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	<title>Armand Paris &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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	<description>Pour une critique émancipatrice du capitalisme</description>
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	<title>Armand Paris &#8211; Sortir du capitalisme</title>
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		<title>Système monétaire, Etats-Unis, France. Une discussion avec le collectif Réalité.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 18:31:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour cet épisode, nous avons reçu Andrée, Kolia et Luca du collectif Réalité pour une discussion sur le capitalisme contemporain, et notamment son architecture monétaire, la place occupée par les Etats-Unis et la Chine, et les spécificités du capitalisme français. En détails, l&#8217;épisode contient : une introduction qui revient sur le collectif et ses motivations initiales, notamment ses motifs d&#8217;insatisfaction face à une théorie critique qui se situe souvent à des niveaux élevés d&#8217;abstraction sans médiations intermédiaires avec la réalité concrète une discussion autour du système monétaire international (14&#8242;), qui aborde entre autres le rôle des monnaies nationales &#8211; fortes ou faibles &#8211; et leur relation avec la notion d&#8217;impérialisme (16&#8242;) ; la place particulière et évolutive des Etats Unis (22&#8242;) qui aboutit à l&#8217;heure actuelle à un « non système monétaire » (31&#8242;) remis en cause par des conseillers économiques de Donald Trump tels que Stephen Miran (34&#8242;) une discussion autour d&#8217;une formation sociale nationale spécifique (45&#8242;), la France, avec un résumé à grands traits de l&#8217;histoire du capitalisme français et ses caractéristiques principales (47&#8242;), et ses conséquences pour les luttes actuelles et leur traduction dans une forme particulière de réformisme politique (56&#8242;) en conclusion, une présentation des thématiques qui seront abordées par le collectif Réalité dans de futurs articles (1h05) Ressources complémentaires : Le site du collectif Articles discutés dans l&#8217;émission Sur terrain instable, la fin d&#8217;un non-système monétaire Le grand détournement, la doctrine Miran et le choc Trump Misère et vanité de la voie française &#8211; Capitalisme en France, épisode 1 La fuite en avant &#8211; Capitalisme en France, épisode 2 Cet épisode a été enregistré le 3 Décembre 2025 au studio son de la Parole Errante.]]></description>
		
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		<title>Sortir du capitalisme fête ses 10 ans !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 12:06:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a 10 ans, le 19 janvier 2016, Sortir du capitalisme enregistrait sa première émission au studio de Radio Libertaire à Paris. L’émission est née un peu par hasard. Son fondateur, Armand Paris, qui animait à l’époque le blog Pensée radicale en construction, avait proposé au moment de la COP 21 d’intervenir sur cette radio anarchiste historique au sujet des liens entre capitalisme et destruction de la planète. Une des responsables de Radio Libertaire de l’époque, C., après une lecture des articles du blog Pensée radicale en construction, lui proposa plutôt d’animer une émission.  D’un commun accord, elle fut intitulée Sortir du capitalisme, du nom d’un éphémère projet de continuation de la revue Sortir de l’économie auquel Armand était à l’époque associé. Grâce à Jean-Claude à la technique, la première émission fut enregistrée en direct le mardi 19 janvier 2016 de 14h30 à 16h. Un créneau hebdomadaire (ambitieux !), qui tiendra plusieurs années grâce à Jean-Claude, avant que le covid et des désaccords grandissants avec la ligne de Radio Libertaire (sur la question du marxisme, de l’islamophobie et de la transidentité notamment) nous poussent à devenir une web radio entièrement autonome, même si elle fut également diffusée sur Radio Zinzine puis sur Fréquence Paris Plurielle en 2022. Aujourd&#8217;hui, les émissions de « Sortir du Capitalisme » sont diffusées en format podcast, sur son site et sur la plateforme militante Spectre (et, par rebond, sur d&#8217;autres plateformes de podcast). Par ses origines, Sortir du Capitalisme est lié à la riche histoire des radios libres &#8211; toujours plus menacées &#8211; et à la diffusion hertzienne en direct. Nous essayons de garder dans nos podcasts le format d&#8217;une conversation prise « sur le vif » (dans les conditions d&#8217;un direct, parfois en studio, parfois à distance), même si cette forme audio nous permet aujourd&#8217;hui  d&#8217;envisager des formats audios plus travaillés et d&#8217;utiliser des modes de diffusion différents (asynchrones et multi-plateformes). Le premier invité pressenti était Matthieu Rigouste, le deuxième Marius Loris, le troisième Maurice Rajsfus, et les deux derniers furent nos deux premiers invités : c’est dire si les questions de l’état d’urgence, de la répression policière et du durcissement autoritaire de l’Etat français furent pour beaucoup dans le lancement de Sortir du capitalisme, avant que le mouvement contre la loi travail en 2016 oriente l’émission vers les luttes et la critique du travail capitaliste. La ligne originelle du Sortir du capitalisme était celle de Pensée radicale en construction, à savoir une analyse principalement fondée sur la critique de la valeur et la technocritique anti-industrielle, comme cela s’en ressent dans les premières émissions. Cette ligne a connu progressivement un quadruple changement, sans renier pour autant d&#8217;une part la critique radicale de la domination impersonnelle du capitalisme, de l’antisémitisme et du confusionnisme héritée de la critique de la valeur, d&#8217;autre part celle du scientisme et du technosolutionnisme héritée de la technocritique anti-industrielle. Tout d’abord, un éloignement progressif de la critique de la valeur et un rapprochement vers les marxismes anti-autoritaires, en premier lieu la communisation, pour leur rapport moins condescendant aux luttes et leur critique radicale à la fois de la domination impersonnelle du capitalisme et de la domination de classe. Ensuite, une rupture avec le courant dit anti-industriel, progressive puis plus nette au moment du covid, au sujet de l’auto-défense sanitaire, d’un rapport non-dialectique aux sciences naturelles et d’une naturalisation des rapports sociaux allant parfois jusqu’à la transphobie et au différentialisme. Enfin, une ouverture « intersectionnelle » au féminisme matérialiste, à l’antiracisme matérialiste (après un court moment d’égarement qui faisait trop de concessions aux « antiracialisateurs »), aux approches matérialistes trans, à l’antivalidisme, à l’antispécisme et à la critique de la grossophobie. Et ce, notamment dans le cadre de la série d&#8217;épisodes « Sortir du patriarcapitalisme »  (co-animé avec Sofia, mettant ainsi fin au capitalocentrisme initial de l’émission. Et enfin, après un ton très polémique et un rapport parfois puriste voire sectaire à certaines positions théoriques, un infléchissement progressif vers une critique radicale plus constructive et plus pluraliste, sans pour autant tomber dans le réformisme ou le relativisme. 