard, Sous les œillets la révolution, Paris, Chandeigne, 2023 Victor Pereira, C’est le peuple qui commande, Paris, Les éditions du Détour, 2023 Radio Entretiens de Charles Reeves sur Radio Vostanie La lutte des classes au Portugal Emission du 25 janvier 2014 « Minuit dans le Siècle » sur Spectre avec Victor Pereira, épisode 1 et épisode 2]]></description>
		
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		<title>Politique, démocratie, parti, stratégie et révolution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Nov 2023 18:44:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Marx était-il un anarchiste, un précurseur du léninisme, ou ni l'un ni l'autre ? Qu'est-ce que la « dictature du prolétariat » ? La politique doit-elle être affaire de parti, de conquête du pouvoir d'état et de dictature révolutionnaire, d’intervention politique d’une « avant-garde » ? Que faire au 21ème siècle, à l’ère du capitalisme néolibéral et globalisé ?]]></description>
		
		
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		<title>Henri Simon (1922-2024), de « Socialisme ou barbarie » au refus du travail et du syndicalisme bureaucratique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2020 15:09:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un entretien de 2020 autour de sa vie, de son œuvre et de ses engagements politiques, et donc notamment au sujet de Socialisme ou barbarie, du refus du travail et des luttes de classe en France, en Pologne, en Espagne et Angleterre au cours des années 1950-1980 avec Henri Simon (1922-2024), communiste de conseils, notamment auteur de Le 25 juin 1976 en Pologne : travailleurs contre capital, Spartacus, 1977 ; Pologne 1980-82, lutte de classes et crise du capital, Spartacus, 1982 et de « To the bitter end ». Grève des mineurs en Grande-Bretagne (mars 1984-mars 1985), Acratie, 1987 ; et co-auteur avec Cajo Brendel de De l&#8217;anti-franquisme à l&#8217;après-franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1979. L’émission (50 minutes) comporte : Une analyse de son contexte familial d’origine, celui d’une famille athée dans un village rural de l’entre-deux-guerres marqué par une hégémonie catholique et une division de classe ouvriers agricoles – fermiers – classe moyenne – notables, avant une radicalisation des antagonismes au moment du Front populaire ; Un récit de son passage du PCF et de la CGT à Socialisme ou Barbarie et au communisme de conseils, notamment à travers une critique croissante du travail salarié et de sa morale qui conduit à son exclusion de la CGT ; Une brève histoire critique de Socialisme ou Barbarie (jusqu’à l’exclusion d’Henri Simon en 1958 du fait de ses divergences avec Castoriadis), de ses analyses anticapitalistes et antibureaucratiques, de ses divergences internes au sujet du communisme de conseils, du léninisme, de l’avenir du capitalisme et du coup d’Etat de Gaulle et de sa réaction aux grands événements des années 1950 (Allemagne de l’Est 1953, guerre d’Algérie, Hongrie 1956) ; Une histoire des organisations co-fondées par Henri Simon au cours des années 1960 (ILO et ICO), leur position de refus de l’avant-gardisme au moment des grèves de mai-juin 1968, et leurs rapports avec l’Internationale Situationniste ; Une description de son projet de thèse de sociologie du refus du travail, jamais terminée en raison d’un cambriolage ; Une analyse originale des luttes de classe en Pologne en 1976 et 1980-1981, en Espagne au cours des années 1970 et en Angleterre en 1984-1985 (grève des mineurs), avec une analyse critique du rôle des syndicats (notamment Solidarnosc). Liens Articles de Henri Simon Informations et Correspondance Ouvrières (ICO) Archives d’Echanges et mouvements Les motivations de l&#8217;absentéisme Émissions évoquées ou en lien De la misère en milieu étudiant. La critique situationniste du capitalisme et son dépassement émancipateur Les résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) Une histoire des résistances au travail et de l&#8217;anti-travail &#8211; Bruno Astarian]]></description>
		
