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	<title>Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>Sortir du capitalisme</title>
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		<title>Système monétaire, Etats-Unis, France. Une discussion avec le collectif Réalité.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 18:31:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour cet épisode, nous avons reçu Andrée, Kolia et Luca du collectif Réalité pour une discussion sur le capitalisme contemporain, et notamment son architecture monétaire, la place occupée par les Etats-Unis et la Chine, et les spécificités du capitalisme français. En détails, l&#8217;épisode contient : une introduction qui revient sur le collectif et ses motivations initiales, notamment ses motifs d&#8217;insatisfaction face à une théorie critique qui se situe souvent à des niveaux élevés d&#8217;abstraction sans médiations intermédiaires avec la réalité concrète une discussion autour du système monétaire international (14&#8242;), qui aborde entre autres le rôle des monnaies nationales &#8211; fortes ou faibles &#8211; et leur relation avec la notion d&#8217;impérialisme (16&#8242;) ; la place particulière et évolutive des Etats Unis (22&#8242;) qui aboutit à l&#8217;heure actuelle à un « non système monétaire » (31&#8242;) remis en cause par des conseillers économiques de Donald Trump tels que Stephen Miran (34&#8242;) une discussion autour d&#8217;une formation sociale nationale spécifique (45&#8242;), la France, avec un résumé à grands traits de l&#8217;histoire du capitalisme français et ses caractéristiques principales (47&#8242;), et ses conséquences pour les luttes actuelles et leur traduction dans une forme particulière de réformisme politique (56&#8242;) en conclusion, une présentation des thématiques qui seront abordées par le collectif Réalité dans de futurs articles (1h05) Ressources complémentaires : Le site du collectif Articles discutés dans l&#8217;émission Sur terrain instable, la fin d&#8217;un non-système monétaire Le grand détournement, la doctrine Miran et le choc Trump Misère et vanité de la voie française &#8211; Capitalisme en France, épisode 1 La fuite en avant &#8211; Capitalisme en France, épisode 2 Cet épisode a été enregistré le 3 Décembre 2025 au studio son de la Parole Errante.]]></description>
		
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		<title>Sortir du capitalisme fête ses 10 ans !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 12:06:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a 10 ans, le 19 janvier 2016, Sortir du capitalisme enregistrait sa première émission au studio de Radio Libertaire à Paris. L’émission est née un peu par hasard. Son fondateur, Armand Paris, qui animait à l’époque le blog Pensée radicale en construction, avait proposé au moment de la COP 21 d’intervenir sur cette radio anarchiste historique au sujet des liens entre capitalisme et destruction de la planète. Une des responsables de Radio Libertaire de l’époque, C., après une lecture des articles du blog Pensée radicale en construction, lui proposa plutôt d’animer une émission.  D’un commun accord, elle fut intitulée Sortir du capitalisme, du nom d’un éphémère projet de continuation de la revue Sortir de l’économie auquel Armand était à l’époque associé. Grâce à Jean-Claude à la technique, la première émission fut enregistrée en direct le mardi 19 janvier 2016 de 14h30 à 16h. Un créneau hebdomadaire (ambitieux !), qui tiendra plusieurs années grâce à Jean-Claude, avant que le covid et des désaccords grandissants avec la ligne de Radio Libertaire (sur la question du marxisme, de l’islamophobie et de la transidentité notamment) nous poussent à devenir une web radio entièrement autonome, même si elle fut également diffusée sur Radio Zinzine puis sur Fréquence Paris Plurielle en 2022. Aujourd&#8217;hui, les émissions de « Sortir du Capitalisme » sont diffusées en format podcast, sur son site et sur la plateforme militante Spectre (et, par rebond, sur d&#8217;autres plateformes de podcast). Par ses origines, Sortir du Capitalisme est lié à la riche histoire des radios libres &#8211; toujours plus menacées &#8211; et à la diffusion hertzienne en direct. Nous essayons de garder dans nos podcasts le format d&#8217;une conversation prise « sur le vif » (dans les conditions d&#8217;un direct, parfois en studio, parfois à distance), même si cette forme audio nous permet aujourd&#8217;hui  d&#8217;envisager des formats audios plus travaillés et d&#8217;utiliser des modes de diffusion différents (asynchrones et multi-plateformes). Le premier invité pressenti était Matthieu Rigouste, le deuxième Marius Loris, le troisième Maurice Rajsfus, et les deux derniers furent nos deux premiers invités : c’est dire si les questions de l’état d’urgence, de la répression policière et du durcissement autoritaire de l’Etat français furent pour beaucoup dans le lancement de Sortir du capitalisme, avant que le mouvement contre la loi travail en 2016 oriente l’émission vers les luttes et la critique du travail capitaliste. La ligne originelle du Sortir du capitalisme était celle de Pensée radicale en construction, à savoir une analyse principalement fondée sur la critique de la valeur et la technocritique anti-industrielle, comme cela s’en ressent dans les premières émissions. Cette ligne a connu progressivement un quadruple changement, sans renier pour autant d&#8217;une part la critique radicale de la domination impersonnelle du capitalisme, de l’antisémitisme et du confusionnisme héritée de la critique de la valeur, d&#8217;autre part celle du scientisme et du technosolutionnisme héritée de la technocritique anti-industrielle. Tout d’abord, un éloignement progressif de la critique de la valeur et un rapprochement vers les marxismes anti-autoritaires, en premier lieu la communisation, pour leur rapport moins condescendant aux luttes et leur critique radicale à la fois de la domination impersonnelle du capitalisme et de la domination de classe. Ensuite, une rupture avec le courant dit anti-industriel, progressive puis plus nette au moment du covid, au sujet de l’auto-défense sanitaire, d’un rapport non-dialectique aux sciences naturelles et d’une naturalisation des rapports sociaux allant parfois jusqu’à la transphobie et au différentialisme. Enfin, une ouverture « intersectionnelle » au féminisme matérialiste, à l’antiracisme matérialiste (après un court moment d’égarement qui faisait trop de concessions aux « antiracialisateurs »), aux approches matérialistes trans, à l’antivalidisme, à l’antispécisme et à la critique de la grossophobie. Et ce, notamment dans le cadre de la série d&#8217;épisodes « Sortir du patriarcapitalisme »  (co-animé avec Sofia, mettant ainsi fin au capitalocentrisme initial de l’émission. Et enfin, après un ton très polémique et un rapport parfois puriste voire sectaire à certaines positions théoriques, un infléchissement progressif vers une critique radicale plus constructive et plus pluraliste, sans pour autant tomber dans le réformisme ou le relativisme. 