10 ans après notre première émission, nous avons enregistré, monté et publié une centaine d’émissions sur des sujets extrêmement variés, cumulant des centaines de milliers d’écoutes sur notre site et différentes plateformes, sans parler de nos notes de lecture, de tous nos projets inaboutis et de nos enregistrements qui attendent encore d’être montés. A notre modeste échelle et avec nos petits moyens techniques et humains, nous espérons avoir contribué à faire bouger quelques lignes sur un certain nombre de sujets pour des milliers de personnes&#8230; et c’est déjà pas mal ! Pour la suite, nous aimerions encore gagner en audience : nous sommes preneurs de toutes les bonnes volontés pour diffuser davantage Sortir du capitalisme, sur vos radios (en intégralité ou des extraits), et dans vos réseaux sociaux et militants. Nous allons également continuer à faire, à notre rythme, des émissions et des notes de lecture, alimentées entre autres par les contributions théoriques de différents collectifs ou l&#8217;activité éditoriale de maisons d&#8217;éditions amies. Nous aimerions en particulier faire davantage d’émissions sur des sujets encore trop peu traités jusqu&#8217;à alors sur notre site, à commencer par la critique anticolonialiste et antiraciste, mais aussi par exemple pour les questions techniques envisagées de manière dialectique. Nous savons que passer derrière un micro peut être intimidant, mais, ici aussi nous sommes à la recherche de camarades motivé-e-s pour, ensemble, enregistrer de nouvelles émissions (que ce soit par une préparation commune d&#8217;émission, une proposition de contribution et d&#8217;intervention, une aide au montage et au mixage). Vous pouvez nous contacter à l&#8217;adresse suivante : sortirducapitalisme at riseup.net Sortir du capitalisme a connu des hauts, notamment lors de la mobilisation contre la loi travail, et des bas, comme lors du crash de son site Internet et du ralentissement de son activité en 2021-2022. Pour autant, grâce à Bastien qui a tenu à bout de bras le site pendant des années ; grâce à Guillaume qui a transformé nos émissions en vidéos Youtube pendant des années ;  grâce à Ludivine et Sylvan qui ont développé l’activité sur les réseaux sociaux de Sortir du capitalisme ; grâce à Paul qui a co-animé et monté plusieurs émissions ; grâce à Spectre qui nous a remotivés en décembre 2021 ; et enfin et surtout grâce à Tom qui a rejoint l’équipe en 2023 et a remis sur pied notre site Internet, monté plusieurs émissions et qui est à l’initiative de nombreux projets d’émissions pour 2026 après en avoir co-animé plusieurs par le passé, Sortir du capitalisme a survécu aux aléas de la vie, au covid et aux défaites jusqu’à aujourd’hui. Mais ce qui nous a donné la force de continuer à préparer, enregistrer, monter, publier et partager nos émissions même dans les périodes difficiles, c’est surtout l’intérêt toujours renouvelé de nos auditeurs et de nos auditrices – à travers leurs mots d’appréciations sur les réseaux sociaux, par mail ou par la bouche à oreille – pour nos productions. Merci de nous avoir écouté et partagé tout au long de ses dix années, même si elles étaient parfois trop longues, parfois trop denses, parfois de qualité sonore inégale. A l&#8217;occasion de ces dix ans, n&#8217;hésitez pas à laisser un commentaire sous cette publication pour nous faire part de vos avis, critiques, pistes d&#8217;amélioration&#8230; ! Même si nous essayons de nous améliorer techniquement, théoriquement et politiquement au fur et à mesure des années, notre émission reste plus que jamais fidèle à son leitmotiv marxien anti-autoritaire : faire une « critique sans concessions de tout ce qui existe » pour faire advenir une société émancipée de toutes les dominations sociales, car si « l’arme de la critique ne peut remplacer la critique par les armes, la puissance matérielle ne peut être abattue que par la puissance matérielle, mais la théorie aussi, lorsqu’elle s’empare des masses, devient une puissance matérielle ». Si nos émissions ne sont que peu de choses face aux structures de domination et par rapport aux luttes qui les contestent, et si ces dernières sont théoriciennes par nécessité et n’ont pas besoin de nous pour penser par elles-mêmes, gageons qu’en contribuant à notre émancipation intellectuelle et à celle de nos auditeurs et de nos auditrices, elles nous poussent à lutter de manière émancipatrice.]]></description>
		
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		<title>La révolution portugaise (1974-75) : entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:08:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un demi-siècle après, une analyse de la révolution portugaise et de ses dynamiques, entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire, entrisme dans l’institution militaire et luttes populaires de base, à l’heure d’une résurgence du léninisme en France – avec Charles Reeve, déserteur de l’armée portugaise en 1967, témoin et participant occasionnel au mouvement révolutionnaire, proche des idées communistes de conseil, et auteur sur ce sujet de nombreux textes. Avec : La description des forces politiques en présence, notamment les différents partis (7’40&#8243;) Une critique de la stratégie d’entrisme dans l’institution militaire en révolte (17’30&#8243;) et de ses conséquences sur les activités d’auto-organisation hors armée (28’) Une discussion sur la crise sociale au Portugal et la question coloniale, menant à la décolonisation sous la pression populaire (36’) Les leçons de la révolution : auto-organisation et spontanéité (43’) ; le mouvement apartidaire (48’30&#8243;) ; les tentatives et les limites de l’autogestion (50’30&#8243;) ; les interactions et rapports de force avec les autres pays européens, notamment l’Espagne (1h 1’) Ressources complémentaires Textes Écrits par Charles Reeve Charles Reeve, « Une révolution ne s’arrête pas aux feux rouges » revue Brasero 3, Editions l’Echappée, Paris, 2023 Charles Reeve, « La conception putschiste de la révolution sociale », Christian Mahieux et Patrick Silberstein (coord.), Portugal, La Révolution des Œillets, Paris, Syllepse, 2024 [Spartacus, 1976]. Les recommandations de Charles Reeves Phil Mailer, Portugal 1974-75, révolution manquée ?, Paris, Les Nuits rouges, 2019 Le meilleur livre en français sur les événements. Par un participant direct de sensibilité libertaire Raquel Varela, Un peuple en révolution : Portugal 1974-1975, Marseille, Agone, 2018 Une approche trotskiste très documentée Yves Léonard, Sous les œillets la révolution, Paris, Chandeigne, 2023 Victor Pereira, C’est le peuple qui commande, Paris, Les éditions du Détour, 2023 Radio Entretiens de Charles Reeves sur Radio Vostanie La lutte des classes au Portugal Emission du 25 janvier 2014 « Minuit dans le Siècle » sur Spectre avec Victor Pereira, épisode 1 et épisode 2]]></description>
		
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		<title>Jason E. Smith. Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L&#8217;automation à l&#8217;âge de la stagnation.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 14:11:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[automation]]></category>
		<category><![CDATA[machines]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous revenons dans cette note de lecture 1 sur l’ouvrage de Jason E. Smith, « Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques ? L’automation à l’âge de la stagnation », traduit et paru aux Editions Grevis en 2021, et excellemment préfacé par Daria Saburova. Si Smith n’aborde pas frontalement la question désormais omniprésente de l’intelligence artificielle générative (nous y reviendrons sommairement en conclusion), il nous semble néanmoins défendre un point de vue contemporain et original sur la question de l’automation au début du XIXème siècle. Ce livre s’inscrit d’abord dans un contexte anglophone où les discours sur l’avènement d’un âge des machines caractérisé par une automation totale du travail fleurissent, nourrissant ainsi une ribambelle de projections de droite comme de gauche, autour de thèmes tels que la fin du travail, l’oisiveté heureuse dans une société post-capitaliste d’abondance, mais aussi la croissance du chômage et l’augmentation des désordres sociaux. Jason E. Smith prend à contre-pied toutes ces analyses en s’efforçant de démontrer que notre époque se caractérise avant tout &#8212; comme l&#8217;indique le sous-titre du livre &#8212; par une stagnation économique. Avant de pousser plus en avant cette notion de stagnation, suivons Smith sur sa définition de l’automation : « Les facteurs décisifs dans la définition de ce qu’est l’automation, par contraste avec la mécanisation et la rationalisation, sont doubles : d’une part, le type de travail humain substitué (le remplacement non seulement d’opérations simples, mais aussi de la prise de décision et de la supervision) ; d’autre part, et c’est l’aspect le plus important, l’intégration d’opérations de manufacture