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		<title>Les résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 12:01:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une histoire des résistances au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (1936-1939) – avec Michael Seidman, historien, auteur à ce sujet d’Ouvriers contre le travail. Barcelone et Paris pendant les Fronts populaires (Senonevero, 2010). Avec une présentation de l’ouvrage, de sa nouveauté d’approche et de sa réception, une présentation de l’ampleur et des formes de résistance au travail dans Barcelone en guerre et en révolution (coulage des cadences, absentéisme, maladies simulées, grève des loyers et des impôts), une discussion d’une nouvelle approche de l’émancipation comme libération des contraintes extérieures aux individus (du travail, du loyer, des impôts), une discussion de la contradiction interne de la révolution espagnole (trop modérée pour une sortie du capitalisme, trop radicale pour une victoire militaire), une théorie de l’Etat comme institution imposant aux individus de se salarier, une démonstration de l’impossibilité de l’autogestion marchande « conseilliste », une comparaison avec l’expérience du Front populaire français (1936-1938), ses coulages de cadences et sa baisse du temps de travail vécue comme « anti-fasciste », et un appel à une prise en compte des résistances au travail contemporaines [30 minutes] Liens Autres émissions évoquées ou en lien 80 ans après, une histoire de la révolution espagnole Et l&#8217;anarchisme devint Espagnol (1868-1910) Une histoire des résistances au travail et l&#8217;anti-travail De la misère en milieu étudiant : la critique situationniste Contre-histoire des grèves de 1936 et du front populaire Sorti du travail, marchandise ou barbarie Textes évoqués ou en lien http://www.mondialisme.org/spip.php?article1547 http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique39 http://www.mondialisme.org/spip.php?article2023 http://www.mondialisme.org/spip.php?article772 http://www.mondialisme.org/spip.php?article1866 http://www.mondialisme.org/spip.php?article1863 http://www.mondialisme.org/spip.php?article62 http://www.mondialisme.org/spip.php?article253 http://www.mondialisme.org/spip.php?article695 http://www.mondialisme.org/spip.php?article252 http://www.mondialisme.org/spip.php?article251 http://archivesautonomies.org/spip.php?article202 « Le travail est extérieur à l&#8217;ouvrier, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;il n&#8217;appartient pas à son être ; que, dans son travail, l&#8217;ouvrier ne s&#8217;affirme pas, mais se nie ; qu&#8217;il ne s&#8217;y sent pas satisfait, mais malheureux ; qu&#8217;il n&#8217;y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. C&#8217;est pourquoi l&#8217;ouvrier n&#8217;a le sentiment d&#8217;être à soi qu&#8217;en dehors du travail ; dans le travail, il se sent extérieur à soi-même. Il est lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il n&#8217;est pas lui. Son travail n&#8217;est pas volontaire, mais contraint. Travail forcé, il n&#8217;est pas la satisfaction d&#8217;un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. La nature aliénée du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu&#8217;il n&#8217;existe pas de contrainte physique ou autre, on fuit le travail comme la peste. » (Marx, Ébauche d&#8217;une critique de l&#8217;économie politique, 1844)]]></description>
		
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		<title>De la misère en milieu étudiant. La critique situationniste du capitalisme et son dépassement émancipateur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jun 2018 19:10:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l’occasion du cinquantenaire de Mai-Juin 1968, une introduction à De la misère en milieu étudiant (1966), un condensé de la critique situationniste du capitalisme et son dépassement émancipateur – avec Sylvain de Zones Subversives. Avec une présentation du contexte de publication de cette brochure, et notamment de l&#8217;Internationale situationniste et de ses inspirations (Lukacs, communisme de conseils, surréalisme). Avec un résumé de sa critique des étudiants comme classe sociale de futurs cadres et comme consommateurs privilégiés des marchandises universitaires (Foucault, Lacan), des marchandises culturelles (Godard, Nouvelle Vague, Arguments) et des marchandises politiques de gauche (marxisme-léninisme, nouvelle gauche, maoïsme, castrisme). Avec une discussion de sa valorisation des étudiants révolutionnaires refusant de