10 ans après notre première émission, nous avons enregistré, monté et publié une centaine d’émissions sur des sujets extrêmement variés, cumulant des centaines de milliers d’écoutes sur notre site et différentes plateformes, sans parler de nos notes de lecture, de tous nos projets inaboutis et de nos enregistrements qui attendent encore d’être montés. A notre modeste échelle et avec nos petits moyens techniques et humains, nous espérons avoir contribué à faire bouger quelques lignes sur un certain nombre de sujets pour des milliers de personnes&#8230; et c’est déjà pas mal ! Pour la suite, nous aimerions encore gagner en audience : nous sommes preneurs de toutes les bonnes volontés pour diffuser davantage Sortir du capitalisme, sur vos radios (en intégralité ou des extraits), et dans vos réseaux sociaux et militants. Nous allons également continuer à faire, à notre rythme, des émissions et des notes de lecture, alimentées entre autres par les contributions théoriques de différents collectifs ou l&#8217;activité éditoriale de maisons d&#8217;éditions amies. Nous aimerions en particulier faire davantage d’émissions sur des sujets encore trop peu traités jusqu&#8217;à alors sur notre site, à commencer par la critique anticolonialiste et antiraciste, mais aussi par exemple pour les questions techniques envisagées de manière dialectique. Nous savons que passer derrière un micro peut être intimidant, mais, ici aussi nous sommes à la recherche de camarades motivé-e-s pour, ensemble, enregistrer de nouvelles émissions (que ce soit par une préparation commune d&#8217;émission, une proposition de contribution et d&#8217;intervention, une aide au montage et au mixage). Vous pouvez nous contacter à l&#8217;adresse suivante : sortirducapitalisme at riseup.net Sortir du capitalisme a connu des hauts, notamment lors de la mobilisation contre la loi travail, et des bas, comme lors du crash de son site Internet et du ralentissement de son activité en 2021-2022. Pour autant, grâce à Bastien qui a tenu à bout de bras le site pendant des années ; grâce à Guillaume qui a transformé nos émissions en vidéos Youtube pendant des années ;  grâce à Ludivine et Sylvan qui ont développé l’activité sur les réseaux sociaux de Sortir du capitalisme ; grâce à Paul qui a co-animé et monté plusieurs émissions ; grâce à Spectre qui nous a remotivés en décembre 2021 ; et enfin et surtout grâce à Tom qui a rejoint l’équipe en 2023 et a remis sur pied notre site Internet, monté plusieurs émissions et qui est à l’initiative de nombreux projets d’émissions pour 2026 après en avoir co-animé plusieurs par le passé, Sortir du capitalisme a survécu aux aléas de la vie, au covid et aux défaites jusqu’à aujourd’hui. Mais ce qui nous a donné la force de continuer à préparer, enregistrer, monter, publier et partager nos émissions même dans les périodes difficiles, c’est surtout l’intérêt toujours renouvelé de nos auditeurs et de nos auditrices – à travers leurs mots d’appréciations sur les réseaux sociaux, par mail ou par la bouche à oreille – pour nos productions. Merci de nous avoir écouté et partagé tout au long de ses dix années, même si elles étaient parfois trop longues, parfois trop denses, parfois de qualité sonore inégale. A l&#8217;occasion de ces dix ans, n&#8217;hésitez pas à laisser un commentaire sous cette publication pour nous faire part de vos avis, critiques, pistes d&#8217;amélioration&#8230; ! Même si nous essayons de nous améliorer techniquement, théoriquement et politiquement au fur et à mesure des années, notre émission reste plus que jamais fidèle à son leitmotiv marxien anti-autoritaire : faire une « critique sans concessions de tout ce qui existe » pour faire advenir une société émancipée de toutes les dominations sociales, car si « l’arme de la critique ne peut remplacer la critique par les armes, la puissance matérielle ne peut être abattue que par la puissance matérielle, mais la théorie aussi, lorsqu’elle s’empare des masses, devient une puissance matérielle ». Si nos émissions ne sont que peu de choses face aux structures de domination et par rapport aux luttes qui les contestent, et si ces dernières sont théoriciennes par nécessité et n’ont pas besoin de nous pour penser par elles-mêmes, gageons qu’en contribuant à notre émancipation intellectuelle et à celle de nos auditeurs et de nos auditrices, elles nous poussent à lutter de manière émancipatrice.]]></description>
		
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		<title>La révolution portugaise (1974-75) : entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:08:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un demi-siècle après, une analyse de la révolution portugaise et de ses dynamiques, entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire, entrisme dans l’institution militaire et luttes populaires de base, à l’heure d’une résurgence du léninisme en France – avec Charles Reeve, déserteur de l’armée portugaise en 1967, témoin et participant occasionnel au mouvement révolutionnaire, proche des idées communistes de conseil, et auteur sur ce sujet de nombreux textes. Avec : La description des forces politiques en présence, notamment les différents partis (7’40&#8243;) Une critique de la stratégie d’entrisme dans l’institution militaire en révolte (17’30&#8243;) et de ses conséquences sur les activités d’auto-organisation hors armée (28’) Une discussion sur la crise sociale au Portugal et la question coloniale, menant à la décolonisation sous la pression populaire (36’) Les leçons de la révolution : auto-organisation et spontanéité (43’) ; le mouvement apartidaire (48’30&#8243;) ; les tentatives et les limites de l’autogestion (50’30&#8243;) ; les interactions et rapports de force avec les autres pays européens, notamment l’Espagne (1h 1’) Ressources complémentaires Textes Écrits par Charles Reeve Charles Reeve, « Une révolution ne s’arrête pas aux feux rouges » revue Brasero 3, Editions l’Echappée, Paris, 2023 Charles Reeve, « La conception putschiste de la révolution sociale », Christian Mahieux et Patrick Silberstein (coord.), Portugal, La Révolution des Œillets, Paris, Syllepse, 2024 [Spartacus, 1976]. Les recommandations de Charles Reeves Phil Mailer, Portugal 1974-75, révolution manquée ?, Paris, Les Nuits rouges, 2019 Le meilleur livre en français sur les événements. Par un participant direct de sensibilité libertaire Raquel Varela, Un peuple en révolution : Portugal 1974-1975, Marseille, Agone, 2018 Une approche trotskiste très documentée Yves Léonard, Sous les œillets la révolution, Paris, Chandeigne, 2023 Victor Pereira, C’est le peuple qui commande, Paris, Les éditions du Détour, 2023 Radio Entretiens de Charles Reeves sur Radio Vostanie La lutte des classes au Portugal Emission du 25 janvier 2014 « Minuit dans le Siècle » sur Spectre avec Victor Pereira, épisode 1 et épisode 2]]></description>
		
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		<title>Jason E. Smith. Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L&#8217;automation à l&#8217;âge de la stagnation.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 14:11:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[automation]]></category>
		<category><![CDATA[machines]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous revenons dans cette note de lecture 1 sur l’ouvrage de Jason E. Smith, « Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L’automation à l’âge de la stagnation », traduit et paru aux Editions Grevis en 2021, et excellemment préfacé par Daria Saburova. Si Smith n’aborde pas frontalement la question désormais omniprésente de l’intelligence artificielle générative (nous y reviendrons sommairement en conclusion), il nous semble néanmoins défendre un point de vue contemporain et original sur la question de l’automation au début du XIXème siècle. Ce livre s’inscrit d’abord dans un contexte anglophone où les discours sur l’avènement d’un âge des machines caractérisé par une automation totale du travail fleurissent, nourrissant ainsi une ribambelle de projections de droite comme de gauche, autour de thèmes tels que la fin du travail, l’oisiveté heureuse dans une société post-capitaliste d’abondance, mais aussi la croissance du chômage et l’augmentation des désordres sociaux. Jason E. Smith prend à contre-pied toutes ces analyses en s’efforçant de démontrer que notre époque se caractérise avant tout &#8212; comme l&#8217;indique le sous-titre du livre &#8212; par une stagnation économique. Avant de pousser plus en avant cette notion de stagnation, suivons Smith sur sa définition de l’automation : « Les facteurs décisifs dans la définition de ce qu’est l’automation, par contraste avec la mécanisation et la rationalisation, sont doubles : d’une part, le type de travail humain