auparavant discontinus afin que le processus de travail soit transformé en un flux continu, interrompu » (p.47) La mise en œuvre de l’automation est donc indissociable des technologies informatiques et de contrôle (boucles feedback). On comprend néanmoins à la lecture de cette définition que l’automation totale, c’est-à-dire la disparition de toute intervention humaine dans le procès de travail, est loin d’être réalisée. De plus, toute analyse qui se concentrerait uniquement sur les secteurs productifs les plus automatisés risque de négliger la part importante de secteurs intensifs en travail et peu automatisés : l’automation n’est pas uniforme, elle est intrinsèquement hétérogène et inégale. L’automation se déploie donc dans un environnement économique caractérisé par une stagnation qui, depuis environ la moitié des années 1970, prend diverses formes discutées par Smith. Tout d’abord, Smith remarque que plus la stagnation devient évidente, plus les discours sur les supposées vertus miraculeuses de la technologie contemporaine sont audibles. Concernant les indicateurs macro-économiques, Smith souligne une baisse des investissements des entreprises 2, engendrant une inertie technologique, des phénomènes de rentes et des stratégies financières (rachat d’action) qui ne favorisent pas l’innovation. Il observe aussi une stagnation des salaires réels, sans hausse significative des chiffres du chômage, en contradiction avec ce que supposerait la loi de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Smith passe plusieurs facteurs explicatifs en revue, notamment les artefacts statistiques (non-inscription en tant que demandeur d’emploi) ou l’érosion des rapports de forces favorables aux travailleurs. Selon lui cependant, le facteur majoritaire réside dans la chute de la productivité du travail. Smith nous rappelle que, si les salaires ont augmenté durant les Trente Glorieuses, c’est grâce à des gains significatifs de productivité du travail qui ont permis à la fois d’augmenter les salaires et de préserver les marges du capital (ce qui a pu être appelé compromis fordiste). En l’absence de gains de productivité, « même les organisations de travailleurs les plus vaillantes ne peuvent rien contre les conditions et limites matérielles » (p. 109). Cette chute de la productivité du travail, a notamment été décrite dans le cadre du paradoxe connu sous le nom de paradoxe de Solow depuis 1987 : « [l’informatique, ] que tout le monde considère comme une révolution technologique a partout été accompagné d’un ralentissement de la croissance de la productivité, et non par une augmentation. L’âge de l’ordinateur est retentissant partout sauf dans les statistiques de la productivité » (p. 61). Contre ce paradoxe, certains économistes défendent l’idée d’un déphasage technologique, lié au temps de diffusion de la technologie dans l’ensemble des strates de la société. Néanmoins, Smith indique que la « reprise » ou l’émergence d’un nouveau « régime technologique » (Mandel, Kondratieff) se fait encore (trop) attendre. Pour expliquer cette chute de la productivité, Smith mobilise de manière critique la théorie de William Baumol. Cette théorie postule qu&#8217;une fois atteint un certain stade de développement économique, on peut identifier deux pôles, d’une part un secteur évolutif et dynamique technologiquement, d’autre part un secteur stagnant. Les gains de productivité déplacent la main d’œuvre du premier vers le second secteur. Par ailleurs, ces mêmes gains de productivité permettent de baisser le coût unitaire de certaines marchandises. A salaire constant, la part de salaire nécessaire pour acheter ces marchandises diminue, ce qui permet de reporter la consommation vers des biens produits par le second secteur (et donc de faire augmenter la demande en main d’œuvre de ce secteur). L’ensemble décrit un « processus harmonieux » (p. 115) avec néanmoins des différentiels de productivité croissants entre les deux secteurs, ce qui a pour conséquence une chute globale de la productivité : « la croissance globale de la productivité pour la main d’œuvre prise dans sa entièreté ne peut qu’être en baisse, puisque tout hausse supplémentaire dans l’output d’une économie dont la croissance de la productivité est ralentie demandera la mobilisation de plus en plus de main d’œuvre pour la réaliser » (p. 115) De manière implicite, ces deux secteurs correspondent d’une part à l’industrie, d’autre part aux services. L’analyse de Baumol décrit donc le phénomène de désindustrialisation (baisse de la part d’emplois industriels), observé de diverses manières aux Etats-Unis, en Europe et même partiellement en Chine. Ici, on renverra à l’ouvrage d’Aaron Benanav, « L’automatisation et le futur du travail » (Ed. Divergences), qui contient de nombreuses statistiques intéressantes. Smith est néanmoins très critique de la notion de service qui « englobe tout [ce qui n’est pas l’industrie] et apparaît finalement comme opaque » (p. 123). D’un point de vue macro-économique, la classification de service se fait d’abord à l’échelle des entreprises, indépendamment des emplois et postes réellement occupés. L’externalisation de certaines tâches et la sous-traitance peuvent ainsi faire apparaître comme service ce qui était auparavant interne à une industrie (et aurait donc été catégorisé comme industriel). La division croissante du travail rend aussi particulièrement complexe la distinction entre les tâches qui participent directement à la production et celles qui n’y participent pas. Dans cette catégorie fourre-tout, il est possible de repérer des emplois susceptibles de résister d’avantage à une certaine rationalisation et automatisation. C’est le cas par exemple des emplois, souvent moins délocalisables, dont la production est consommée immédiatement ou proche du lieu de production ; des emplois à bas salaire (compétitifs face à de l’investissement en machine) ; ou encore trop complexe à automatiser, par exemple tous les services à la personne requérant des compétences humaines et culturelles parfois implicites et difficiles à acquérir. Néanmoins, ce n’est pas une généralité : certains services se prêtent bien à l’automatisation, à l’image des fast-foods ou des caisses automatiques. La notion de productivité est également très ambiguë. La productivité est un ratio entre un input et un output, mais son évaluation en termes monétaires ou en termes concrets mène à des interprétations différentes. Smith nous donne un exemple éclairant : « Imaginons une entreprise capable de baisser de moitié le prix de ses chaussures (de 100 à 50 dollars américains), tout en doublant le nombre de paires de chaussures qu’elle produit et vend (de 50 000 à 100 000 unités). En termes d’argent, le résultat (output) généré est le même, soit 5 millions de dollars. Une telle entreprise n’aurait donc pas fait montre, en termes d’argent, d’une augmentation de la productivité du travail, même si les changements technologiques dans les processus du travail (…) doublent le nombre de paires de chaussures produites. Cette distorsion existe aussi dans l’autre sens. Si une entreprise (…) génère le même volume de production (output) et que le prix de vente unitaire augmente, alors l’output en termes d’argent augmente lui aussi. (…) Dans le cas du secteur évolutif, les gains de productivité sont cachés ; dans le cas du secteur stagnant, les gains sont attribués là où il n’y en a pas » (p.128) On voit bien ici les limites d’une analyse qui ne serait basée que sur le sens commun de la productivité (passer moins de temps à produire une même marchandise, donc être plus efficace). Par ailleurs, si l’exemple précédent s’intéresse à l’évaluation monétaire ou concrète de l’output (le numérateur du ratio définissant la productivité), Smith s’intéresse également à l’input. C’est là que l’on retrouve les stratégies d’intensification du travail (productivité horaire améliorée) ou de compression salariale (baisse du coût du travail), qui peuvent être déployées sans aucune modification technologique du procès de travail. Du point de vue d’un investisseur, seule l’évaluation en termes monétaires permet de comparer la productivité