devenir des cadres [1ère partie, 30 minutes] Avec une analyse critique des mouvements contestataires des années 1960 (Blousons noirs, Provos, maoïstes, trotskystes, révolutionnaires japonais) en parallèle avec ceux d’aujourd’hui (émeutes de 2005, mouvement social de 2016-2017), de l’idée fétichiste de « Jeunesse » et sa nature « rebelle », des beatniks (les écologistes mystiques d’alors) comme « droite des jeunes révoltés », et enfin de « la consommation en masse de la drogue » comme « fallacieuse recherche de liberté dans un monde sans liberté ». Avec une réflexion autour des conditions contemporaines du basculement d’une révolte individualiste à une révolte collective, d’une part, et d’une jonction des prolétaires des quartiers populaires et des étudiants radicaux, d’autre part. [2ème partie, 30 minutes] Avec une présentation du communisme de conseils, de ses apports (auto-organisation) et de ses limites (autogestion), du dépassement (partiel) de ces limites par un appel à « la suppression de la production marchande et donc du prolétariat » et du travail-marchandise ; une esquisse d’une société post-capitaliste comme société d’auto-organisation fondée sur des activités de production libres, créatives, épanouissantes, non-séparées de l’existence quotidienne ; et une critique des limites du situationnisme en termes de critique du patriarcat (même si un situationnisme féministe est possible, et une critique du mariage et de l’ordre moral effectuée), des « forces productives » capitalistes (même si un autre développement d’autres « forces productives » est possible) et du racisme [3ème partie, 20 minutes] Liens La brochure https://infokiosques.net/lire.php?id_article=14 Autres émissions (évoquées ou en lien) Les chemins de mai-juin 1968 Lordon, l&#8217;altercapitalisme Entre Macron et Mélenchon, les classes moyennes salariées Mélenchon, président en 2017 ? Une histoire des résistances au travail et de l&#8217;anti-travail Analyse critique du mouvement de 2016 (loi travail) Les propositions de Bernard Friot en débat Le refus du travail dans l&#8217;Italie révoltée des années 60-70 Analyse critique du mouvement étudiant et cheminot (2017) L&#8217;anticapitalisme tronqué Théorie critique du bolchevisme Sortir du travail, marchandise ou barbarie Notes de lecture (évoquées ou en lien) C. Delphy, S. Chaperon. Cinquantenaire du deuxième sexe. C. Delphy. L&#8217;ennemi principal (2) C. Delphy. L&#8217;ennemi principal. Comité Erotique Révolutionnaire. Libérons nous du travail. O. Rhule. La révolution n&#8217;est pas une affaire de parti. Nouvelles questions féministes. La sexualité des femmes : le plaisir contraint. Articles de Zones Subversives http://www.zones-subversives.com/2016/06/le-psu-un-parti-dans-les-annees-1968.html http://www.zones-subversives.com/2018/03/une-histoire-de-l-autonomie-des-luttes.html http://www.zones-subversives.com/2018/04/la-revolution-allemande-de-1918.html http://www.zones-subversives.com/tag/marxisme%20anti-bureaucratique/ http://www.zones-subversives.com/tag/avant-gardes%20artistiques/ http://www.zones-subversives.com/2016/02/guy-hocquenghem-contre-la-normalite.html http://www.zones-subversives.com/article-le-freudo-marxisme-de-wilhelm-reich-114357371.html http://www.zones-subversives.com/2018/04/les-libertaires-des-annees-1968.html Autres articles (évoqués ou en lien) http://juralibertaire.over-blog.com/article-4963708.html https://infokiosques.net/spip.php?article805 https://libcom.org/history/zengakuren-japans-revolutionary-students]]></description>
		
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		<title>Otto Rühle &#8211; La révolution n’est pas une affaire de parti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jul 2017 14:40:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Otto Rühle, La révolution n’est pas une affaire de parti, Genève, Entremonde, 2010 La révolution n’est pas une affaire de parti est un recueil de textes d’Otto Rühle, grande figure du marxisme conseilliste (en référence aux conseils ouvriers) et de ce qui a été appelé la « révolution allemande » des années 1918-1923, précédé d’une excellente préface (choix judicieux des éditeurs d’Entremonde, dont on salue au passage l’œuvre remarquable) d’un participant à cette révolution, devenu un grand critique de l’économie politique, Paul