substitué (le remplacement non seulement d’opérations simples, mais aussi de la prise de décision et de la supervision) ; d’autre part, et c’est l’aspect le plus important, l’intégration d’opérations de manufacture auparavant discontinus afin que le processus de travail soit transformé en un flux continu, interrompu » (p.47) La mise en œuvre de l’automation est donc indissociable des technologies informatiques et de contrôle (boucles feedback). On comprend néanmoins à la lecture de cette définition que l’automation totale, c’est-à-dire la disparition de toute intervention humaine dans le procès de travail, est loin d’être réalisée. De plus, toute analyse qui se concentrerait uniquement sur les secteurs productifs les plus automatisés risque de négliger la part importante de secteurs intensifs en travail et peu automatisés : l’automation n’est pas uniforme, elle est intrinsèquement hétérogène et inégale. L’automation se déploie donc dans un environnement économique caractérisé par une stagnation qui, depuis environ la moitié des années 1970, prend diverses formes discutées par Smith. Tout d’abord, Smith remarque que plus la stagnation devient évidente, plus les discours sur les supposées vertus miraculeuses de la technologie contemporaine sont audibles. Concernant les indicateurs macro-économiques, Smith souligne une baisse des investissements des entreprises 2, engendrant une inertie technologique, des phénomènes de rentes et des stratégies financières (rachat d’action) qui ne favorisent pas l’innovation. Il observe aussi une stagnation des salaires réels, sans hausse significative des chiffres du chômage, en contradiction avec ce que supposerait la loi de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Smith passe plusieurs facteurs explicatifs en revue, notamment les artefacts statistiques (non-inscription en tant que demandeur d’emploi) ou l’érosion des rapports de forces favorables aux travailleurs. Selon lui cependant, le facteur majoritaire réside dans la chute de la productivité du travail. Smith nous rappelle que, si les salaires ont augmenté durant les Trente Glorieuses, c’est grâce à des gains significatifs de productivité du travail qui ont permis à la fois d’augmenter les salaires et de préserver les marges du capital (ce qui a pu être appelé compromis fordiste). En l’absence de gains de productivité, « même les organisations de travailleurs les plus vaillantes ne peuvent rien contre les conditions et limites matérielles » (p. 109). Cette chute de la productivité du travail, a notamment été décrite dans le cadre du paradoxe connu sous le nom de paradoxe de Solow depuis 1987 : « [l’informatique, ] que tout le monde considère comme une révolution technologique a partout été accompagné d’un ralentissement de la croissance de la productivité, et non par une augmentation. L’âge de l’ordinateur est retentissant partout sauf dans les statistiques de la productivité » (p. 61). Contre ce paradoxe, certains économistes défendent l’idée d’un déphasage technologique, lié au temps de diffusion de la technologie dans l’ensemble des strates de la société. Néanmoins, Smith indique que la « reprise » ou l’émergence d’un nouveau « régime technologique » (Mandel, Kondratieff) se fait encore (trop) attendre. Pour expliquer cette chute de la productivité, Smith mobilise de manière critique la théorie de William Baumol. Cette théorie postule qu&#8217;une fois atteint un certain stade de développement économique, on peut identifier deux pôles, d’une part un secteur évolutif et dynamique technologiquement, d’autre part un secteur stagnant. Les gains de productivité déplacent la main d’œuvre du premier vers le second secteur. Par ailleurs, ces mêmes gains de productivité permettent de baisser le coût unitaire de certaines marchandises. A salaire constant, la part de salaire nécessaire pour acheter ces marchandises diminue, ce qui permet de reporter la consommation vers des biens produits par le second secteur (et donc de faire augmenter la demande en main d’œuvre de ce secteur). L’ensemble décrit un « processus harmonieux » (p. 115) avec néanmoins des différentiels de productivité croissants entre les deux secteurs, ce qui a pour conséquence une chute globale de la productivité : « la croissance globale de la productivité pour la main d’œuvre prise dans sa entièreté ne peut qu’être en baisse, puisque tout hausse supplémentaire dans l’output d’une économie dont la croissance de la productivité est ralentie demandera la mobilisation de plus en plus de main d’œuvre pour la réaliser » (p. 115) De manière implicite, ces deux secteurs correspondent d’une part à l’industrie, d’autre part aux services. L’analyse de Baumol décrit donc le phénomène de désindustrialisation (baisse de la part d’emplois industriels), observé de diverses manières aux Etats-Unis, en Europe et même partiellement en Chine. Ici, on renverra à l’ouvrage d’Aaron Benanav, « L’automatisation et le futur du travail » (Ed. Divergences), qui contient de nombreuses statistiques intéressantes. Smith est néanmoins très critique de la notion de service qui « englobe tout [ce qui n’est pas l’industrie] et apparaît finalement comme opaque » (p. 123). D’un point de vue macro-économique, la classification de service se fait d’abord à l’échelle des entreprises, indépendamment des emplois et postes réellement occupés. L’externalisation de certaines tâches et la sous-traitance peuvent ainsi faire apparaître comme service ce qui était auparavant interne à une industrie (et aurait donc été catégorisé comme industriel). La division croissante du travail rend aussi particulièrement complexe la distinction entre les tâches qui participent directement à la production et celles qui n’y participent pas. Dans cette catégorie fourre-tout, il est possible de repérer des emplois susceptibles de résister d’avantage à une certaine rationalisation et automatisation. C’est le cas par exemple des emplois, souvent moins délocalisables, dont la production est consommée immédiatement ou proche du lieu de production ; des emplois à bas salaire (compétitifs face à de l’investissement en machine) ; ou encore trop complexe à automatiser, par exemple tous les services à la personne requérant des compétences humaines et culturelles parfois implicites et difficiles à acquérir. Néanmoins, ce n’est pas une généralité : certains services se prêtent bien à l’automatisation, à l’image des fast-foods ou des caisses automatiques. La notion de productivité est également très ambiguë. La productivité est un ratio entre un input et un output, mais son évaluation en termes monétaires ou en termes concrets mène à des interprétations différentes. Smith nous donne un exemple éclairant : « Imaginons une entreprise capable de baisser de moitié le prix de ses chaussures (de 100 à 50 dollars américains), tout en doublant le nombre de paires de chaussures qu’elle produit et vend (de 50 000 à 100 000 unités). En termes d’argent, le résultat (output) généré est le même, soit 5 millions de dollars. Une telle entreprise n’aurait donc pas fait montre, en termes d’argent, d’une augmentation de la productivité du travail, même si les changements technologiques dans les processus du travail (…) doublent le nombre de paires de chaussures produites. Cette distorsion existe aussi dans l’autre sens. Si une entreprise (…) génère le même volume de production (output) et que le prix de vente unitaire augmente, alors l’output en termes d’argent augmente lui aussi. (…) Dans le cas du secteur évolutif, les gains de productivité sont cachés ; dans le cas du secteur stagnant, les gains sont attribués là où il n’y en a pas » (p.128) On voit bien ici les limites d’une analyse qui ne serait basée que sur le sens commun de la productivité (passer moins de temps à produire une même marchandise, donc être plus efficace). Par ailleurs, si l’exemple précédent s’intéresse à l’évaluation monétaire ou concrète de l’output (le numérateur