entre différentes entreprises ou différents secteurs. Cela a néanmoins pour conséquence d’exclure de l’analyse toutes les activités qui n’ont pas de prix (travail n’ayant pas de valeur d’échange mais une valeur d’usage), comme par exemple le travail reproductif non rémunéré. Et, au contraire, cela inclut dans l’analyse des activités vendues sur le marché (donc des emplois salariés) dont on peine à identifier ce qu’elles produisent vraiment (travail n’ayant pas de valeur d’usage mais une valeur d’échange), et pour lesquelles assigner une productivité est faisable mais douteux. Tel est le cas par exemple des banquiers, enseignant-e-s, ou agents de sécurité. Si donc, la notion de service est trop englobante et celle de productivité discutable suivant les emplois considérés, que faire ? Smith propose alors de revenir à la théorie marxienne à travers trois notions : la baisse tendancielle du taux de profit, le travail productif et le travail improductif. « Quand les marges de profits sont réduites, la somme de capital disponible pour l’investissement, au-delà des coûts nécessaires à faire perdurer les opérations en cours, se réduit elle aussi. Le taux de profit peut donc être compris comme ayant un rôle crucial de régulation dans la performance des économies capitalistes, puisqu’il détermine (c’est-à-dire qu’il pose les limites) le taux d’investissement et, par conséquent, tous les indicateurs précédemment mentionnés : le chômage, la productivité, la rémunération des travailleurs » (p. 143) Si la définition du taux de profit n’est pas consensuelle dans l’économie majoritaire, l’analyse marxienne est bien plus claire. Le cœur de l’analyse repose sur deux aspects. D’une part, la composition organique du capital, c’est à dire la part du « capital « constant » (l’infrastructure, le matériel, les matières premières, l’informatique etc.) » et la part du « capital « variable » (le coût de la force de travail, ou la masse salariale) ». D’autre part, « le fait que (…) seule la consommation de la force de travail dans le processus de travail génère de la survaleur » (p. 145) – nous renvoyons également ici à la note de lecture que nous avons consacré à George Caffentzis, qui traite notamment du fait que les machines ne créent pas de valeur. Marx a ainsi formulé une « loi générale (…) selon laquelle l’investissement dans les technologies économes en main d’œuvre signifie que le stock de capital augmente plus rapidement que l’investissement dans la main d’œuvre » (p. 146), menant ainsi à une baisse tendancielle des taux de profits. Cette baisse tendancielle peut néanmoins être contrecarrée par plusieurs facteurs : l’« abaissement du coût du capital constant » grâce aux gains de productivité ; la « compression des salaires » ; l’« intensification » du travail. Pendant de nombreuses décennies après la mort de Marx, la baisse tendancielle du taux de profit n’a pas été observée dans les statistiques économiques ; cela pourrait néanmoins être le cas depuis le milieu des années 1970, et ce malgré la mobilisation de l’ensemble de ces leviers de compensation par les capitalistes. Pour Smith, l’explication réside dans l’apparition d’un phénomène supplémentaire, c’est-à-dire la « réallocation » de travailleurs entre travail productif de valeur et travail improductif de valeur. Suivant Marx, Smith inclut deux grands types de...]]></description>
		
		
		
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		<title>George Caffentzis. En lettres de feu et de sang – Travail, machines et crise du capitalisme.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 18:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<category><![CDATA[anti-travail]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié en 2025 chez Entremonde (excepté pour le Canada, où il s’agit des Editions de la rue Dorion), cet ouvrage rassemble plusieurs essais de George Caffentzis écrits entre 1980 et 2010, présentés dans trois grandes parties : « le travail et son refus », « les machines », « l’argent, la guerre et la crise ». A propos de George Caffentzis, on trouvera des éléments de bibliographie de cet « acteur majeur » du marxisme autonome  sur le très sympathique site compagnon de l’Asymétrie. On ne peut que se réjouir de cette publication en français qui permet, enfin, de découvrir et « lire en profondeur » Caffentzis. Résumer cet ouvrage foisonnant étant hors de notre portée, nous nous contenterons ici d’identifier quelques points clés qui ont attiré notre attention, complétés par des citations directes de l’ouvrage. Un premier aspect plaisant de ce livre réside dans l’étude du développement des sciences (mécanique, thermodynamique, informatique), indispensables à la mise au travail des travailleurs et travailleuses à différentes époques. « Newton et ses compagnons planificateurs du « siècle de génie » ont dû créer un temps de travail non terrestre qui serait le même, l’hiver comme l’été, la nuit comme le jour, sur la terre comme au ciel. Sans cette transformation du temps, le prolongement de la journée de travail aurait été impossible à imaginer, encore moins à imposer « avec le feu et le sang ». En revanche les « révolutions » (…) par la classe ouvrière durant la première moitié du XIXe siècle ont marqué la fin d’une période où l’on pouvait créer des profits en étirant la journée de travail jusqu’à sa limite (…) Le problème n’était plus de savoir comment enfermer les travailleurs et les travailleuses le plus longtemps possible, mais comment transformer leur énergie et leur chaleur révolutionnaire en travail. Il n’est pas étonnant que la thermodynamique (…) soit devenue science après 1848 » (p. 29-30) Ces sciences sont non seulement considérées à travers le prisme marxien, mais Caffentzis discute également (au moins dans le cas de la thermodynamique) de leur contemporanéité et de leurs relations avec les écrits de Marx. De même en ce qui concerne le lien entre les différentes théories des machines (Ure, Babbage) au XIXème siècle et la théorie des machines de Marx (dont le fameux Fragment sur les machines). A travers différents essais, Caffentzis apporte une attention particulière à l’évolution des machines depuis l’époque de Marx, identifiant une « lacune » importante mais non « fatale » à sa théorie. En effet, l’apparition de la machine de Turing (comme modèle de l’ordinateur) remet en cause, ou à tout le moins impose une actualisation, de cette théorie. L’application de la théorie de Turing pour décomposer le procès de travail en fournit une analyse nouvelle au service du capital. « ce que cette nouvelle analyse considérait comme critique n’était pas la forme spatio-temporelle du procès de travail, mais sa structure informatique à tous les niveaux de production. Par conséquent, non seulement les parties manuelles du travail sont analysées et rendues comparables entre elles, mais les aspects intellectuels du travail pourraient également être rendus comparables à celles-ci » (p 264-265) En d’autres termes, la machine de Turing permet de s’attaquer à ce qui apparaissait jusqu’alors comme travail qualifié, ou travail intellectuel (deux notions largement discutées par Caffentzis), en réduisant les opérations de la pensée à une succession de travaux simples (calculs, opérations ; l&#8217;ensemble formant un algorithme) comparables entre eux. « Tout comme la thermodynamique nous donne la mesure pour comparer toutes sortes de dépenses énergétiques humaines, une analyse de la machine de Turing nous permet de percevoir la base quantitative des compétences. » (p. 254) « Bien que les machines simples et les moteur thermiques soient des modèles évidents pour le travail manuel, le fonctionnement de la machine de Turing apparaît comme un modèle pour la pensée en tant que travail intellectuel » (p. 261) Pour Caffentzis, une conséquence importante est qu’il n’y pas d’exceptionnalité du travail intellectuel. Autrement dit, « Si tout activité régie par des règles est informatisable, alors tout travail répétable et standardisé (qu’il soit intellectuel ou physique) produisant des marchandises est mécanisable » (p. 276) Nous avons d&#8217;ailleurs discuté de certaines des évolutions (appauvrissements, dégradations) du travail intellectuel dans le cas spécifique de l&#8217;ingénierie, en particulier sur l&#8217;activité de conception, dans l&#8217;une de nos émissions. Ces considérations de Caffentzis s’inscrivent dans une série de débats avec les défenseurs d’une théorie marxiste (post-opéraïste) du capital cognitif ou du travail immatériel (Negri, Hardt, Vercellone). Ces théories identifient de nouvelles contradictions au sein du capitalisme contemporain, notamment au sein des travailleurs créatifs et du savoir, qui échapperaient à l’emprise du capital, ouvrant ainsi de nouveaux horizons révolutionnaires. En défendant la non exceptionnalité du travail intellectuel, soumis à la menace de la machine de Turing, Caffentzis ébauche un avenir bien plus sombre que rieur pour ces travailleurs cognitifs. « Il faut s’attendre (&#8230;) à une contre-attaque venant de plusieurs côtés (a) l’internationalisation des sources de « connaissances vivantes », (b) la substitution des machines (connaissances mortes) aux « connaissances vivantes » des travailleurs et travailleuses, (c) la création de nouvelles techniques de centralisation des travailleurs et travailleuses cognitifs, (d) le développement de nouveaux systèmes de mesure du travail cognitif, (e) le développement de nouvelles méthodes de paiement. Il ne faut pas trop d’imagination pour voir ce scénario se jouer dans la crise actuelle » (p. 187-188) Ce passage quasi-prophétique résonne particulièrement aujourd’hui, du fait du développement de l’intelligence artificielle (générative ou d&#8217;un autre type). Peut-être ne s’agit-il pas ici d’un automate de Turing, mais d’une nouvelle machine (un automate statistique ?), qui nécessiterait d’étendre encore la théorie des machines proposée par Caffentzis. On ne peut en tout cas que constater avec lui, par exemple en observant les réactions des artistes (graphistes, musiciennes, écrivaine…) et scientifiques face à l&#8217;IA générative, que se rejoue la farce tragique des travailleurs et travailleuses qualifiées. « C’est le chant de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs qualifiés tout au long de l’histoire du capitalisme « Ils ne peuvent pas me prendre mon travail ; ma contribution est incommensurable ; j’en sais trop ! » » (p. 188) Malheureusement, si l&#8217;on en croit les apôtres de l&#8217;IA sur ses résultats bluffants, il nous faudra en déduire que si jusqu’à alors certain.e.s travailleureuses ont échappé aux machines simples, thermiques et de Turing, leur travail n’étant ni simple dépense énergétique, ni répétable, ni standardisé, leur activité créative n’en comporterait pas moins une dimension répétable et donc mécanisable, au moins dans le sens statistique et probabiliste du terme. Ce qui, pour le capital, pourrait être amplement suffisant pour capturer le savoir collectif (de « nouvelles enclosures »), produire des marchandises culturelles et scientifiques, ou tout simplement automatiser ce qui peut l&#8217;être, y compris dans les services et dans les sphères de la circulation et de la reproduction. Un autre aspect de la théorie de Caffentzis sur les machines consiste à réaffirmer, avec Marx, que les machines (simples, thermiques mais aussi de Turing), ne créent pas de valeur. Cette affirmation s’inscrit à la fois face à celleux qui imaginent la fin du travail grâce à l’automatisation capitaliste, mais aussi face aux partisan.e.s de la théorie marxiste du capitalisme cognitif qui, sans doute, se contentent d’observer certaines tendances visibles dans les grands centres occidentaux d&#8217;accumulation capitaliste. Pour Caffentzis, l’expansion continue de machines ne peut que s’accompagner simultanément d’une expansion du travail le plus misérable. Ceci, en raison des tentatives du capital de contrer la baisse tendancielle du taux de profit due à l’introduction de machines. « Ces causes qui contrecarrent la loi [de la baisse tendancielle du taux de profit] sont soit l’augmentation de la masse de plus-value (augmentation de l’intensité et de la durée de la journée de travail), soit la diminution de la masse du capital variable (réduction du salaire au-dessous de sa valeur, expansion du commerce extérieur), soit la réduction du capital constant (…) ou soit une combinaison de ces possibilités disjonctives » (p. 115) C’est en combinant ces causes contraires, en particulier la pressurisation des travailleureuses par divers moyens, avec l’épineuse question de l’égalisation des taux de profits à travers différents secteurs de production capitaliste que Caffentzis démontre que «l’ordinateur a besoin de l’atelier de misère, et l’existence du cyborg s’appuie sur celle de l’esclave » (p. 126). Sous le capitalisme, l&#8217;automatisation ne peut pas être la source de la prospérité collective. « La transformation des valeurs en prix résout le paradoxe du « zéro travail » en soulignant que le capitaliste « zéro travail », qui n’investit que dans le capital constant (machines, bâtiments et matières premières) et rien dans le capital variable (main d’œuvre) , reçoit un taux de profit moyen du à la transformation de la valeur des sphères de production qui fonctionnent avec beaucoup de capital variable (…) l’existence même de sphères de production ayant une composition organique (…) élevée (…) nécessite l’existence d’une masse de force de travail beaucoup plus importante exploitée dans les sphères de production ayant une composition organisation organique extrêmement faible » (p. 239) Dans le premier essai qui ouvre le livre (La crise du rapport travail/énergie et l’apocalypse), Caffentzis attribue d’ailleurs à l’énergie et à la fixation de ses prix un rôle clé, à la fois pour la mise au travail et pour la répartition des profits entre différentes branches. Il se pourrait par ailleurs que ces tentatives de rétablir le taux de profit soient désormais insuffisantes, en raison d’une ponction toujours plus importante de plus-value par des services improductifs. Nous renvoyons ici à l’analyse de Jason Smith (Les capitalistes rêvent-ils de moutons électriques, Editions Grevis). Mais alors, si tout travail humain (manuel ou intellectuel) est remplaçable par une machine mais que les machines ne créent pas de valeur, quelle est la particularité du travail humain qui permet effectivement la création de valeur ? Pour Caffentzis, il s’agit de la capacité unique à refuser la mise au travail. Ce thème parcourt l’ensemble de l’ouvrage. « Si le travail doit créer de la valeur, mais que les machines (simples, thermiques ou de Turing) n’en créent pas, alors les capacités de création de valeur du travail doivent résider dans sa capacité négative, c’est-à-dire dans sa capacité à refuser d’être du travail » (p. 256) « Cette analyse de création de la valeur nous permet de percevoir que la lutte des classes est à la base du mode de production capitaliste dans le domaine du travail « intellectuel » tout comme on le retrouve dans le domaine de la production physique. Elle est fondamentale, non parce qu’elle est un signe de la qualité particulière du travail intellectuel, mais parce qu’elle est simplement du travail. Bien que complexe, cette capacité de la force de travail à refuser son actualisation en travail n’est pas un aspect mystérieux de l’humanité, c’est un présupposé de l’existence la société contractuelle initiale » (p. 258) Soulignons enfin, et c&#8217;est appréciable, que chez Caffentzis, la notion de travail créateur de valeur incorpore les théories féministes de M. Dalla Costa, S. Federici ou L. Fortunati, « la valeur est créée non seulement par le travail nécessaire à la production des marchandises, mais aussi par le travail nécessaire à la production et la reproduction de la force de travail » (p. 427). Le travail misérable, et son refus, incorporent donc de large pans du travail salarié rémunéré, mais également le travail informel et le travail reproductif non rémunéré. Le refus du travail prend ainsi des formes multiples, comme ici en 1980 : « &#8211; le refus des « ententes de productivité » sur les chaînes de montage ; &#8211; la désintégration de la famille et de l’appareil reproductif nécessaire à l’entrée des travailleurs et travailleuses dans le procès de production ; &#8211; le refus d’accepter le triage d’entropie du capital, par exemple dans le système d’éducation et par l’intensification de la « criminalité » ; &#8211; le refus d’absorber passivement l’expulsion de merde du capital dans le processus biosocial de reproduction, par exemple dans la lutte contre les prisons et celle contre les décharges radioactives . Toutes ces formes de refus ont directement...]]></description>
		
