Sortir du capitalisme

Une critique émancipatrice du capitalisme et son dépassement libertaire

Émissions

Prisons

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Une émission de critique de l’emprisonnement comme mode de répression capitaliste de la misère sociale qu’il a lui-même créé – avec Nadia Menenger, auteure d’À ceux qui se croient libres (L’insomniaque, 2016), et deux militants anti-capitalistes membres de l’assemblée contre l’état d’urgence et les violences d’État de Montpellier

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Après une présentation des réflexions de l’assemblée contre l’état d’urgence et les violences d’État de Montpellier autour des questions carcérales, Nadia Menenger commence par un rappel des luttes et des réflexions anti-carcérales des années 1970, avec un passage d’une revendication (héritée de la guerre d’Algérie) de l’extrême-gauche du statut de prisonnier politique à une critique de la prison comme mode de répression capitaliste de la misère sociale (on parle alors de « prisonniers sociaux »), mais aussi des luttes intenses de prisonniers pour leurs droits. Elle parle ensuite des évolutions d’un système pénal de crise, avec une multiplication de nouveaux délits susceptibles d’entraîner un emprisonnement (non-paiement de billets de train, outrage et rébellion vis-à-vis des policiers, « association de malfaiteurs » même en l’absence de délit commis, « attroupement en vue de cassage de mobilier urbain », trafic de stupéfiants, etc.), des peines de prison toujours plus longues, un passage des réductions de peine automatiques à des « crédits » de réduction de peine, des « peines probatoires » (si tu ne trouves pas de boulot, on transforme un sursis en un emprisonnement), et une prolifération de « peines alternatives » (« travaux d’intérêt général » [TGI], bracelets électroniques) qui, en réalité, sont bien souvent des peines additionnelles à un emprisonnement ferme [1ère partie, 40 minutes] 

Un des 700 militants anti-loi « travailles ! » emprisonnés en raison de leur participation à ce mouvement (en 2016), commence cette deuxième partie par un récit de son expérience de prisonnier durant 2 mois (prison de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier), suite à une accusation d’outrage d’un policier sans aucune preuve présentée lors du procès. La condition carcérale est largement abordée dans cette deuxième partie : abrutissement télévisuel comme moyen de pacification social (TV introduite en 1986, parallèlement à une interdiction d’un allègement de peine pour faire des études), nourriture infecte (ou, lorsque comestible, ultra-chère, vendue par une multinationale), distribution massive de médicaments (« camisole chimique »), gestion disciplinaire – et arbitraire – des prisonniers (intox des gardiens visant à une déstabilisation psychologique des prisonniers, mise au « mitard » qui est une sorte de cachot, tribunal pénitentiaire complètement arbitraire, répression forte des luttes de prisonniers), profils des prisonniers (beaucoup moins politisés qu’avant, certains avec une mentalité de petits capitalistes), etc. Les lois sécuritaires de 2016 sont également évoquées (permis de tirer à vue sans sommation, entres autres), de pair avec l’existence des quartiers d’isolement. Les perspectives de lutte anti-carcérale sur Montpellier (et ailleurs) concluent l’émission [2ème partie, 30 minutes]

La prison, ainsi, peut être considérée comme une institution inhumaine (d’autant plus en temps de crise), comme un mode de répression capitaliste de la misère sociale qu’il a lui-même engendré, comme un révélateur de l’État, de son arbitraire et de sa violence, mais également comme une institution contre-productive, incapable d’empêcher des crimes non-capitalistes (viols, meurtres, agressions), incapable de réparer des torts causés autrement que par une vengeance inhumaine, et incapable de transformer positivement des gens ayant commis des crimes – transformant ceux-ci au mieux en dépressifs sous camisole chimique et/ou narcotique ou en personnes développant des troubles psychiques, et au pire (pour une infime minorité) en des « gangsters » capitalistes et des djihadistes. La prison devra être abolie au sein d’une société post-capitaliste, remplacée par une réparation des torts causés (justice zapatiste) plutôt qu’une punition inhumaine.

 

1ère partie


2ème partie


 

Liens

Film Sur les toits

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Articles

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