du ratio définissant la productivité), Smith s’intéresse également à l’input. C’est là que l’on retrouve les stratégies d’intensification du travail (productivité horaire améliorée) ou de compression salariale (baisse du coût du travail), qui peuvent être déployées sans aucune modification technologique du procès de travail. Du point de vue d’un investisseur, seule l’évaluation en termes monétaires permet de comparer la productivité entre différentes entreprises ou différents secteurs. Cela a néanmoins pour conséquence d’exclure de l’analyse toutes les activités qui n’ont pas de prix (travail n’ayant pas de valeur d’échange mais une valeur d’usage), comme par exemple le travail reproductif non rémunéré. Et, au contraire, cela inclut dans l’analyse des activités vendues sur le marché (donc des emplois salariés) dont on peine à identifier ce qu’elles produisent vraiment (travail n’ayant pas de valeur d’usage mais une valeur d’échange), et pour lesquelles assigner une productivité est faisable mais douteux. Tel est le cas par exemple des banquiers, enseignant-e-s, ou agents de sécurité. Si donc, la notion de service est trop englobante et celle de productivité discutable suivant les emplois considérés, que faire ? Smith propose alors de revenir à la théorie marxienne à travers trois notions : la baisse tendancielle du taux de profit, le travail productif et le travail improductif. « Quand les marges de profits sont réduites, la somme de capital disponible pour l’investissement, au-delà des coûts nécessaires à faire perdurer les opérations en cours, se réduit elle aussi. Le taux de profit peut donc être compris comme ayant un rôle crucial de régulation dans la performance des économies capitalistes, puisqu’il détermine (c’est-à-dire qu’il pose les limites) le taux d’investissement et, par conséquent, tous les indicateurs précédemment mentionnés : le chômage, la productivité, la rémunération des travailleurs » (p. 143) Si la définition du taux de profit n’est pas consensuelle dans l’économie majoritaire, l’analyse marxienne est bien plus claire. Le cœur de l’analyse repose sur deux aspects. D’une part, la composition organique du capital, c’est à dire la part du « capital « constant » (l’infrastructure, le matériel, les matières premières, l’informatique etc.) » et la part du « capital « variable » (le coût de la force de travail, ou la masse salariale) ». D’autre part, « le fait que (…) seule la consommation de la force de travail dans le processus de travail génère de la survaleur » (p. 145) – nous renvoyons également ici à la note de lecture que nous avons consacré à George Caffentzis, qui traite notamment du fait que les machines ne créent pas de valeur. Marx a ainsi formulé une « loi générale (…) selon laquelle l’investissement dans les technologies économes en main d’œuvre signifie que le stock de capital augmente plus rapidement que l’investissement dans la main d’œuvre » (p. 146), menant ainsi à une baisse tendancielle des taux de profits. Cette baisse tendancielle peut néanmoins être contrecarrée par plusieurs facteurs : l’« abaissement du coût du capital constant » grâce aux gains de productivité ; la « compression des salaires » ; l’« intensification » du travail. Pendant de nombreuses décennies après la mort de Marx, la baisse tendancielle du taux de profit n’a pas été observée dans les statistiques économiques ; cela pourrait néanmoins être le cas depuis le milieu des années 1970, et ce malgré la mobilisation de l’ensemble de ces leviers de compensation par les capitalistes. Pour Smith, l’explication réside dans l’apparition d’un phénomène supplémentaire, c’est-à-dire la « réallocation » de travailleurs entre travail productif de valeur et travail improductif de valeur. Suivant Marx, Smith inclut deux grands types de...]]></description>
		
		
		
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		<title>George Caffentzis. En lettres de feu et de sang – Travail, machines et crise du capitalisme.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 18:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[anti-travail]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié en 2025 chez Entremonde (excepté pour le Canada, où il s’agit des Editions de la rue Dorion), cet ouvrage rassemble plusieurs essais de George Caffentzis écrits entre 1980 et 2010, présentés dans trois grandes parties : « le travail et son refus », « les machines », « l’argent, la guerre et la crise ». A propos de George Caffentzis, on trouvera des éléments de bibliographie de cet « acteur majeur » du marxisme autonome  sur le très sympathique site compagnon de l’Asymétrie. On ne peut que se réjouir de cette publication en français qui permet, enfin, de découvrir et « lire en profondeur » Caffentzis. Résumer cet ouvrage foisonnant étant hors de notre portée, nous nous contenterons ici d’identifier quelques points clés qui ont attiré notre attention, complétés par des citations directes de l’ouvrage. Un premier aspect plaisant de ce livre réside dans l’étude du développement des sciences (mécanique, thermodynamique, informatique), indispensables à la mise au travail des travailleurs et travailleuses à différentes époques. « Newton et ses compagnons planificateurs du « siècle de génie » ont dû créer un temps de travail non terrestre qui serait le même, l’hiver comme l’été, la nuit comme le jour, sur la terre comme au ciel. Sans cette transformation du temps, le prolongement de la journée de travail aurait été impossible à imaginer, encore moins à imposer « avec le feu et le sang ». En revanche les « révolutions » (…) par la classe ouvrière durant la première moitié du XIXe siècle ont marqué la fin d’une période où l’on pouvait créer des profits en étirant la journée de travail jusqu’à sa limite (…) Le problème n’était plus de savoir comment enfermer les travailleurs et les travailleuses le plus longtemps possible, mais comment transformer leur énergie et leur chaleur révolutionnaire en travail. Il n’est pas étonnant que la thermodynamique (…) soit devenue science après 1848 » (p. 29-30) Ces sciences sont non seulement considérées à travers le prisme marxien, mais Caffentzis discute également (au moins dans le cas de la thermodynamique) de leur contemporanéité et de leurs relations avec les écrits de Marx. De même en ce qui concerne le lien entre les différentes théories des machines (Ure, Babbage) au XIXème siècle et la théorie des machines de Marx (dont le fameux Fragment sur les machines). A travers différents essais, Caffentzis apporte une attention particulière à l’évolution des machines depuis l’époque de Marx, identifiant une « lacune » importante mais non « fatale » à sa théorie. En effet, l’apparition de la machine de Turing (comme modèle de l’ordinateur) remet en cause, ou à tout le moins impose une actualisation, de cette théorie. L’application de la théorie de Turing pour décomposer le procès de travail en fournit une analyse nouvelle au service du capital. « ce que cette nouvelle analyse considérait comme critique n’était pas la forme spatio-temporelle du procès de travail, mais sa structure informatique à tous les niveaux de production. Par conséquent, non seulement les parties manuelles du travail sont analysées et rendues comparables entre elles, mais les aspects intellectuels du travail pourraient également être rendus comparables à celles-ci » (p 264-265) En d’autres termes, la machine de Turing permet de s’attaquer à ce qui apparaissait jusqu’alors comme travail qualifié, ou travail intellectuel (deux notions largement discutées par Caffentzis), en réduisant les opérations de la pensée à une succession de travaux simples (calculs, opérations ; l&#8217;ensemble formant un algorithme) comparables entre eux. « Tout comme la thermodynamique nous donne la mesure pour comparer toutes sortes de dépenses énergétiques humaines, une analyse de la machine de Turing nous permet de percevoir la base quantitative des