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		<title>Ingénierie, architecture productive moderne et perspectives communistes de reconfiguration</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 16:50:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une émission sur l&#8217;ingénierie, la division technique du travail productif, ce que son analyse nous apprend sur l&#8217;architecture productive moderne et les perspectives communistes de reconfiguration de cet appareil productif, à partir de textes récents de Nick Chavez. Émission enregistrée à la Parole Errante avec Tom, ingénieur de métier et membre de l&#8217;équipe de sortir du capitalisme. Une première partie (55&#8242;) qui contient : une présentation générale des motivations de l&#8217;émission, des thèmes centraux et des articulations entre les trois textes de Nick Chavez, et de son ambition générale à travers du concept de design for manufracture une caractérisation générale des ingénieurs comme soumis à la domination abstraite du capital mais également agents de cette domination, avec notamment une polarisation des connaissances et une concentration de l&#8217;expertise technique entre les mains des ingénieurs [11&#8242; ] une discussion sur les différentes fonctions et types de métiers exercés par les ingénieurs, notamment par les ingénieurs dits « de production » (ou process) [17&#8242;] ; ingénieurs qui ne sont pas forcément conscients d&#8217;être des vecteurs de la domination capitaliste [28&#8242;] ; et dont le métier lui même se transforme et s&#8217;appauvrit, avec l&#8217;exemple des mutations du métier d&#8217;ingénieur conception [30&#8242;], au point que le capitalisme peut apparaître comme une entrave à la bonne réalisation du travail [34&#8242;] une description sur la manière dont les impératifs du capital se traduisent concrètement dans le travail de conception d&#8217;une marchandise [37&#8242;], avec un antagonisme entre la division du travail d&#8217;ingénierie et la nécessité d&#8217;une vision transversale du processus de production une brève discussion sur les idéologies qui traversent l&#8217;ingénierie [44&#8242;] enfin, une catégorisation du système productif moderne en deux archétypes « low mix, high volume » et « high mix, low volume » qui, chacun, ont leur propre stratification technique [45&#8242;] et offrent des potentiels de reconfiguration différents discutés plus en détail dans la seconde partie de l&#8217;émission. Une deuxième partie (54&#8242;) qui contient: une critique de beaucoup d&#8217;approches utopiques comme aveugles aux questions productives, d&#8217;où le travail de Nick Chavez afin de disposer d&#8217;abord d&#8217;une compréhension adéquate de l&#8217;architecture productive moderne [3&#8242; / 58&#8242; dans la version complète] une discussion sur l&#8217;intérêt « stratégique » de la catégorisation high mix/low mix dans une optique de reconfiguration révolutionnaire des moyens de production [5&#8242; / 1h05&#8242; dans la version complète ] une discussion sur le potentiel de reconfiguration communiste-révolutionnaire de l&#8217;appareil productif moderne, avec l&#8217;hypothèse de l&#8217;apparition de rapport sociaux « d&#8217;inter-dépendance sans domination » contre les alternatives purement localistes [16&#8242; / 1h12&#8242; dans la version complète], sans fétichisme de la « petite » ou de la « grosse » production [19&#8242; / 1h14&#8242; dans la version complète] un approfondissement sur l&#8217;idée de rapports sociaux d&#8217;inter-dépendance sans domination, notamment sur les modalités délibératives et/ou démocratiques et contre un démocratisme naïf [29&#8242; / 1h25], et sur la place non privilégiée de l&#8217;expertise technique dans une société non-capitaliste [35&#8242; / 1h30] une discussion sur la révolution communiste comme nécessaire dissolution de la division du travail et de la position socialement privilégiée de l&#8217;expert, et donc de l&#8217;ingénierie sous sa forme capitaliste [40&#8242; / 1h35], ce qui pose la question de pourquoi les ingénieurs s&#8217;impliqueraient dans une révolution ayant pour résultat l&#8217;abolition de leur position sociale privilégiée. après une présentation des « raisons de la colère » des ingénieurs, une discussion critique de l&#8217;assimilation par Nick Chavez des ingénieurs à des prolétaires, à partir de la notion de classe d&#8217;encadrement d&#8217;Alain Bihr ou de classe moyenne salariée de B. Astarian et R. Ferro [42&#8217;/ 1h37], l&#8217;analyse empirique des formes d&#8217;engagement des ingénieurs en France (Shift project, désertion) analysés d&#8217;une part comme rationalisation écologique du capitalisme, d&#8217;autre part comme fuite éthique individuelle [45&#8242; / 1h40] et les perspectives fascistes-populistes stimulées par l&#8217;expérience du déclassement. Enfin, le constat que cette concentration de l&#8217;expertise dans les mains d&#8217;un nombre toujours plus réduit de travailleurs (tendance renforcée par la désindustrialisation) ne manquera pas d&#8217;être un problème pratique pour les révolutionnaires, dont on espère qu&#8217;ils ne manqueront pas de « botter le cul » des ingénieurs encore alliés au capital [51&#8242; / 1h46] Liens Textes de Nick Chavez The Present and Future of Engineers et sa version en français Technical Expertise and Communist Production (en anglais) Forest and factory (en anglais, avec Phil A. Neel). Cet article est en cours de traduction en français. Nous vous encourageons vivement à le lire, car l&#8217;émission n&#8217;aborde qu&#8217;une fraction de ce qu&#8217;il contient. Pour citer Nick Chavez, le texte aborde des questions aussi variées que : l&#8217;autarcie locale vs une production globale ; les formes sociales de délibération ; la gestion de la crise climatique ; la planification négative de la production [ce que l&#8217;on choisit de ne pas produire] vs une planification par quotas de marchandise ; l&#8217;installation généralisée de tubes pneumatiques ; la théorie comme science fiction ; l&#8217;automatisation communiste comme compétition sportive Le blog de Nick Chavez: Design for Manufracture Nick Chavez peut aussi être écouté en version audio, et en anglais, dans le podcast This Machine Kills. Nous soulignons également que le texte « Forest and Factory » est cité et (un peu) débattu dans les contributions du collectif Decomposition (découvert après l&#8217;enregistrement de l&#8217;émission). Les trois brochures (« The fate of composition », « The problem of composition » et « The cacophony of communism ») abordent des thématiques bien plus larges, notamment celle de la composition entendue d&#8217;une part comme composition de classe, d&#8217;autre part comme tactique activiste en vogue. Pour la thématique qui nous concerne ici, un intérêt de ces textes est d&#8217;attirer l&#8217;attention sur les savoirs indigènes ou vernaculaires qui auraient pu échapper à la totalité capitaliste &#8211; question non abordée pendant l&#8217;émission. Audios du séminaire Marx mentionnés durant l&#8217;émission Harry Braverman, travail et capitalisme monopoliste.  