Mattick. Ce n’est pas par une crise de nostalgie révolutionnaire qu’il faut lire cet ouvrage, mais bien parce qu’il constitue une « critique sans ménagement » (Marx) des partis « ouvriers », bolchéviques comme socio-démocrates, avec même une bonne dose d’auto-critique du KAPD, parti « communiste de conseils » héritier du spartakisme de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht s’opposant tant au bolchévisme du KPD qu’aux socio-démocrates du SPD. À l’heure où ces partis « ouvriers » et leurs héritiers ne sont plus que des cadavres (Lutte ouvrière, NPA) ou des farces (France insoumise, Parti communiste, Parti socialiste), il pourrait sembler qu’une telle réflexion n’a qu’un intérêt historique. L’histoire certes ne se répète jamais deux fois, mais on n’est pas pour autant à l’abri d’une résurgence de partis pseudo-révolutionnaires, susceptibles de récupérer et de faire mourir des mouvements pré-révolutionnaires, à l’instar de Syriza en Grèce suite aux événements de 2008-2011. Dans cette note de lecture, nous laisserons de côté une grande partie des développements au sujet de l’engagement politique d’Otto Rühle et de l’histoire de la « révolution allemande » de 1918-1923 (nous renvoyons au livre, très intéressant, pour ces éléments historiques), et ce pour nous concentrer sur une critique des partis « ouvriers », en réalité dirigés par une bureaucratie autoritaire composée d’intellectuels bourgeois et de membres de l’encadrement capitaliste. La préface de Paul Mattick, intitulée « Otto Rühle et le mouvement ouvrier allemand », est intéressante non seulement parce qu’il discute de l’engagement politique d’Otto Rühle et de sa vision critique vis-à-vis de l’ensemble des organisations politiques auxquels il a participé (« il ne put jamais s’identifier complètement à une organisation […] il ne pouvait considérer les organisations comme une fin en soi mais simplement comme des moyens pour établir des relations sociales réels et pour le développement plus complet de l’individu »), mais surtout parce qu’il effectue une critique radicale des partis « ouvriers », en allant même parfois plus loin qu’Otto Rühle. Pour lui, les programmes des partis « ouvriers » n’ont aucun sens, et « cette situation est simplement l’aboutissement d’une longue évolution commencée par le mouvement ouvrier lui-même » (pp. 3-4). Sa critique est sans concessions : « Les chefs ouvriers d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas représenté et ne représentent pas un mouvement d’ouvriers, mais un mouvement capitaliste d’ouvriers. […] Le mouvement ouvrier officiel ne fonctionnait ni en accord avec son idéologie primitive [abolition du salariat et des classes], ni en accord avec ses intérêts immédiats réels. Pendant un certain temps, il servit d’instrument de contrôle pour les classes dirigeantes. Perdant d’abord son indépendance, il dut bientôt perdre son existence même » (p. 4). Cette dernière affirmation est d’autant plus remarquable qu’elle date de 1945 : 70 ans plus tard, Le Monde Diplomatique pleurnichait au sujet de l’effondrement électorat du PCF… Paul Mattick fait alors un bilan théorique du « mouvement ouvrier » (au sens des partis et des organisations « ouvrières ») : « Dans son essence, l’histoire de l’ancien mouvement ouvrier est l’histoire du marché capitaliste abordé d’un point de vue prolétarien. Les lois du marché devaient être utilisées en faveur de la force du travail en tant que marchandise. Les actions collectives devraient aboutir aux salaires les plus élevés. Le pouvoir économique ainsi obtenu devait être consolidé par voie de réforme sociale. Pour obtenir les plus hauts profits possibles, les capitalistes renforçaient la direction organisée du marché. Mais cette opposition entre le capital et le travail exprimait en même temps une identité d’intérêts. L’un et l’autre encourageaient la réorganisation monopoliste de la société capitaliste, bien qu’assurément, derrière leurs activités consciemment dirigées, il n’y ait finalement rien d’autre que le besoin d’expansion du capital même. Leur politique et leurs aspirations, quoique tenant compte de faits et de besoins particuliers, étaient cependant déterminées par le caractère fétichiste de leur système de production » (p. 5). Paul Mattick dénonce ainsi toute prétention à une amélioration durable des