compétences. » (p. 254) « Bien que les machines simples et les moteur thermiques soient des modèles évidents pour le travail manuel, le fonctionnement de la machine de Turing apparaît comme un modèle pour la pensée en tant que travail intellectuel » (p. 261) Pour Caffentzis, une conséquence importante est qu’il n’y pas d’exceptionnalité du travail intellectuel. Autrement dit, « Si tout activité régie par des règles est informatisable, alors tout travail répétable et standardisé (qu’il soit intellectuel ou physique) produisant des marchandises est mécanisable » (p. 276) Nous avons d&#8217;ailleurs discuté de certaines des évolutions (appauvrissements, dégradations) du travail intellectuel dans le cas spécifique de l&#8217;ingénierie, en particulier sur l&#8217;activité de conception, dans l&#8217;une de nos émissions. Ces considérations de Caffentzis s’inscrivent dans une série de débats avec les défenseurs d’une théorie marxiste (post-opéraïste) du capital cognitif ou du travail immatériel (Negri, Hardt, Vercellone). Ces théories identifient de nouvelles contradictions au sein du capitalisme contemporain, notamment au sein des travailleurs créatifs et du savoir, qui échapperaient à l’emprise du capital, ouvrant ainsi de nouveaux horizons révolutionnaires. En défendant la non exceptionnalité du travail intellectuel, soumis à la menace de la machine de Turing, Caffentzis ébauche un avenir bien plus sombre que rieur pour ces travailleurs cognitifs. « Il faut s’attendre (&#8230;) à une contre-attaque venant de plusieurs côtés (a) l’internationalisation des sources de « connaissances vivantes », (b) la substitution des machines (connaissances mortes) aux « connaissances vivantes » des travailleurs et travailleuses, (c) la création de nouvelles techniques de centralisation des travailleurs et travailleuses cognitifs, (d) le développement de nouveaux systèmes de mesure du travail cognitif, (e) le développement de nouvelles méthodes de paiement. Il ne faut pas trop d’imagination pour voir ce scénario se jouer dans la crise actuelle » (p. 187-188) Ce passage quasi-prophétique résonne particulièrement aujourd’hui, du fait du développement de l’intelligence artificielle (générative ou d&#8217;un autre type). Peut-être ne s’agit-il pas ici d’un automate de Turing, mais d’une nouvelle machine (un automate statistique ?), qui nécessiterait d’étendre encore la théorie des machines proposée par Caffentzis. On ne peut en tout cas que constater avec lui, par exemple en observant les réactions des artistes (graphistes, musiciennes, écrivaine…) et scientifiques face à l&#8217;IA générative, que se rejoue la farce tragique des travailleurs et travailleuses qualifiées. « C’est le chant de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs qualifiés tout au long de l’histoire du capitalisme « Ils ne peuvent pas me prendre mon travail ; ma contribution est incommensurable ; j’en sais trop ! » » (p. 188) Malheureusement, si l&#8217;on en croit les apôtres de l&#8217;IA sur ses résultats bluffants, il nous faudra en déduire que si jusqu’à alors certain.e.s travailleureuses ont échappé aux machines simples, thermiques et de Turing, leur travail n’étant ni simple dépense énergétique, ni répétable, ni standardisé, leur activité créative n’en comporterait pas moins une dimension répétable et donc mécanisable, au moins dans le sens statistique et probabiliste du terme. Ce qui, pour le capital, pourrait être amplement suffisant pour capturer le savoir collectif (de « nouvelles enclosures »), produire des marchandises culturelles et scientifiques, ou tout simplement automatiser ce qui peut l&#8217;être, y compris dans les services et dans les sphères de la circulation et de la reproduction. Un autre aspect de la théorie de Caffentzis sur les machines consiste à réaffirmer, avec Marx, que les machines (simples, thermiques mais aussi de Turing), ne créent pas de valeur. Cette affirmation s’inscrit à la fois face à celleux qui imaginent la fin du travail grâce à l’automatisation capitaliste, mais aussi face aux partisan.e.s de la théorie marxiste du capitalisme cognitif qui, sans doute, se contentent d’observer certaines tendances visibles dans les grands centres occidentaux d&#8217;accumulation capitaliste. Pour Caffentzis, l’expansion continue de machines ne peut que s’accompagner simultanément d’une expansion du travail le plus misérable. Ceci, en raison des tentatives du capital de contrer la baisse tendancielle du taux de profit due à l’introduction de machines. « Ces causes qui contrecarrent la loi [de la baisse tendancielle du taux de profit] sont soit l’augmentation de la masse de plus-value (augmentation de l’intensité et de la durée de la journée de travail), soit la diminution de la masse du capital variable (réduction du salaire au-dessous de sa valeur, expansion du commerce extérieur), soit la réduction du capital constant (…) ou soit une combinaison de ces possibilités disjonctives » (p. 115) C’est en combinant ces causes contraires, en particulier la pressurisation des travailleureuses par divers moyens, avec l’épineuse question de l’égalisation des taux de profits à travers différents secteurs de production capitaliste que Caffentzis démontre que «l’ordinateur a besoin de l’atelier de misère, et l’existence du cyborg s’appuie sur celle de l’esclave » (p. 126). Sous le capitalisme, l&#8217;automatisation ne peut pas être la source de la prospérité collective. « La transformation des valeurs en prix résout le paradoxe du « zéro travail » en soulignant que le capitaliste « zéro travail », qui n’investit que dans le capital constant (machines, bâtiments et matières premières) et rien dans le capital variable (main d’œuvre) , reçoit un taux de profit moyen du à la transformation de la valeur des sphères de production qui fonctionnent avec beaucoup de capital variable (…) l’existence même de sphères de production ayant une composition organique (…) élevée (…) nécessite l’existence d’une masse de force de travail beaucoup plus importante exploitée dans les sphères de production ayant une composition organisation organique extrêmement faible » (p. 239) Dans le premier essai qui ouvre le livre (La crise du rapport travail/énergie et l’apocalypse), Caffentzis attribue d’ailleurs à l’énergie et à la fixation de ses prix un rôle clé, à la fois pour la mise au travail et pour la répartition des profits entre différentes branches. Il se pourrait par ailleurs que ces tentatives de rétablir le taux de profit soient désormais insuffisantes, en raison d’une ponction toujours plus importante de plus-value par des services improductifs. Nous renvoyons ici à l’analyse de Jason Smith (Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques, Editions Grevis). Mais alors, si tout travail humain (manuel ou intellectuel) est remplaçable par une machine mais que les machines ne créent pas de valeur, quelle est la particularité du travail humain qui permet effectivement la création de valeur ? Pour Caffentzis, il s’agit de la capacité unique à refuser la mise au travail. Ce thème parcourt l’ensemble de l’ouvrage. « Si le travail doit créer de la valeur, mais que les machines (simples, thermiques ou de Turing) n’en créent pas, alors les capacités de création de valeur du travail doivent résider dans sa capacité négative, c’est-à-dire dans sa capacité à refuser d’être du travail » (p. 256) « Cette analyse de création de la valeur nous permet de percevoir que la lutte des classes est à la base du mode de production capitaliste dans le domaine du travail « intellectuel » tout comme on le retrouve dans le domaine de la production physique. Elle est fondamentale, non parce qu’elle est un signe de la qualité particulière du travail intellectuel, mais parce qu’elle est simplement du travail. Bien que complexe, cette capacité de la force de travail à refuser son actualisation en travail n’est pas un aspect mystérieux de l’humanité, c’est un présupposé de