Harry Braverman est cité comme une source d&#8217;inspiration par Nick Chavez. La technocritique d&#8217;André Gorz. Ce séminaire commente notamment les liens d&#8217;André Gorz avec les opéraistes et son évolution sur les questions d&#8217;autogestion, dans les enjeux de l&#8217;époque (années 1960-1980). Autres textes mentionnés durant l&#8217;émission Plateforme numérique, conception ouverte et emploi, Claude Paraponaris. Une étude en sciences de gestion (!) intéressante sur les mutations du (des) métier(s) en ingénierie de la conception. Il n’existe plus un seul type d’ingénieur de conception, il en existe au moins trois : celui qui s’occupe des méthodes de travail (ingénieur-méthodes), celui qui consolide les savoirs et techniques de son métier (ingénieur-métier) et celui en charge du développement d’un lot de projet (ingénieur-projet). Les processus de conception orchestrent des professions, des connaissances et des techniques variées grâce à des outils informatiques puissants qui garantissent le contrôle, la qualité, ainsi que la maturation des concepts au cours de leur développement Jasper Bernes, Le ventre de la révolution: l&#8217;agriculture, l&#8217;énergie et l&#8217;avenir du communisme (en français aux éditions Chou blanc)&#8230; que l&#8217;on pourra confronter à l&#8217;agriculture cyborg d&#8217;Out of the woods ! (texte disponible en Français chez Présence(s)) Jasper Bernes, Logistics, counter-logistics and the communist prospect (en anglais) Carbure, Le vert est la couleur du dollar (à propos de Greta Thunberg et de la transition technologique). Ce texte ne manquera pas d&#8217;apporter un contrepoint intéressant à l&#8217;émission. Dans la phase actuelle des luttes de classe, l’emparement révolutionnaire des moyens productifs ne peut plus se faire comme socialisation de ces moyens, mais s’inscrit dans un procès de communisation qui implique tous les aspects de la vie sociale, pour les défaire. Cet emparement n’est pas le fait d’un prolétariat qui conserverait sa place dans un procès productif inchangé, mais celui d’une classe en train de se défaire en défaisant toutes les classes. La production matérielle capitaliste est proprement irrécupérable en tant que telle, dans son procès d’ensemble comme dans son résultat. Chaque aspect de la production présuppose les rapports sociaux capitalistes, la division du travail qui leur est propre : il n’y a aucune neutralité sociale des techniques, et cela est matériellement effectif. Les chaînes d’approvisionnement impliquant l’échange, la disproportion des machines nécessitant une alimentation énergétique continue, entretien et réparation impliquant la connexion à leur secteur productif propre, la répartition spatiale des ateliers par postes de travail interdisant la communication et la circulation, la division sexuelle du travail, tout cela sera impossible à maintenir lors de la crise révolutionnaire sans rétablir les rapports sociaux capitalistes. C’est-à-dire que la révolution se jouera aussi contre l’outil productif capitaliste, qui présuppose le prolétariat comme tel (&#8230;) d’un point de vue technique, il n’est pas certain que le communisme fasse mieux. En réalité, le communisme ne vise pas à régler quelque problème que ce soit. Il ne s’agit ni de réparer les injustices du passé, ni d’assurer les conditions de l’avenir (&#8230;) L’impossibilité de projeter dans l’idée du communisme des solutions concrètes aux problèmes écologiques n’est pas le fait d’une théorie inconséquente ni d’un « point de vue » fataliste, c’est une impossibilité réelle et une limite sur laquelle toute théorie sérieuse, actuelle, du communisme doit reconnaître qu’elle bute. Sur le sujet des classes d&#8217;encadrement, on peut écouter ou consulter les ressources suivantes : Sortir du capitalisme, Du socialisme au populisme une critique des idéologies politiques des intellectuels de gauches Sortir du capitalisme, Révolution et classes sociales (avec la revue Temps Libre) Sortir du capitalisme, Entre Macron et Mélenchon, les classes moyennes salariées (avec Alain de Carbure) Classes moyennes, classes d&#8217;encadrement ?, un entretien avec Alain Bihr sur le site Contretemps Alain Bihr, Encadrement capitaliste et reproduction du capital: vers un nouveau paradigme marxiste des rapports de classes Bruno Astarian, Robert Ferro, Le ménage à trois de la lutte des classes, Ed. l&#8217;Asymétrie dont une partie est lisible sur le site de Bruno Astarian Sur la question de la désertion, nous avons mentionné l&#8217;ouvrage de Anne Humbert, Tout plaquer. La désertion ne fait pas partie de la solution&#8230; mais du problème, aux éditions Le monde à l&#8217;envers. Petit livre auquel Aude Vidal a consacré un petit billet sur son blog. Crédits Cette émission a été enregistrée dans le studio son de Radio Errante, la radio de la Parole Errante à Montreuil. Animation : Armand Paris. Enregistrement et montage : Tom C. La première lecture contient un extrait du podcast This Machine Kills. La deuxième lecture contient un extrait du « Ballet Mécanique » de Georges Antheil (source) La troisième lecture contient un extrait du morceau « Die eier von Satan » du groupe Tool.]]></description>
		
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		<title>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;antifascisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jul 2024 20:12:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une émission enregistrée peu avant le premier tour des législatives 2024 avec Hervé, membre du collectif antifasciste autonome la Horde, à partir de leur livre Dix questions sur l&#8217;antifascisme (Libertalia, 2023) autour de l&#8217;histoire récente de l&#8217;antifascisme, ses évolutions contemporaines et son actualité alors que l&#8217;extrême-droite est aux portes du pouvoir. Avec, Une présentation du collectif antifasciste la Horde et une définition de l&#8217;antifascisme comme lutte spécifique « toujours nécessaire et de tous les instants » contre l&#8217;extrême-droite, dont le socle idéologique consiste à défendre une vision inégalitaire de l&#8217;ensemble des rapports sociaux (de genre, de race&#8230;). Une discussion autour des différentes formes de l&#8217;antifascisme notamment depuis les années 1990 (électoraliste, frontiste et autonome/radical) et leur actualité, notamment au regard de la stratégie de normalisation appliquée par les héritier-e-s du Front National Un retour sur la naissance du Front National qui montre, dès le début, une volonté de normalisation et de conquête du pouvoir ; ce qui met en évidence une continuité entre Front National et Rassemblement National (contre l&#8217;idée d&#8217;une rupture avec leur passé), en gardant au cœur le projet raciste de préférence nationale. Une présentation du projet antifasciste (égalitaire, émancipateur, solidaire) et ses modes d&#8217;actions (information, occupation du terrain, formation, auto-défense) Un questionnement sur ce que veut dire occuper le terrain face à une extrême-droite aux portes du pouvoir et une hétérogénéité sociale et géographique de son électorat ; ainsi que sur les lignes de fracture qui pourraient apparaître dans cette lutte, y compris « à gauche ». Une discussion sur l&#8217;auto-défense, y compris par des moyens physiques sans virilisme, son efficacité pratique et symbolique face aux groupuscules fascistes mais aussi aux milices policières d&#8217;un État d&#8217;extrême-droite Liens Le site web de La Horde Le livre « 10 questions sur l&#8217;antifascisme » est disponible au téléchargement sur le site des éditions Libertalia Une recension de ce livre peut être lue chez les camarades d&#8217;Agitations : La nécessité (encore et toujours) de l&#8217;antifascisme. Sur quelques livres et évènements récents. Autres émissions Le podcast  » Minuit dans le siècle« , animé par Ugo Palheta sur la plateforme Spectre Sortir du capitalisme, Le fascisme qui vient Sortir du capitalisme, Fascisme, capitalisme et classe ouvrière Sortir du capitalisme, Contre histoire des grèves de 1936 et du Front populaire Sortir du capitalisme, Histoire critique de l&#8217;antifascisme d&#8217;Etat (1936-1945) Sortir du capitalisme, Lutte sociales et fascisme au Brésil de Bolsonaro Pour aller plus loin Sur l&#8217;analyse des évolutions du capitalisme contemporain, du populisme et des différentes variantes de l&#8217;inter-classisme et de leur origines, nous renvoyons aux articles suivants : Carbure (entre autres textes), Thèses Provisoires sur l&#8217;interclassisme dans le moment populiste Stoff, Populisme Roland Simon, Européennes 2024 Crédits Emission enregistrée dans le studio son de Radio Errante à la Parole Errante (Montreuil) Un jingle d’Armand Paris à partir d’une musique libre de droits de Vivaldi – The Four Seasons « Summer » – Presto – RV 315 de GregorQuendel (Pixabay). Emission animée par Tom C. et Armand Paris. Enregistrement, montage et mixage par Tom C.]]></description>
		
		