conditions de vie des prolétaires au sein du capitalisme : « Les lois du marché […] en aucun cas […] ne peuvent être utilisées en faveur de la classe ouvrière prise comme un tout. […] Les conditions du marché, quelles qu’elles soient, favorisent toujours le Capital. […] Pour vaincre le capitalisme, l’action en dehors des rapports du marché capital/travail est nécessaire, action qui en finit à la fois avec le marché et les rapports de classe. Limité à l’action à l’intérieur de la structure capitaliste, l’ancien mouvement ouvrier menait la lutte dès ses premiers instants dans des conditions inégales. Il était voué à se détruire lui-même ou à être détruit de l’extérieur. Il était destiné à être brisé de l’intérieur par sa propre opposition révolutionnaire […] ou condamné à être anéanti [par le capital] […]. Dans les faits, ce fut la seconde éventualité qui se réalisa, car l’opposition révolutionnaire à l’intérieur du mouvement ouvrier ne réussit pas à se développer. Elle avait une voix mais pas la force et pas d’avenir immédiat, alors que la classe ouvrière venait de passer un demi-siècle à construire une forteresse à son ennemi capitaliste et une immense prison pour elle-même, sous la forme du mouvement ouvrier » (pp. 5-6). La contradiction du marxisme conseilliste fut d’ailleurs d’être née comme opposition interne au parti social-démocrate : après avoir passé 40 ans à co-construire (de même de manière oppositionnelle) un parti contre-révolutionnaire (le SPD, comme fusion de deux organisations antérieures, est né en 1875), comment convaincre en quelques mois un mouvement ouvrier allemand formaté aux idées du SPD de s’en séparer, de lutter contre lui comme une force contre-révolutionnaire et d’entamer un mouvement insurrectionnel ? Paul Mattick poursuit son implacable critique des partis « ouvriers », jusqu’à sa fraction oppositionnelle : « La première guerre mondiale et la réaction positive [c’est un peu exagéré] du mouvement ouvrier devant le carnage ne surprirent que ceux qui n’avaient pas compris la société capitaliste et les succès du mouvement ouvrier à l’intérieur des limites de cette société. […] Il est tout à fait révélateur que l’attitude d’opposition à la guerre [celle de Rosa Luxembourg, de Karl Liebknecht ou encore d’Otto Rühle], pour être un tant soit peu efficace, dut d’abord se procurer une autorisation parlementaire. Elle dut être mise en scène sur les tréteaux d’une institution bourgeoise, montrant ainsi ses limites dès son apparition. En fait, elle ne servit que de prémice au mouvement bourgeois libéral pour la paix qui aboutit en fin de compte à mettre fin à la guerre, sans bouleverser le statu quo capitaliste. […] Les mots d’ordre contre la guerre, quoique lancés par les révolutionnaires, firent simplement office de gardes-fous au service de la politique bourgeoise et finirent là où ils étaient nés : dans le parlement démocratique bourgeois » (pp. 7-8). Pour autant, Paul Mattick ne nie pas l’existence d’une opposition révolutionnaire à la guerre en-dehors du Parlement : « L’opposition véritable à la guerre et à l’impérialisme fit son apparition sous la forme des désertions de l’armée et de l’usine et dans la prise de conscience grandissante, de la part de beaucoup d’ouvriers, de ce que leur lutte contre la guerre et l’exploitation devait englober la lutte contre l’ancien mouvement ouvrier et toutes ses conceptions » (p. 8) : c’est précisément cette prise de conscience qui mena au conseillisme et aux différents épisodes de ladite révolution allemande. Paul Mattick revient alors sur l’attitude du SPD et de sa minorité oppositionnelle (dont Rühle, peint ci-dessous) au moment de l’entrée en guerre en août 1914, comme illustration du fétichisme du parti : « La première guerre mondiale révéla, plus que toute autre chose, que le mouvement était une partie et une parcelle de la société bourgeoise. Les différentes organisations de tous les pays prouvèrent qu’elles n’avaient ni l’intention ni les moyens de combattre le capitalisme, qu’elles ne s’intéressaient qu’à garantir leur propre existence à l’intérieur de la structure capitaliste. […] Pour ne pas renoncer à ce qui avait été construit depuis les lois anti-socialistes de Bismarck, l’opposition minoritaire à l’intérieur du parti socialiste fit preuve d’une contrainte volontaire sur