l’existence la société contractuelle initiale » (p. 258) Soulignons enfin, et c&#8217;est appréciable, que chez Caffentzis, la notion de travail créateur de valeur incorpore les théories féministes de M. Dalla Costa, S. Federici ou L. Fortunati, « la valeur est créée non seulement par le travail nécessaire à la production des marchandises, mais aussi par le travail nécessaire à la production et la reproduction de la force de travail » (p. 427). Le travail misérable, et son refus, incorporent donc de large pans du travail salarié rémunéré, mais également le travail informel et le travail reproductif non rémunéré. Le refus du travail prend ainsi des formes multiples, comme ici en 1980 : « &#8211; le refus des « ententes de productivité » sur les chaînes de montage ; &#8211; la désintégration de la famille et de l’appareil reproductif nécessaire à l’entrée des travailleurs et travailleuses dans le procès de production ; &#8211; le refus d’accepter le triage d’entropie du capital, par exemple dans le système d’éducation et par l’intensification de la « criminalité » ; &#8211; le refus d’absorber passivement l’expulsion de merde du capital dans le processus biosocial de reproduction, par exemple dans la lutte contre les prisons et celle contre les décharges radioactives . Toutes ces formes de refus ont directement...]]></description>
		
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		<title>La grossesse comme travail. Une analyse sociologique féministe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 18:54:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[féminisme matérialiste]]></category>
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		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
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					<description><![CDATA[Un épisode autour de la grossesse comme travail dans une perspective sociologique féministe – avec Sofia, co-animatrice de Sortir du patriarcapitalisme, et Elsa Boulet, sociologue du genre, co-directrice d’Enfanter, entre normes médicales et représentations sociales (Erès, 2024) et autrice de Espaces et temps de la « production d&#8217;enfants ». Sociologie des grossesses ordinaires (thèse de sociologie, Université Lumière Lyon 2, 2020).]]></description>
		
		
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		<title>Le genre du capital. Dépossession des femmes et reproduction du patriarcat par la famille et le droit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 19:47:47 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[patriarcat]]></category>
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					<description><![CDATA[Un épisode sur la reproduction du capitalisme patriarcal et la dépossession systémique des femmes au moment des séparations et des héritages, à partir de Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités (La Découverte, 2020) – avec les autrices, Céline Bessière, professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine, et Sybille Gollac, sociologue chargée de recherche au CNRS. L’émission (1 heure) comporte : Une présentation de la genèse de l’émission et du livre (2’) ; Une analyse de l’héritage comme égalitaire de jure mais inégalitaire de facto en France, aboutissant à un doublement des inégalités de patrimoine entre hommes et femmes entre 1998 et 2015 (8’) ; Une analyse des stratégies de reproduction capitalistes familiales comme inégalitaires du point de vue du genre (9’) ; Une présentation des concepts de « stratégie familiale de reproduction » et de « comptabilité inversée », un outil utilisé par les acteurs et actrices du droit pour favoriser l’accumulation du patrimoine masculin aux dépens des femmes aux moments des héritages et des séparations (23’) ; Une analyse des mécanismes concrets de dépossession des femmes au moment des héritages et des séparations, et notamment des mécanismes de violence physique, psychologique et économique qui préparent cette dépossession en amont des séparations (31’) ; Une déconstruction du discours masculiniste qui fait de la justice familiale une justice de femmes à l’avantage des femmes, alors que c’est en réalité une justice favorable aux hommes et défavorable aux femmes (37’) ; Un résumé des thèses principales du livre sur les mécanismes familiaux et juridiques de reproduction des inégalités de genre (47’) ; Une analyse critique du rôle des professionnels du droit dans la reproduction des inégalités de genre (55’) ; Une conclusion sur le rôle de la famille et du droit dans la reproduction d’un ordre économiquement inégalitaire entre hommes et femmes, et in fine dans la reproduction de la société de classes et du capitalisme (1h05’). Liens Note de lecture d&#8217;un ouvrage évoqué Christine Delphy – L’ennemi principal. Économie politique du patriarcat Crédits Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Un entretien de 2021 d’Armand Paris et de Sofia. Un montage minimal et une présentation d’Armand Paris.]]></description>
		
		
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		<title>Contre Heidegger. Une critique matérialiste et antiraciste d’Être et temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 03:13:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160; Un épisode d’analyse critique d’Être et temps (1927), l’opus magnum de Martin Heidegger, à partir de Critique matérialiste d’Être et temps de Martin Heidegger (L’Harmattan, 2025) – avec l’auteur Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie et militant communiste libertaire, également auteur de Approche matérialiste de la Critique de la raison pure (L’Harmattan, 2022). L’épisode (1 heure 30 minutes) comporte : Un exposé des raisons qui ont poussé l’auteur à s’intéresser de plus près à Être et temps de Martin Heidegger : son passé nazi, l’antisémitisme des Cahiers noirs, et la publication des travaux de Peter Trawny, Emmanuel Faye et Donatella Di Cesare (1’) ; Une présentation de la philosophie de l’être et de l’étant chez Heidegger (7’) ; Une discussion sur le Dasein, les différences entre Heidegger, Michel Henry et Henri Bergson, et la critique adornienne de Heidegger (17’) ; Une critique de l’anti-humanisme, du nationalisme et de l’anthropocentrisme de Heidegger (24’) ; Une analyse critique du concept d’authenticité chez Heidegger, son sens profondément éco-nationaliste et raciste, et son héritage dans l’écologie réactionnaire et une partie de la critique de la technique (40’) ; Une contextualisation d’Être et temps, écrit dans une Allemagne en crise et marqué par un fort mouvement nationaliste völkisch (45’) ; Une critique du philhellénisme de Heidegger, caractéristique du nationalisme raciste völkisch (46’) ; Une défense de la méthode d’interprétation matérialiste d’Être et temps, qui en fait un manifeste situé pour une renaissance d’une grande Allemagne, forte spirituellement, d’où son ralliement ultérieur au nazisme, même s’il s’en détachera progressivement en raison du « matérialisme » (au sens de manque de spiritualité) technophile et industrialiste des Nazis une fois au pouvoir (51’) ; Une analyse de l’anticapitalisme tronqué de Heidegger, qui fait l’apologie de la petite production marchande des paysans, qu’il oppose au « parasitisme » des marchands, qu’il associe aux juifs (55’) ; Une critique du caractère antisémite de l’anti-humanisme et de l’anti-cosmopolitisme de Heidegger (1h05’) ; Une analyse de la prétention heideggerienne à identifier germanité et humanité comme impérialiste et raciste (1h10’) ; Une critique du caractère antisémite de la critique de la science moderne de Heidegger, qui s’inscrit dans la promotion d’une « science allemande » concrète et dans le rejet d’une « science juive » abstraite, incarnée notamment par Einstein, dans l’Allemagne des années 1920-1930 (1h12’) ; Une conclusion sur la nécessité de rejeter les anti-Lumières comme Heidegger et de dépasser les apories de l’universalisme abstrait et tendanciellement