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		<title>Pour un matérialisme ouvert et pluraliste. Marxisme et études post-coloniales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 May 2023 19:46:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un épisode de mise en dialogue critique de Marx, du marxisme et des études post-coloniales avec Kolja Lindner, maître de conférences à l’Université Paris 8, éditeur avec L&#8217;Asymétrie de Le Dernier Marx (2019), et auteur de plusieurs articles sur ce sujet. L’émission (50 minutes) comporte : Un appel à un dépassement du dialogue de sourds entre marxisme et études post-coloniales, dialogue de sourd incarné par l’ouvrage de Vivek Chibber et certaines de ses critiques ; Une présentation des grandes thèses des études post-coloniales ; Une définition de l’eurocentrisme et de l’historicisme ; Une analyse de l’évolution des écrits de Marx sur la question coloniale et sa rupture progressive (mais inachevée) avec son eurocentrisme historiciste et déterministe des années 1850 ; Une critique de l’analyse de Kevin Anderson qui fait quasiment de Marx un penseur décolonial et intersectionnel ; Une analyse du dernier Marx et des transformations de sa pensée politique et socio-économique, de son regard au sujet des sociétés pré-capitalistes, et de sa vision de l’histoire ; Une critique de certaines tendances post-structuralistes et orientalistes d’une partie des études post-coloniales ; Une analyse critique de Vivek Chibber et son marxisme-léninisme orthodoxe et réductionniste ; Une remise en cause de l’idée de Marx du travail doublement libre ; Un appel à un marxisme ouvert et pluraliste ; Une critique de l’idée de Chibber d’une unité des classes populaires en raison de leur intérêt commun au bien-être physique ; Une analyse matérialiste du clivage entre universitaires marxistes et post-coloniaux. Liens Emissions évoquées ou en lien Marxismes et études post-coloniales : un débat Pour une histoire spécifique et globale de l’émergence du capitalisme Psychologie de masse du fascisme et du capitalisme Crédits Montage d’Ivan Jurkovic Présentation d’Armand Paris]]></description>
		
		
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		<title>Nietzsche, penseur rebelle ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 19:41:47 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[Un épisode qui revient de manière critique sur Nietzsche, sa philosophie ni nazie ni révolutionnaire, et son succès à l&#8217;extrême-gauche comme à l&#8217;extrême-droite &#8211; avec Benoit Bohy-Bunel, professeur de philosophie, membre du comité de rédaction des éditions Crise et critique, auteur de « Le cas Nietzsche. Pourquoi Nietzsche n’est pas soluble dans une critique émancipatrice de la modernité » dans Jaggernaut n°1. L’épisode (1 heure) comporte : Une discussion des raisons du succès de Nietzsche à l’extrême-gauche comme à l’extrême-droite, à savoir sa philosophie anti-moderne, anti-bourgeoise, anti-humaniste, anti-morale ; Une analyse de Nietzsche comme penseur rebelle mais contre-révolutionnaire, classiste et anti-socialiste, sans être pour autant nazi ; Une présentation synthétique de la philosophie de Nietzsche, en lien avec sa personnalité ; Une mise en évidence, citations contextualisées à l’appui, du racisme, de l’esclavagisme, de l’impérialisme, de l’aristocratisme, de l’eugénisme et de l’antisémitisme métaphysique de Nietzsche ; Une critique des lectures anarchisantes, autonomes et anti-travail de Nietzsche ; Une tentative d’explication de l’intérêt pour Nietzsche à l’extrême-gauche. Liens Emissions évoquées ou en lien Une analyse critique des théories de Francis Cousin L’antisémitisme des philosophes allemands Crédits Montage de Yannick, présentation d’Armand Paris.]]></description>
		
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		<title>Théorie(s) politique de la race et du racisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Paris]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 20:42:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les émissions]]></category>
		<category><![CDATA[communisation]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[« Non, la race n&#8217;existe pas. Si, la race existe. Non certes, elle n&#8217;est pas ce qu&#8217;on dit qu&#8217;elle est, mais est néanmoins la plus tangible, réelle, brutale des réalités » (Guillaumin). C&#8217;est en partant de ce paradoxe de « la race » comme inexistante biologiquement mais structurante socialement, et à ce titre incontournable pour tout mouvement d&#8217;émancipation sociale digne de ce nom, que nous discutons dans cet épisode de deux théories politiques de la race et donc du racisme, celle de l&#8217;autrice de cette citation, Colette Guillaumin, sociologue, féministe matérialiste et autrice à ce sujet de L&#8217;idéologie raciste (Gallimard, 1972) et de Sexe, Race et Pratique du pouvoir (éditions iXe, 2016), et de Théorie Communiste, collectif-revue marxiste qui a consacré son numéro 26 à ce sujet. La première partie (40 minutes) comporte : Une présentation des enjeux contemporains autour de la race comme catégorie politique contestée dans l’espace francophone, malgré son caractère structurant socialement ; Une histoire du concept de race, de l’Espagne de la « Reconquista » à la déclaration de l’UNESCO de 1950 ; Une présentation de Colette Guillaumin, de son féminisme matérialiste, et de sa dénaturalisation et de son historicisation des catégories de race et de sexe ; Une présentation et une discussion critique de l’analyse du caractère unilatéral de la race et du racisme chez Guillaumin, selon laquelle la race est assignée (par un processus de « raci(ali)sation ») à un groupe dominé (« racisé ») par un groupe dominant (« racisant ») afin de justifier et donc (re)produire une inégalité et un rapport de domination ; Une discussion des vertus et des limites de l’analogie entre race (racisme), sexe (sexisme) et classe (capitalisme) chez Guillaumin ; Une conclusion au sujet du caractère à la fois discursif et matériel de la race et du racisme. La deuxième partie (40 minutes) comporte : Une présentation de l’approche de Théorie communiste du racisme et de la race comme enjeu incontournable à l’époque de la fin de l’identité ouvrière et du prolétariat comme classe du travail et « sujet révolutionnaire » unifiée autour d’un programme d’abolition du capitalisme par une prise du pouvoir ouvrière (fût-ce selon des modalités anarchistes, marxistes-léninistes ou autres) ; Une discussion critique des thèses de Théorie communiste sur la division raciale du travail au sein de la classe ouvrière française, sa co-production par le patronat et le mouvement ouvrier majoritairement blanc, ses évolutions (de la figure du « travailleur immigré » à celle du « musulman » en passant par celle de « l’immigré ») en lien avec la restruction néolibérale et de crise du capitalisme, et ses implications politiques ; Une conclusion au sujet de la révolution comme éclatement des contradictions de classe, de race et de genre, avec comme horizon soit un dépassement de ces contradictions et l’abolition en acte des identités de classe, de race et de genre (la communisation), soit un renforcement de ces contradictions et le basculement contre-révolutionnaire d’une partie des classes populaires sur une base ethno-raciale (le néo-fascisme). Liens Episodes évoqués ou en lien « Arabicides ». Les crimes racistes en France au cours des années 1970 : aux origines du racisme actuel Pour une théorie matérialiste du racisme Textes Pour une approche matérialiste de la question raciale Théorie Communiste N° 26: les bonnes feuilles… Colette Guillaumin – Sexe, race et pratique du pouvoir Étienne Balibar et Immanuel Wallerstein – Race, nation, classe Crédits Tom C. à la technique radio. Montage minimaliste et présentation d’Armand Paris.]]></description>
		
		
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