elle-même à un point inconnu dans les autres pays […] et son attitude à l’éclatement de la guerre fut […] particulièrement décevante. Mises à part les conditions psychologiques individuelles, cette attitude fut le résultat du fétichisme de l’organisation qui régnait dans ce mouvement. Ce fétichisme exigeait la discipline et l’attachement strict aux formules démocratiques, la minorité [révolutionnaire] devant se soumettre à la volonté de la majorité [réformiste]. […] L’opposition ne réussit pas à saisir que la démocratie intérieur du mouvement ouvrier n’était pas différente de la démocratie bourgeoise en général. Une minorité [conservatrice] possédait et dirigeait les organisations, tout comme la minorité capitaliste possède et dirige les moyens de production et l’appareil de l’Etat. Dans les deux cas, les minorités [conservatrices], par la vertu de la direction, déterminent le comportement des majorités. Mais, par la force des procédures traditionnelles, au nom de la discipline et de l’unité, gênée mais allant à l’encontre de son intime conviction, cette minorité opposée à la guerre soutint le chauvinisme social-démocrate. […] Au printemps 1915, Liebknecht et Rühle furent les premiers à voter contre les crédits de guerre. Ils restèrent seuls au bon moment et ne trouvèrent de nouveaux compagnons qu’au moment où les chances d’une paix victorieuse disparurent du jeu d’échecs militaires. Après 1916, l’opposition radicale à la guerre fut soutenue et bientôt engloutie par un mouvement bourgeois en quête d’une paix négociée, mouvement qui, finalement, devait hériter du fonds de faillite de l’impérialisme allemand » (pp. 9-10). Cette opposition radicale « spartakiste » devait encore hésiter en 1917-1918 à rompre avec l’ancien mouvement ouvrier organisé, en s’unissant au Parti Social-Démocrate Indépendant d’Allemagne (USPD) en 1917 (scission centriste anti-belliciste du SPD) et ne quitta celui-ci qu’à la fin de 1918. Paul Mattick pointe que « cette position semblait basée sur l’illusion que le Parti Social-Démocrate pouvait être réformé. Avec le changement de circonstances, espérait-on, les masses cesseraient de suivre leurs chefs conservateurs pour soutenir l’aile gauche du parti » (pp. 11-12). Pourtant, cette croyance n’explique pas l’opposition des spartakistes au modèle bolchévique, et elle était contrainte par une situation compliquée : « En ne rompant pas au bon moment avec la social-démocratie, ils avaient manqué de constituer une organisation forte, capable de jouer un rôle décisif dans les soulèvements sociaux attendus. Cependant, en considérant la situation réelle en Allemagne, en considérant l’histoire du mouvement ouvrier allemand, il était très difficile de croire à la possibilité de former rapidement un contre-parti opposé aux organisations ouvrières dominantes. Naturellement, il aurait été possible de former un parti à la façon de Lénine : un parti de révolutionnaires professionnels ayant pour but d’usurper le pouvoir, si nécessaire contre la majorité de la classe ouvrière. Mais c’est ce à quoi, précisément, les gens autour de Rosa Luxembourg n’aspiraient pas » (p. 12). Et Paul Mattick de souligner l’ampleur du fossé entre spartakistes et bolchéviques : « Rosa Luxembourg avait indiqué clairement le fait que les conceptions de Lénine était de nature jacobine et inapplicables en Europe occidentale où ce n’était pas une révolution bourgeoise qui était à l’ordre du jour mais une révolution prolétarienne. Bien qu’elle aussi parlât de la dictature du prolétariat, cette dictature signifiait pour elle, « la manière d’appliquer la démocratie – non pas son abolition – devant être l’œuvre de la classe, et non celle d’une petite minorité au nom de la classe », ce qui la distinguait de Lénine ». Paul Mattick, pourtant participant à ces événements, fait alors un bilan très critique de ladite révolution allemande : « Au lieu d’évoluer vers la gauche, les masses suivaient leurs vieilles organisations et s’alignaient sur la bourgeoisie libérale. Les soulèvements dans la marine allemande et enfin la révolte de novembre furent menés dans l’esprit de la social-démocratie, c’est-à-dire dans l’esprit de la bourgeoisie allemande vaincue. La révolution allemande est apparue comme ayant plus...]]></description>
		
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