raciste, sexiste et bourgeois des Lumières, au profit d’un universalisme concret (1h16’) ; Une critique du caractère anti-ouvrier, raciste et sexiste de la philosophie de Heidegger (1h20’) ; Un rappel de l’importance d’analyser la pensée réactionnaire en temps de crise, que ce soit celle de Heidegger dans l’Allemagne des années 1920 ou celle de l’extrême-droite antisémite d’aujourd’hui, pour mieux la combattre (1h23’) ; Une critique des tentatives d’appropriation à gauche de la pensée de Heidegger (1h24’). Liens Nos autres émissions avec Benoit Bohy-Bunel Nietzsche, penseur rebelle ? Au-delà des Lumières capitalistes, contre l’extrême-droite anti-Lumières L’antisémitisme des philosophes allemands à l’extrême-droite néo-païenne actuelle Nos notes de lecture de critique de Heidegger Peter Trawny – Heidegger et l’antisémitisme Emmanuel Faye – Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie Emmanuel Faye – Arendt et Heidegger. Extermination nazie et destruction de la pensée Donatella Di Cesare – Heidegger, les juifs, la Shoah Nos émissions sur l’antisémitisme allemand völkisch et nazi Aux racines historiques de l’idéologie nazie Aux racines de l’extermination des juifs d’Europe Crédits Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Un entretien de 2018 d’Armand Paris. Un montage minimal et une présentation d&#8217;Armand Paris.]]></description>
		
		
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		<title>Aux racines de la domination masculine. Le féminisme matérialiste de Paola Tabet</title>
		<link>https://sortirducapitalisme.fr/emissions/aux-racines-de-la-domination-masculine-le-feminisme-materialiste-de-paola-tabet/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 23:07:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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		<category><![CDATA[patriarcat]]></category>
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					<description><![CDATA[Un épisode en deux parties qui va aux racines de la domination masculine à partir de travaux de l’anthropologue et féministe matérialiste Paola Tabet rassemblés dans Les doigts coupés. Une anthropologie féministe (La Dispute, 2018) – avec Leila Ouitis, autrice de plusieurs articles sur l’Algérie et une approche matérialiste de la question raciale, et Lise K., doctorante en sociologie du travail et du genre. La première partie (1 heure 10 minutes) comporte : Un rappel du contexte de cette émission, conçue comme un prolongement d’une séance du séminaire Marx et un approfondissement de nos notes de lecture et de nos émissions sur La construction sociale de l’inégalité des sexes (L’Harmattan, 1998), La grande arnaque (L’Harmattan, 2005) et plus généralement le féminisme matérialiste, et qui consiste en une présentation et une discussion de « Les mains, les outils, les armes » (1979), de « Fertilité naturelle, procréation forcée » (1985) et de La grande arnaque de Paola Tabet [1’] ; Une histoire du féminisme matérialiste, produit des luttes féministes des années 1968 et du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) [4’] ; Une présentation du concept de travail domestique chez Christine Delphy [16’] ; Une analyse de la construction sociale des femmes en tant que classe / genre / sexe social [20’] ; Une présentation biographique de Paola Tabet, du Parti Communiste Italien au féminisme matérialiste en passant les hippies [27’] ; Une analyse des racines « matérielles » de la domination masculine, et notamment du monopole masculin sur les armes et les outils les plus performants, ainsi que leur fabrication, à partir de « Les mains, les outils, les armes », en discussion avec les thèses d’Engels sur les origines du patriarcat [33’] ; Une précision sur les concepts de matriarcat et matrilinéarité [38’] ; Une présentation des thèses de Paola Tabet sur les racines de ladite « division sexuelle du travail », en discussion avec les travaux anthropologiques de son époque [42’] ; Les exemples récents de monopolisation masculine des outils les plus performants : informatique, chirurgie, etc. [51’] ; Une critique des explications naturalistes et économicistes de ladite « division sexuelle du travail » [52’] ; Une présentation du concept de sexage, i.e. de l’appropriation des femmes comme « outils » par les hommes, et une mise en rapport de l’évolutionnisme de Leroi-Gourhan et de l’anthropologie féministe matérialiste de Paola Tabet [1h] ; Une précision quant au « matérialisme » du féminisme matérialiste [1h08’]. La deuxième partie (50 minutes) comporte : Une présentation de « Fertilité naturelle, reproduction forcée » (1985) de Paola Tabet, dont l’idée principale est celle que nos sociétés patriarcales s’organisent de manière à maximiser l’exposition des femmes au risque de grossesse à travers le mariage, la dépossession matérielle, la pression psychologique et idéologique, la violence, etc. [1’] ; Une actualisation de la pensée de Paola Tabet, notamment sur le natalisme différencié en fonction de la classe et de la race [23’] ; Une présentation de La grande arnaque (2005), qui déconstruit le concept moralisateur de prostitution, et démontre l’existence d’un continuum des échanges (inégaux) économico-sexuels entre hommes et femmes, du travail de sexe au mariage [26’] ; Une critique du concept de prostitution [28’] ; Une explication du continuum entre mariage et travail du sexe en matière d’échange (inégal) économico-sexuel entre hommes et femmes [36’] ; Une analyse des racines de l’échange (inégal) économico-sexuel entre hommes et femmes [41’] ; Une discussion des concepts de désir et de consentement à l’aune du féminisme matérialiste [52’] ; Une conclusion articulant les travaux de Paola Tabet sur la division sexuelle du travail, la reproduction forcée et les échanges économico-sexuels pour expliquer la construction des femmes comme groupe social dominé/exploité/approprié [55’] ; Une ouverture sur la révolution comme abolition conjointe des classes et des genres [56&#8242;]. Liens Les séances du séminaire Marx mentionnées Sur Paola Tabet (Lise Kayser et Leïla-Anne Ouitis) Sur L’origine de la famille de la propriété privée et de l’État de F. Engels (Ariel Guillet et Lise Kayser) Les notes de lecture sur Tabet et le féminisme matérialiste Paola Tabet – La construction sociale de l’inégalité des sexes. Des outils et des corps Paola Tabet – La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel Colette Guillaumin – Sexe, race et pratique du pouvoir Christine Delphy – L’ennemi principal. Économie politique du patriarcat Christine Delphy – L’ennemi principal. Penser le genre Gayle Rubin – L&#8217;économie politique du sexe Les émissions sur le féminisme matérialiste (Trans)féminisme matérialiste. Repenser la place des femmes trans au sein du féminisme comme mouvement et comme théorie Une histoire des luttes féministes des années 1968 – entretien avec Christine Delphy Bibliographie Paola Tabet, La construction sociale de l’inégalité des sexes: des outils et des corps, Bibliothèque du féminisme (Paris: L’Harmattan, 1998); Paola Tabet, La grande arnaque: sexualité des femmes et échange économico-sexuel (Paris: L’Harmattan, 2016). Paola Tabet, Marie-Élisabeth Handman, et Pascal Cordara, Les doigts coupés: une anthropologie féministe, Le genre du monde (Paris: la Dispute, 2018). Christine Delphy, L’ennemi principal. L’économie politique du patriarcat (Paris: Syllepse, 2013); Christine Delphy, L’ennemi principal. Penser le genre (Paris: Syllepse, 2013); Christine Delphy et Diana Leonard, L’exploitation domestique, trad. par Annick Boisset, 2019. Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir: l’idée de nature, Racine de iXe (Donnemarie-Dontilly: Éditions iXe, 2016). Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique: catégorisations et idéologies du sexe, Racine de iXe (Donnemarie-Dontilly: Éd. iXe, 2013). Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique 2, Le genre du monde (Paris: la Dispute, 2014). Monique Wittig, La pensée straight, éd. par Sam Bourcier (Paris: Editions Amsterdam, 2018). Théorie communiste n°23 et 24 Maya Gonzalez et Jeanne Neton, Logique du genre (Marseille: Éditions Sans soleil, 2022). Crédits Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Illustration : https://dygest.co/paola-tabet/les-doigts-coupes Un entretien de 2024 d’Armand Paris. Un montage et une présentation de Leila Outis et Armand Paris.]]></description>
		
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		<title>Penser l’articulation entre la lutte contre l’antisémitisme et la lutte contre le colonialisme israélien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2024 00:53:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un contexte de montée de l’antisémitisme en France, de guerre coloniale à Gaza, et plus récemment de polémique sur le caractère antisémite des violences à Amsterdam en novembre 2024, un épisode qui vise à poser les jalons d’une articulation entre la lutte contre l’antisémitisme et la lutte contre le colonialisme israélien – avec Armand Paris de l’équipe de Sortir du capitalisme. L’épisode (1 heure 20 minutes) comporte : Une présentation du projet de cette émission : penser l’articulation entre montée de l’antisémitisme et violence coloniale en Palestine, d’une part, et entre lutte contre l’antisémitisme et lutte contre le colonialisme israélien, d’autre part [1min47sec] Une critique des réactions à gauche face à la montée de l’antisémitisme dans un contexte de guerre coloniale à Gaza : d’un côté, celles et ceux qui se focalisent sur l’instrumentalisation croissante par les Etats occidentaux et Israël de cette montée de l’antisémitisme pour justifier les crimes du colonialisme israélien et la répression du mouvement pro-palestinien, au prix d’une minimisation ou d’une négation de la montée de l’antisémitisme en France ; d’un autre côté, celles et ceux qui vont se focaliser sur la montée de l’antisémitisme, mais en niant ou minimisant au passage le caractère intrinsèquement colonial de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat refuge des Juifs face à l’antisémitisme mondial, participant ainsi malgré elles et eux à l’agenda idéologique dominant qui fait de l’Etat d’Israël un Etat qui n’est pas intrinsèquement colonial et du mouvement pro-palestinien ou antisioniste un mouvement tendanciellement antisémite [3min25sec] Une présentation des questions auxquels nous répondons dans cette émission : Comment expliquer la montée de l’antisémitisme à chaque épisode sanglant du colonialisme israélien ? Comment expliquer la dimension antisémite d’une partie des critiques de l’Etat d’Israël ? Peut-on lutter simultanément contre l’antisémitisme et contre les crimes du colonialisme israélien, et si oui, comment ? [8min23sec] Une critique des impasses des polémiques à gauche sur l’antisémitisme depuis le 7 octobre [14min23sec] Thèse n°1 : la montée de l’antisémitisme concomitante aux crimes coloniaux israéliens ne peut s’expliquer que par l’existence au préalable d’un antisémitisme plus ou moins fort dans la population [15min58sec] Thèse n°2 : l’antisémitisme est la personnalisation racialisante non seulement du capital financier et mondialisé [Stoff], mais aussi du colonialisme « sioniste » et de l’impérialisme « américano-sioniste », consistant à incarner le colonialisme israélien dans un groupe racialisé, les Juifs du monde entier [21min40sec] Thèse n°3 : un des moteurs du ressentiment antisémite en France est la racialisation « bienveillante » (comme on parle de « sexisme bienveillant ») des juifs de France comme « minorité modèle » qui serait bien intégrée, laïque et travailleuse, et a contrario des « minorités repoussoirs », notamment les populations musulmanes et romani [23min] Thèse n°4 : cette racialisation « bienveillante » n’exclue pas une poursuite de la racialisation péjorative des Juifs comme communautaristes ou réactionnaires, à l’extrême-droite comme parfois à gauche [27min36sec] Thèse n°5 : l’antisémitisme actuel en France est une combinaison du complotisme antisémite assimilant les Juifs à un pouvoir mondial et du ressentiment à l’égard des Juifs de France comme « minorité modèle » associée à Israël et qui serait « favorisée » par l’Etat, notamment en termes de politique mémorielle – d’où un négationnisme de la Shoah – et d’alignement géopolitique avec l’Etat d’Israël [29min20sec] Thèse n°6 : l’antisémitisme actuel est notamment un produit du discours des Etats occidentaux identifiant leurs communautés juives nationales à Israël, favorisant l’équation antisémite entre Juifs et crimes coloniaux israéliens [29min58sec] Un retour sur l’antisémitisme de Soral et Dieudonné [34min09sec] Thèse n°7 : l’essouflement des luttes pro-palestiennes dans les années 2000 a été un terreau favorable à une appropriation croissante de « l’antisionisme » par des antisémites d’extrême-droite comme Dieudonné et Soral, même s’il y a toujours eu une frange antisémite se réclamant de l’antisionisme [37min14sec] Thèse n°8 : il y a une urgence morale, politique et stratégique à faire plus de formations contre l’antisémitisme dans les mouvements pro-palestiniens et contre le colonialisme israélien dans les mouvements de lutte contre l’antisémitisme, et ce en articulant les deux problématiques sans les rabattre l’une sur l’autre, de manière à lutter contre les impasses de chaque mouvement et contre leur suspicion respectivement à l’égard de la lutte contre l’antisémitisme et à l’égard de la lutte pro-palestinienne [42min56sec] Thèse n°9 : lutter contre l’antisémitisme implique de ne pas exceptionnaliser « négativement » l’Etat d’Israël comme Etat super-impérialiste tout-puissant et maléfique, ni de l’exceptionnaliser « positivement » comme Etat refuge intrinsèquement émancipateur, mais d’en faire un Etat colonial de peuplement parmi d’autres, avec ses spécificités mais aussi ses caractéristiques communes avec d’autres colonisations de peuplement [52min02sec] Thèse n°10 : il faut arrêter de séparer la lutte contre l’antisémitisme de la lutte antiraciste, et réciproquement, il faut combattre la montée réelle de l’antisémitisme y compris dans nos rangs [57min23sec] Thèse n°11 : on ne pourra rallier le mouvement pro-palestinien à la lutte radicale contre l’antisémitisme qu’en étant radicalement anticolonialistes, et on ne pourra réconcilier une partie des Juifs de France avec la gauche qu’en étant radicalement contre l’antisémitisme [1h20sec] Thèse n°12 : il y a de l’antisémitisme à gauche, et même de gauche lorsqu’il se cache derrière un discours anticolonialiste de gauche, et il faut le combattre en tant que tel [1h08min51sec] Thèse n°13 : au-delà de savoir si Mélenchon est antisémite, il est clair que certains de ses discours peuvent nourrir un imaginaire antisémite, une interprétation antisémite du monde, et c’est une faute morale et politique grave [1h12min50sec] Une discussion sur l’articulation entre populisme et antisémitisme [1h13min46sec] Une conclusion sur l’articulation entre lutte contre l’antisémitisme et lutte contre le colonialisme israélien [1h20min45sec] Liens Nos émissions sur l’antisémitisme Repenser l’antisémitisme pour mieux le combattre L’antisémitisme des philosophes allemands à l’extrême-droite néo-païenne actuelle Aux racines historiques de l’idéologie nazie Aux racines de l’extermination des juifs d’Europe La destruction des juifs d’Europe (1933-1945) Nos émissions sur le colonialisme israélien Colonisation de peuplement : aux racines du « conflit israélo-palestinien » Le nettoyage ethnique de la Palestine, 1948 : moment fondateur de l’Etat colonial d’Israël Israël-Palestine : colonialisme, classes et capitalisme Crédits Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Un entretien de Vincent Lebovici avec Armand Paris. Un montage et une présentation minimales d’Armand Paris.]]></description>
		
		
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